Par
Candice Satara-Bartko
- Publié le 17 mars 2010
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Banlieues : le regard des médias doit changer
La banlieue et les journalistes : l’histoire d’un clash
© iStockphoto/Getty images
Quelle image de la banlieue les médias véhiculent-ils ? Une image souvent en décalage avec la réalité, estime le journaliste Jérôme Bouvier, président de l’Association « Journalisme et Citoyenneté ».
Il en a fait l’amère expérience lors des émeutes de 2005 qui ont embrasé les banlieues. « J’ai assisté à quelque chose d’inédit. En l’espace d’une soirée, 400 journalistes, 80 chaînes de télé ont débarqué, dégainant caméras et micro. Ce phénomène d’emballement était effrayant, intrusif pour les habitants.
L’irruption médiatique a fortement marqué les esprits », raconte-t-il. Le traitement de l’information lors des émeutes est pour Jérôme Bouvier, symptomatique du mal qui ronge le journalisme, « la mauvais qualité de l’information».
Un nouveau départ ?
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Ces événements ont poussé le président de l'association « Journalisme et Citoyenneté », à réfléchir au concept de journalisme participatif, en phase d’expérimentation par le Bondy Blog, et qui ferait intervenir les habitants des quartiers dans les pratiques journalistiques.
Ainsi, en 2008, Jérôme Bouvier lance, « Vu des quartiers », un projet audacieux mais aussi délicat à mettre en place. L’idée est de permettre aux habitants des quartiers de s’exprimer sur les sujets qui les préoccupent en étant accompagnés par un journaliste professionnel.
Côté journalistes, ce fût un succès. Plus de 70 d’entre eux ont répondu présent, en grande majorité des femmes, pour mener cette expérience sur le terrain pendant 6 mois. En revanche du côté des habitants, l’association « Journalisme et Citoyenneté » a eu des difficultés à trouver son public.
« Certains tandems n’ont rien donné, les habitants n’étaient pas assez préparés ; mais il y a eu suffisamment de choses intéressantes pour que l’on décide de poursuivre l’expérience », constate Jérôme Bouvier. Pour la prochaine édition qui est sur le point de démarrer, le concept est recentré sur les marronniers, (les sujets qui reviennent chaque année dans les JT), vus des quartiers. Le premier sujet, sur le Baccalauréat, sera expérimenté dans 5 quartiers.
Qui sait, peut-être d’ici l’été, l’on verra des reportages sur le Bac non seulement dans les grandes villes, mais aussi en Seine-Saint-Denis. On l’espère.
Les Assises du Journalisme pour faire évoluer la profession
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Le projet « Vu des quartiers », s’inscrit dans la démarche des Assises du Journalisme organisées par l’association « Journalisme et Citoyenneté » depuis 2007. Face à la crise de confiance flagrante des lecteurs vis-à-vis du journalisme, Jérôme Bouvier a décidé de réagir en mettant pour la première fois ce métier face à ses responsabilités lors d’une grande manifestation.
« Le journalisme était la seule profession qui ne s’interrogeait pas sur son évolution. A un moment donné, il était nécessaire d’organiser un rendez-vous, sur la place publique, pour débattre des questions liées aux pratiques journalistiques », constate Jérôme Bouvier, initiateur de l’événement.
Les premières Assises, organisées en 2007, ont rassemblé des journalistes, des éditeurs mais aussi des organisations professionnelles et des collectifs de pigistes et ont suscité un vif intérêt. Et justement un atelier était dédié à la question du traitement de l’information dans les banlieues et aux mérites du journalisme participatif.
En 2009, une nouvelle étape est franchie ; le Conseil de L’Europe s’associe à la manifestation et accepte d’accueillir les Assises du Journalisme. Plus de 700 personnes ont assisté à cette manifestation dont l’objectif ambitieux était « de définir les conditions de production d’une information de qualité ».
Au menu discussions, débats, polémiques....« Les Assises ont contribué à réveiller les consciences journalistiques », affirme Jérôme Bouvier qui entend bien rendre ce rendez-vous incontournable. Reste à savoir si les premiers résultats des Assises du Journalisme s’illustreront en banlieues ?
A propos de Jérôme Bouvier :
Jérôme Bouvier est président de l'association « Journalisme et Citoyenneté ». Ancien directeur de la rédaction en français de Radio France Internationale (RFI), il a travaillé à France Culture et France Musique et collabore également avec Arte.
En 2006, il conçoit et édite le livre et l’exposition CLICHY SANS CLICHES, à la suite de la mort de deux jeunes de cette commune. Il est un des principaux acteurs des assises internationales du journalisme et l’initiateur du projet « Vu des quartiers »


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Excellente initiative. Je suis complètement d'accord avec Jérôme Bouvier. Il est urgent que les journalistes s'interrogent sur l'essence même de leur métier: informer,oui mais pas à n'importe quel prix. Primeur de l'info sans vérification, surenchère médiatique, sensationnel..le journalisme a forcément perdu en crédibilité à cause d'une qualité de plus en plus médiocre. Informer, c'est simplement rendre compte en essayant d'être le plus objectif possible.
je suis d'accord avec ysabella du pouvoir des médias qui peuvent à eux seuls diaboliser un quartier mais je pense malgré tout que les cités continuent à être des lieux sensibles.
Les cités sont des lieux sensibles, c'est vrai, mais tout n'y est pas négatif loin de là. Certaines de ces cités sont aux mains de quelques-uns qui font règner la peur et dirigent traffics en tout genre; c'est contre ces malfrats qu'ils faut lutter. 0n a abandonné petit à petit ces quartiers en enlevant la police de proximité qui faisait un vrai travail auprès des jeunes,on a réduit les subventions,obligeant les éducateurs et autres bénévoles à les laisser tomber malgré le positif apporté, on a fermé les mjc et tous les lieux qui apportaient autre chose que la tentation de suivre les "grands frères", sans compter la justice qui ne suit pas vu le manque de moyens . Le gouvernement est le premier fautif et n'envisage pas grand chose pour sortir de ce problème, à part la répression qui ne résoud rien.
que dire de plus qui n'à été dit par ysabella, je suis d'accord à 100%. Quand au regard des journaliste, si la question se posaient uniquement sur les cités.
100% d'accord avec vous les filles. La cité est certes un endroit sensible où on est un petit peu frileux de s'y rendre mais il y a des talents dans ces quartiers qui ne sont pas exploités juste à cause de leur origine.
je croie qu'il es temps que les mentalités change oui vous avez tous raison, car bon lieu ou cités ne veut pas forcément dire dérive car il y des surprises et beaucoup d'exemples que l'on peut cité.
Ca me fait penser à une citation rencontrée il y a pas longtemps " Les banlieux n'ont pas besoin de milliard mais d'un autre regard "
les gens des cités doivent aussi être acteurs du changement de regard. L'ouverture doit se faire dans les deux sens.
Du positif , ça existe la bonne preuve il ne faut pas voir le mal partoutet les choses changent même danns les banlieus.
leur regard est primordial mais le regard de l'exterieur est aussi important .mais la faute a qui pour les quartiers dis sensible a l'etat qui les parquent comme des animaux par couleurs et origines
Je n'ai jamais vécu en cités, donc des lieux dit sensible.. et je suis bien contente, car meme si tout n'est pas négatif, cela fait peut d'y vivre.
Si les gouvernements ne les avaient pas parqués dans des ghettos, le regard des gens serait différent et l'intégration simplifiée!
les médias on vraiment tendances a ne parler des banlieues que pour en dire du mal, jamais ils ne valorisent les quartiers populaires.. alors que c'est bien dans nos quartiers qu'on connait le plus de générosité, de solidarité. la banlieue a deux visages, celle qui fait penser a l'insécurité et le vrai réseau de fraternité.. comment est ce que les deux peuvent co exister..: si tout simplement il y avait une véritable mixité sociale, que la misere ni existait pas qu'on n'y parquerait pas toujours le même type de population et, plutot que de laisser pour contre les banlieusards on les aidait un peu,.. les cités dortoirs n'étaient pas faites pour y rester deux ou trois générations, cela devait etre un lieux de transitions, c'est devenu un lieu de régression, étant donner que plus rien est fait pour l'évolution social.. ce qui pousse a la haine, ou a l'ambition. De plus, les conflits sont résolu vite.. mais avec une violence inouie: pourquoi parce qu'en banlieue on a pris l'habitude de crier pour se faire entendre ou bien de taper du poing .. maintenant a qui la faute ?
C'est vrai Milk a raison car cette banlieu là existe aussi ce n'est pas partout des zones de non droit et fort heureusement.