Crèmes éclaircissantes pour peaux noires : un dangereux culte de la blancheur

Crèmes éclaircissantes pour peaux noires : un dangereux culte de la blancheur
Crèmes éclaircissantes pour peaux noires : un dangereux culte de la blancheur
Dans cette photo : Michael Jackson
Blanchir sa peau pour ressembler aux Occidentales : c'est une des tendances en forte augmentation chez les femmes à la peau noire. Or en plus d'être dangereux pour la santé, ce blanchiment à tout prix pose l'épineuse question des normes culturelles. En France, les traitements sont interdits ce qui n'empêche pourtant pas leur circulation dans l'Hexagone mais également sur le continent africain et dans les départements d'Outre-mer.
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Michael Jackson n’était pas le seul à blanchir sa peau : le phénomène de dépigmentation fait fureur en France comme en Afrique dans la population à la peau noire. En effet, pour répondre à des normes culturelles qui établissent que la peau claire est « plus belle » que la peau foncée, de plus en plus de femmes cèdent sous la pression et utilisent des produits souvent dangereux. L’auteure Rokhaya Diallo confirme cette tendance dans son livre « Racisme : mode d’emploi » : « Défrisages réguliers, perruques, voire produits éclaircissants, tout cela a un coût. Ce budget exceptionnel n’est pas le fait d’une coquetterie particulière ou d’une hypothétique culture portant aux nues le culte du corps, mais bel et bien le prix d’une normalisation. »

Cet éclaircissement de la couleur de la peau n’est pas uniquement dû à un phénomène de mode mais peut également relever de données historiques : « Il faut comprendre que lors de la colonisation, il y avait une volonté d’assimilation culturelle. Cette pratique assimilatrice faisait considérer la couleur de peau des blancs et des métisses comme un critère de beauté. », affirme Djiby Diakhaté, sociologue à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar. Elle assure également que la dangerosité des traitements blanchissants, interdits en France mais circulant sous le manteau et sur la Toile, n’a plus l’effet escompté : « On mettait avant l’accent sur l’argument médical en évoquant les méfaits pour la santé. Le problème, c’est que les utilisateurs les connaissent et cela ne les empêche pas de les prendre. C’est un peu comme pour les fumeurs de cigarettes : ils savent ce qu’ils risquent mais continuent. »

Pour Emma, pharmacienne d’origine ivoirienne, c’est en Afrique que la pression de la peau blanche est la plus forte : « Là-bas, les hommes aiment les femmes plus claires, même si cela a beaucoup diminué. Il y a des complexes. Je pense que c’est pour les hommes si elles s’éclaircissent la peau ». Alors qu’en France, elle estime que les femmes noires sont fières de leur peau et mettent tout en œuvre pour la protéger. Selon Djiby Diakhaté, en Afrique, même les hommes suivent la tendance et commencent à s’éclaircir la peau à l’aide de crèmes blanchissantes : « Cette pratique était encore inimaginable il y a dix ans en Afrique de l’Ouest ».

Pour combattre ce phénomène dangereux pour la santé mais également pour la diversité des ethnies et l’acceptation du multiculturalisme, Djiby Diakhaté prône un combat quasiment idéologique et pas seulement répressif contre les vendeurs de crèmes blanchissantes : « Il serait peut-être mieux que l’on fasse décomplexer les personnes face à leur couleur de peau et qu’elles s’approprient une identité dynamique et ouverte et non plus calquée sur une autre. »

Laure Gamaury

Source : afrik.com
Crédit photo : Hemera

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