Pilule de 3e génération : le risque de thrombose multiplié par 3

Pilule de 3e génération : le risque de thrombose multiplié par 3
La Food and Drug Administration confirme le risque multiplié par 3 de thromboembolie veineuse associé aux pilules contraceptives dites de 3e génération, qui contiennent de la drospirénone. L'Agence de santé américaine formule pour la première fois une mise en garde claire à destination des médecins et des patientes.


La pilule de troisième génération, contraceptif « combiné » contenant de la drospirénone, accroît les risques de thromboembolie veineuse (TEV), c’est-à-dire la formation de caillots de sang dans les veines. C’est la FDA, l’Agence américaine de santé, qui se prononce au terme d’une évaluation des risques.
La question n’est pas récente, la pilule contraceptive est soupçonnée de favoriser ces pathologies depuis plusieurs décennies, mais aucune agence n’avait tranché sur la dangerosité plus importante des pilules contenant de la drospirénone, par rapport aux pilules à base de progestatifs –dites de 2e génération. En octobre 2011, la FDA alertait sur le danger de ces pilules pour les femmes de plus de 35 ans, et insistait sur le respect des conditions de prescription de ces contraceptifs, réservés aux femmes ne présentant pas de risque de TEV.

La FDA propose aujourd’hui une responsabilisation des professionnels de santé, mais aussi des patientes, invitées à se poser la question de leurs prédispositions à la thrombose veineuse, lorsqu'elles choisissent leur contraceptif. L'Agence américaine veut imposer aux laboratoires l’ajout de mises en gardes sur les notices des pilules de 3e génération, indiquant « un risque multiplié par 3 » de thromboembolie veineuse par rapport aux pilules à base de lévonorgestrel ou autres progestatifs, en incluant un résumé des résultats de l’étude de la FDA.
Cette mesure ne concerne pas encore les notices européennes. L’équivalent européen de la FDA, L’EMA (European Medicines Agency) a pourtant mené sa propre étude sur les pilules de 3e génération. En novembre dernier, l'Afssaps avait adopté une position rassurante et néanmoins ambiguë, suite à la publication de l’étude de la FDA, « Le rapport bénéfice/risque des contraceptifs oraux reste positif, quel que soit le progestatif utilisé », avait affirmé l’Agence française, tout en confirmant une augmentation du risque de thrombose veineuse « chez les femmes sous contraceptifs de troisième ou quatrième génération », décrivant « un effet indésirable bien connu, rare mais potentiellement grave ».

Crédit photo : Stockbyte

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