Prothèses PIP : un procès hors norme remis en cause

Prothèses PIP : un procès hors norme remis en cause
Prothèses PIP : un procès hors norme remis en cause
C'est ce mercredi 17 avril que devrait s'ouvrir le procès des prothèses mammaires PIP. Un scandale sanitaire d'envergure internationale dont la première audience s'annonce hors norme : cinq accusés, plus de 5 000 plaignantes, 300 avocats et à peu près autant de journalistes.
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Le scandale a éclaté en 2010 et a eu, en l’espace de quelques mois, un retentissement mondial. Ce mercredi 17 avril doit s’ouvrir le procès pour tromperie aggravée des prothèses mammaires PIP. Un procès qui s’annonce déjà hors norme. Sur le banc des accusés, Jean-Claude Mas, le fondateur de la société Poly Implant Prothèses et quatre des anciens dirigeants de la société devront faire face aux quelque 5 100 porteuses d’implants PIP, des Françaises pour la plupart, qui se sont constituées partie civile. Pas moins de 300 avocats devraient être présents et presque autant de journalistes sont attendus. Pour accueillir cette audience extraordinaire, le tribunal correctionnel de Marseille sera délocalisé. Le centre des congrès de la cité phocéenne, le Parc Chanot, a ainsi été réquisitionné pour devenir une annexe du tribunal. À l’intérieur, un espace de 4 800 mètres carré pouvant accueillir jusqu’à 700 personnes a été aménagé. Trois salles annexes d’une capacité de 830 places et équipées de vidéo-transmission sont également prévues.

Le procès PIP remis en cause

Mais bien qu’annoncée depuis plusieurs mois, la tenue de l’audience est aujourd’hui remise en cause. Plusieurs avocats des parties civiles, le défenseur du principal prévenu Jean-Claude Mas, ainsi qu’une association de victimes demandent en effet le renvoi ou l’annulation du procès. Le Mouvement de défense des femmes porteuses d'implants et de prothèses (MDFPIP), par exemple, déplore l’absence de certains responsables de cette affaire - notamment les autorités sanitaires, des chirurgiens, ou encore l'organisme certificateur TÜV -, sur le banc des accusés. « La justice fait son cirque. On va avoir un beau parc pour nous. Mais il aurait fallu que les autorités sanitaires françaises soient sur le banc. On a acheté des prothèses françaises, normées, certifiées. On a pris toutes les garanties et au bout du compte on se retrouve avec du n'importe quoi », dénonce ainsi Muriel Agello, présidente du MDFPIP sur les ondes d'Europe 1.

« Il ne faut pas entrer dans le jeu de la défense »

Un point de vue que ne partage pas Philippe Courtois, avocat de quelque 2 800 victimes : « Je suis étonné de voir certaines parties civiles annoncer qu’elles demandaient le renvoi du procès, alors que nous avons la liste des accusés et des victimes depuis six mois et que le dossier pénal est ouvert depuis dix-huit mois », indique-t-il dans les colonnes de L’Humanité.fr. Et d’ajouter : « Il ne faut pas entrer dans le jeu de la défense, au moment où, à l’exception d’une présidente d’association, toutes les victimes sont solidaires. Il faut considérer ce procès de Marseille comme une première étape ». À noter que l'avocat de Jean-Claude Mas, Maître Yves Haddad compte, lui, jouer un vice de procédure pour repousser la tenue du procès.

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