Le cunnilingus responsable du cancer de la gorge de Michael Douglas (et d'autres)

Le cunnilingus responsable du cancer de la gorge de Michael Douglas (et d'autres)
Le cancer de la gorge de Michael Douglas n'était pas lié à la consommation de tabac ou d'alcool. L'acteur en rémission a révélé dans une interview accordée au quotidien britannique The Guardian que sa maladie avait été provoquée par la pratique du sexe oral. Il n'est pas le seul dans cette situation : une étude américaine a récemment démontré que la pratique du cunnilingus ou de la fellation serait aujourd'hui le principal déclencheur de cancers de la bouche et de la gorge chez les jeunes Américains, devant le tabac.

« Oui, c'est bien une maladie sexuellement transmissible qui a causé ce cancer […] Sans vouloir trop entrer dans les détails, ce cancer en particulier est causé par le HPV (papillomavirus humain) qui vient du cunnilingus. » Dimanche 2 juin, l'acteur Michael Douglas a lâché une bombe. En pleine promotion pour le film de Steven Soderbergh, Ma vie avec Liberace, l'acteur américain est revenu, dans un entretien avec The Guardian, sur les causes de son cancer de la gorge. Contrairement aux idées reçues, ce n'est ni la consommation d'alcool, ni la cigarette qui sont à l'origine de son cancer, mais la pratique du sexe oral.
Si l'acteur, aujourd'hui en rémission, a indiqué qu'il avait « 95% de chance de ne pas faire de rechute », son état n'en était pas moins jugé sérieux, lorsque son cancer d'un stade avancé a été diagnostiqué en août 2010. Surtout, son cas est loin d'être isolé et est pris très au sérieux par le corps médical. En effet, pour les jeunes Américains, la pratique de la fellation ou du cunnilingus aurait supplanté la consommation de tabac comme principal déclencheur des cancers de la bouche et de la gorge. Des mesures préventives, telles que la vaccination existent toutefois.

Un  responsable : le papillomavirus humain

Selon une étude réalisée par l'Assemblée annuelle de l'Association américaine pour la promotion de la science (AAAS), qui s'est réunie ce week-end à Washington, le principal déclencheur de ces cancers est le papillomavirus humain (HPV), rapporte 20Minutes. Responsable d'infections sexuellement transmissibles fréquentes, ce virus, qui contient des tumeurs cancéreuses, est également responsable du cancer du col de l'utérus. La souche HPV-16 est particulièrement virulente pour les personnes infectées. Selon le Dr Maura Gillison, professeur de médecine à l'Université d'Ohio, les personnes infectées par le HPV-16 auraient ainsi « un risque de cancer oropharyngé 32 fois supérieur au reste de la population ce qui est nettement supérieur représenté par le tabac, qui a seulement triplé. »

Les jeunes, premières cibles du HPV

Pour le Dr Gillison, si ce phénomène reste en grande partie inexpliqué, elle reconnaît que ce sont les jeunes qui sont les plus touchés par le virus. En effet, l'étude démontre que la progression la plus rapide des cancers de la gorge et de la bouche a été observée chez les jeunes hommes blancs : entre 1974 et 2007, ces cancers auraient d'ailleurs progressé de 225% chez une grande partie des sujets ayant des rapports buccogénitaux. Elle indique par ailleurs que le fait de pratiquer le sexe oral avec plus de six partenaires dans sa vie multiplie par 8 le risque de développer un cancer de la bouche ou de la gorge.
Dans la ligne de mire de l'étude de l'AAAS, les jeunes Américains, qui apparaissent comme la cible privilégiée du papillomavirus. D'après le Dr Bonnie Halpern-Felsher, professeur de médecine pédiatrique à l'Université de Californie à San Francisco, cela est dû au fait que la fellation ou le cunnilingus sont très pratiqués par les adolescents américains, qui considèrent que les caresses bucco-sexuelles sont « moins risquées que l'acte sexuel conventionnel ».
Aussi, axer la prévention sur le sexe oral est devenu primordial pour le Dr Bonnie Halpern-Felsher. « Les pratiques sexuelles buccogénitales doivent être comprises dans les messages de prévention des maladies comme le cancer bucco-pharyngé », a-t-elle estimé.

Une solution : la vaccination

Outre la prévention, nécessaire envers les adolescents pour mieux les informer sur les risques engendrés par la pratique du sexe oral, la vaccination est la solution envisagée pour réduire les risques de développer des cancers. Déjà réalisés sur les jeunes filles pour prévenir les cancers du col de l'utérus, le vaccin contre quatre souches de papillomavirus est désormais préconisé sur les hommes par les médecins de l'AAAS. Pour le Dr Gillison toutefois, s'il « est raisonnable d'extrapoler et d'espérer que le vaccin pourrait réduire l'incidence de ces cancers, nous n'avons pas les données pour pouvoir affirmer qu'une vaccination peut empêcher l'infection par ces virus. »
Rassurante, le médecin a cependant précisé que le risque absolu de développer un cancer de la bouche ou de la gorge demeurait faible. Détecté tôt, ce type de cancer reste d'ailleurs très souvent guérissable : 90% des malades survivraient ainsi 5 ans et davantage sans rechute.

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