Royal, Barbier, Blazy : le machomètre spécial 8 mars

Par Emilie Cuisinier
Publié le 8 mars 2013

L'Express

L'Express "femmes, l'arme du sexe" - Christophe Barbier

© L'Express/Abaca
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Pas de répit pour les machos en cette Journée internationale de la femme. Entre maladresse et provocation voici le meilleur du pire du sexisme ordinaire de la semaine.


1. L'Express, journal machiste qui s'assume

Choix éditorial étonnant, L'Express a décidé de célébrer la Journée internationale de la femme en déplorant la souffrance des hommes. Souffrance qu’engendreraient Marcela Iacub et son livre polémique sur DSK, les sextrémistes de Femen et... les lectrices de 50 nuances de Grey. Toutes poursuivraient en effet le même dessein : se servir du sexe comme d'une arme destinée à dompter voire à dominer les hommes qui, du coup, sont aujourd'hui complètement « déboussolés, paumés, désemparés ».

Maladresse ? On aimerait y croire si cette Une ne constituait pas un flagrant délit de récidive : on se souvient en effet, en octobre dernier, d’une Une de l'hebdomadaire pour le moins malhabile sur Hollande et les femmes qui « lui gâchent la vie ».


2. Ségolène Royal, sexiste malgré elle

Voulant défendre la cause des femmes entrepreneuses, Ségolène Royal s'est laissé aller à des propos quelque peu maladroits qui lui ont valu d'être épinglée par une association féministe. La future vice-présidente de la BPI évoquait son désir d’aider les femmes à créer leur boîte et, au détour de son argumentaire, a cru bon d'expliquer que les femmes seraient de meilleures gestionnaires d’entreprises que les hommes car elles sauraient « gérer le budget de la maison », afin qu’il « reste toujours quelque chose au bout du compte pour les enfants ». Des propos jugés « machistes, caricaturaux et stéréotypés » par l’association Future, au Féminin, qui dénonce une sexualisation des compétences ne s’appuyant sur rien.

Et les machos de l’année sont...

Est-ce la proximité de la Journée internationale de la femme qui a calmé les ardeurs des habitués du machomètre cette semaine ? L’opération le 8 mars c’est toute l’année, lancée ce jeudi par François Hollande et Najat Vallaud-Belkacem, suffira-t-elle à faire régresser le machisme ordinaire ? Nos espoirs sont minces lorsque l’on s'intéresse à la longue liste de sorties sexistes sur laquelle les Chiennes de garde se sont appuyées pour élire le macho de l’année.

La récompense a été décernée à Pierre Blazy. Cet avocat est primé pour avoir regretté l’élection d’une femme, Anne Cadiot-Feidt, bâtonnier du barreau de Bordeaux, estimant qu’elle ne pouvait à l’évidence avoir les épaules assez large pour endosser de telles responsabilités : « Est-ce qu’une femme a les capacités pour le faire ? Je ne veux pas critiquer, mais vous n’avez pas d’avocates qui soient des avocates de renom, connues comme de grandes pénalistes, ça n’existe pas... Est-ce qu’une femme a les capacités pour supporter le poids de toutes ces affaires ? »

Un « machisme tout à fait banalisé », déplore la présidente des Chiennes de garde Marie-Noëlle Bas qui note que, comme le démontre le reste du palmarès, les petites phrases sexistes recensées ces derniers mois émanent souvent de politiques ou de journalistes qui « se sont lâchés avec la parité au gouvernement ». Le macho d’argent des Chiennes de garde revient donc cette année à l’écrivain-journaliste Patrick Besson a qui l’on doit cette remarquable sortie : « La parité au gouvernement est une "partouze straight". Najat Vallaud-Belkacem l'ingénue libertaire, Fleur Pellerin la geisha intellectuelle, Christiane Taubira le tanagra guyanais, Delphine Batho l'associative hitchkockienne, Yamina Benguigui la Shéhérazade cinématographique... Il ne manquerait pas grand-chose à Cécile Duflot pour être au niveau de ses consœurs du gouvernement. Un nouveau couturier ? Ce n'est pas le tout de trier les ordures, il faut faire pareil avec les vêtements ». Classe. Il est suivi du non moins élégant Lionel Luca qui s’était illustré pour différentes sorties, rebaptisant notamment Valérie Trierweiler « Valérie Rottweiller » ou croyant drôle de dire : « À Fadela Amara, j'ai toujours préféré Rachida Dati, d'abord parce qu'elle est moins moche… »

Grâce ce genre de personnage, en effet, la fête des femmes, c'est toute l'année.

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7 commentaires

country33 - 08/03/13 08:57
J'aurai bien aimé rencontré ce monsieur Pierre Blazy qui n'a même pas que du machiste mais davantage de "conneries" pour tenir de tels propos.
Hellvire - 08/03/13 09:22
J'avoue que je comprends qu'une certaine frange d'hommes se sentent perdus. Les mêmes sûrement que ceux qui se sentent dépossédés de leur travail par les étrangers. Ca ne va pas être évident, mais il va falloir que l'homme blanc s'habitue à partager la "toute puissance" qu'il a arraché aux autres pendant des siècles.
Ceccaldi - 08/03/13 10:53
Le commentaire de Ségolène Royal était en effet un peu déplacé, mais à mon avis à remettre dans son contexte : la présidente de la BPI évoquait les femmes aidées par la "micro finance", qui concerne dans la très grande majorité des cas de femmes dans des pays en voie de développement, qui ont donc un profil bien particulier. Minimum de revenu, activité pour recevoir un revenu complémentaire, peu ou pas d'études à leur actifs : oui, les faits le démontrent, ces femmes sont plus habituées à gérer une famille et un budget familial au quotidien qu'une PME... Argument qui ne se veut pas sexiste ou péjoratif, c'est un simple constat. Ceci explique donc peut-être cela...
valentineFath - 08/03/13 17:23
"sexiste malgré elle" c'est dure à croire.
Delphine.R - 08/03/13 18:41
la une de l'express c'est une vaste blague non ? Moi mes fesses et mes tétons c’est vrai qu'on a déjà tué pas mal d'hommes !
sandrine6405 - 08/03/13 18:45
Alors là sans aucune hésitation voilà que Pierre Blazy décroche de loin la première place au classement du machomètre cette semaine, les autres font pales figures
VertdeGrisaille - 10/03/13 08:22
Même si l'argument de Mme Royal partait d'une bonne intention (mais l'enfer en est pavé, dit-on!), je ne suis pas d'accord. Savoir gérer un budget familial n'a aucun rapport avec le fait de savoir gérer une entreprise. Les règles de fiscalité, de gestion et de communication sont totalement différentes. C'est un préjugé, rien de plus. Je précise aussi que le Pôle Emploi envoie de nombreuses personnes en création d'entreprise sur ce même type de préjugé, et que le taux d'échec est impressionnant... Une création d'entreprise, ça doit venir d'une initiative personnelle, il faut que ça corresponde réellement aux projets de la personne.

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