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Par   -  Publié le 29 avril 2009
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Petite créatrice connaît pas la crise !

Nous avons suivi le parcours de plusieurs créatrices d’entreprises, leurs débuts et les difficultés qu’elles ont rencontrées pour mener à bien leur projet. Comment vivent-elles la crise aujourd'hui ?

Quelle crise ?

Quelle crise ?

Nous avons suivi le parcours de plusieurs créatrices d’entreprises, leurs débuts et les difficultés qu’elles ont rencontrées pour mener à bien leur projet.


C’est aujourd’hui à leur manière de passer la crise que nous nous intéressons. Il en ressort une tendance très forte : les domaines les plus spécifiques sont ceux qui résistent le mieux au climat morne des économies.

Créatrices à la pointe de la mode ou nichées sur des terrains encore vides comme le déguisement sur mesure, le maquillage des peaux noires, ou encore le covoiturage, ces femmes ont visé juste et l’avenir leur sourit. Autant dire que l’entreprenariat bien ciblé est une arme fatale contre le ciel morose.

 


Petite mendigote

Petite mendigote

Sybille Roger-Vasselin, créatrice de la marque Petite Mendigote

 

Qu’est-ce que la crise a changé pour votre entreprise ?

La crise a d’abord ralenti des projets de développement que nous avions. C’est vrai que l’on se dit qu’il vaut mieux ne pas prendre de risque, ne pas alourdir son endettement et tenir pendant cette période compliquée. En ce qui nous concerne, nous continuons à voir notre chiffre d’affaires augmenter sur notre activité « gros » mais c’est vrai que l’on note une légère baisse sur notre activité « détail ». Quant aux banques, je trouve leur attitude scandaleuse. Elles ne nous aident absolument pas. On peut même affirmer qu’elles nous compliquent encore plus la vie. Même quand on a de très bons bilans, elles demandent encore plus de garanties. Elles ne donnent aucun oxygène pour la trésorerie. Heureusement nous avons de bonnes relations avec nos banquiers et nous en avons notamment un qui comprend notre métier, sinon, cela serait très difficile.

 

Quel est votre sentiment sur les mois à venir ?

Je crois que cette crise va durer encore pendant une bonne année et demie. Ce qui est angoissant, c’est que je vois tous mes clients souffrir terriblement de la baisse de la consommation. Un m’a affirmé que son chiffre d’affaires avait baissé de 50% sur les trois premiers mois de l’année !! C’est pour cette raison que nous jonglons tous avec notre trésorerie. Mes clients n’arrêtent pas de me demander des délais de paiement supplémentaires. Pour nous, c’est vraiment compliqué car nous payons nos fournisseurs à l’avance…
Avec les salariés qui travaillent chez Petite mendigote, nous formons une équipe soudée prête à braver cette crise. Nous gardons notre optimisme car nous adorons notre métier et nous voyons notre marque grandir. Chacun a envie de redoubler d’efforts. Loin de nous démotiver, la crise nous donne des ailes !


Quel conseil pouvez-vous donner à d’autres entrepreneuses moins expérimentées ?

 

Pour ceux qui ont moins d’expérience, je dirais qu’il faut d’abord avoir un banquier qui comprenne vraiment le métier que l’on fait et ses impératifs, qui est facilement joignable et qui trouve des solutions aux problèmes. Ensuite, et c’est le plus important, il faut être extrêmement ferme sur les paiements. Ne jamais faire partir de la marchandise sans un chèque ou une traite reçus en avance que l’on pourra, le cas échéant, encaisser plus tard. Il vaut mieux accepter d’encaisser plus tard un chèque que l’on a déjà que de courir après les paiements. Enfin, il faut se méfier du factoring !!! Surtout pour des petites structures !! C’est en général hors de prix et très contraignant en termes de gestion. Une dernière astuce, ne pas hésiter à solliciter des délais de paiements aux impôts (en ce moment, ils sont compréhensifs !) et bien demander à son comptable tous les avantages de la loi TEPA.

 

Sybille Roger-Vasselin
sybille@petitemendigote.fr

 

Marie Cousin
marie@petitemendigote.fr


Boutique
23 rue du Dragon
75006 Paris
Téléphone : 01 42 84 20 07
Showroom
133 rue de Sèvres
75006 Paris
Relations presse
Dominique Salmon
dominique-salmon@wanadoo.fr
2 Place des deux ecus
75001 Paris
http://www.petitemendigote.fr/

Retrouvez ici le portrait d'entrepreneuse de Sybille !

Colorii

Colorii

Cecile Abric, co-fondatrice de Colorii,

première boutique beauté haut de gamme spécialisée dans les peaux noires.


Quel est votre sentiment sur les mois à venir ?



Colorii ayant ouvert sa première boutique en septembre 2007, il était normal qu'à l'automne 2008, elle connaisse une progression de chiffre d'affaires, ce qui a été le cas, avec une croissance d'un peu plus de 30%. Cependant nous avons remarqué une différence de comportement d'achat au mois de décembre avec des achats plus raisonnés que l'année dernière, un recours au paiement en plusieurs fois (que nous proposons dans notre boutique de Rosny2). La frénésie habituelle des fêtes était plus tempérée. Les mois de février et mars sont revenus à la normale pour nous, avec une progression très satisfaisante par rapport à l'année précédente.

 

Etre une femme dans la crise change-t-il quelque chose à la crise ?


Ce n'est pas le fait d'être une femme soi-même qui change quelque chose mais certainement d'être dans un univers féminin : celui de la beauté, du plaisir de l'achat pour soi. Le New York Times avait publié un article l'année dernière autour d'un phénomène décrit initialement par Leonard Lauder le PDG Estée Lauder et baptisé le « lipstick effect», selon lequel en temps de crise, les ventes de maquillage et plus particulièrement de rouge à lèvres explosent car ces produits de beauté dopent le moral des femmes ! Quel plaisir de se faire plaisir pour finalement pas trop cher!
C'est aussi comme ca chez Colorii, et l'ambiance dans nos magasins n'est pas à la morosité !



Qu’est-ce que la crise a changé pour votre entreprise ?


Comme je l'ai dit auparavant nous avons été agréablement surprises par les performances du mois de mars. Nous sommes dans un secteur qui, dans sa globalité, souffre moins que d'autres. Et comme nous sommes les seules sur notre secteur  : la beauté haut de gamme pour les femmes noires mates et métissées, dans une offre globale qui inclue les produits de beauté (maquillage, soins etc…) et les services (salons de coiffure et cabines de soin), nous sommes pour l'instant préservées.

 

Quel conseil pouvez-vous donner à d’autres entrepreneuses moins expérimentées ?


Il faut rester prudent et plus que jamais affirmer ses spécificités pour ne pas pâtir des forces de frappe des grands groupes qui maintiennent leur chiffre d'affaires en cassant leurs marges avec des offres promotionnelles à tout bout de champ.

 

Colorii

Forum des Halles,

Niveau -2, Porte Lescot,

75001 Paris.

01 40 28 42 39.

www.colorii.com

 

Retrouvez ici le portrait d'entrepreneuse de Dieynaba Bakiri !

 




 

Mamanshopping.com

Mamanshopping.com

Céline Fénié, créatrice de mamanshopping.com.

 

Qu’est-ce que la crise a changé pour votre entreprise ?

 

Pas grand-chose, mon activité a un peu plus d’un an et se trouve toujours en phase d’expansion, nous n’avons donc pas de encore ressenti de ralentissement d’activité. Mais il est clair que les clients sont beaucoup plus prudents et font moins d’achats impulsifs.

 

Quel est votre sentiment sur les mois à venir ?

 

Je pense que l’amélioration n’est pas pour tout de suite, les clients sont encore très frileux et je pense que cela va mettre de longs mois avant de se rétablir. Je n’ai pas ressenti de changement avec mes fournisseurs.

 

Quel conseil pouvez-vous donner à d’autres créatrices d’entreprises moins expérimentées ?

 

Ne pas se décourager, garder confiance, c’est une mauvaise passe à traverser …

 

Le site de Céline Fénié : http://www.terrafemina.com/www.mamanshopping.com

Son blog : http://mamanetentrepreneuse.typepad.fr/

 

Retrouvez ici le portrait d'entrepreneuse de Céline Fénié !

Princesse Model

Princesse Model

Céline Domino, créatrice de la marque « Princesse Model »

Déguisements sur mesure.


Qu’est-ce que la crise a changé pour votre entreprise ?

 

Je ne suis pas spécialement touchée par la crise. Mon chiffre d’affaires est en hausse depuis trois ans. Les mamans sont toujours prêtes à se serrer la ceinture pour offrir un beau déguisement à leur enfant ! C’est d’autant plus facile que je ne travaille pas sur la fidélisation de la clientèle, on m’achète une robe pour une occasion particulière comme Noël ou le Carnaval, et la plupart de mes commandes m’arrivent en ligne.
Comme je travaille en local, avec un statut d’artisan et non de commerçante, je n’ai pas de prêt en cours à la banque, et pas de problème de fournisseurs car je m’approvisionne tout simplement dans un magasin de tissus.

 

Quel est votre sentiment sur les mois à venir ?

 

J’ai l’intention de tracer ma ligne, cela peut sembler égoïste car je sais que c’est très dur pour beaucoup de gens mais je suis consciente que rien n’est gagné d’avance. Il faut laisser passer la tempête en espérant ne pas partir avec. C’est pourquoi je reste vigilante, je pratique la veille concurrentielle, je cherche à être plus compétitive. Mais c’est aussi ce qui rend l’expérience excitante !

 

Quels conseils pouvez-vous donner à d’autres créatrices d’entreprises moins expérimentées ?

 

Il faut bien se préparer avant de se lancer, et surtout, bien choisir son secteur. Il y a des milieux saturés, comme le vêtement pour enfants où on ne compte plus le nombre de créatrices qui se sont lancées sur ce créneau. Je crois que plus on est spécifique, plus on a de chances de réussir.

 

Contact
www.robe-princesse.com
Adresse : 22 Square Boulanger
35700 Rennes
Téléphone : 02 99 38 66 23
Mail : scdomino@wanadoo.fr

 

Retrouvez ici le portrait d'entrepreneuse de Céline Domino !

La Roue verte

La Roue verte

Marie Martese, fondatrice de la Roue Verte,

entreprise de covoiturage.

Elle nous a répondu en compagnie de sa nouvelle collaboratrice, Laure Briaudet.


Qu’est-ce que la crise a changé pour votre entreprise ?

 

Rien n’a changé, ou presque ! L’entreprise est en pleine croissance, on est un peu dans notre bulle car nous travaillons à la fois pour des entreprises privées mais aussi pour des collectivités, ce qui nous assure une certaine stabilité malgré des budgets plus serrés. Nous n’avons pas perdu de clients du côté des entreprises mais notre communication a un peu changé. Quand les temps sont durs, notamment en cas de chômage technique, on comprend que la priorité n’est pas la question du covoiturage et nous avons reporté certaines animations. Nous avons confiance dans l’arrivée de jours meilleurs où les gens se montreront plus réceptifs et moins angoissés.


Etre une femme change-t-il quelque chose à votre travail et à vos relations professionnelles par temps de crise ?

 

En tant que femmes, on n’a pas de problèmes particuliers dans notre domaine. Les relations que nous avons avec nos clients sont très bonnes. Même si l’industrie est un milieu d’hommes, nous avons beaucoup plus affaire avec des femmes car ce sont elles qui assurent les métiers de la comm ‘. Personnellement je trouve ça plus simple de travailler avec des femmes, il y a un côté plus pragmatique, moins centré sur des questions de pouvoir.
C’est peut-être avec nos associés qu’il faut parfois se montrer plus diplomate. Ce sont tous des hommes ! Mais au sein de la SARL, nous avons de très bonnes relations.

 

Quel est votre sentiment sur les mois à venir ?

 

Nous sommes confiantes. La pression est là mais elle ne repose pas directement sur nos épaules.  C’est l’avantage de travailler en B2B (Business to Business), et surtout avec des collectivités publiques. Elles sont encouragées à conclure des marchés, encore plus par temps de crise, de manière à maintenir l’activité. Et ce sont la plupart du temps des marchés sur le long terme, qui permettent une visibilité sur plusieurs années.

Du coup on en profite pour voir venir, on prévoit même une embauche en septembre ! On ne gagne pas des millions, mais on est en CDI, on est passionnées par ce que l’on fait et on sait se montrer flexible pour que tout le monde y trouve son compte. Je ne vois pas  l’avenir de mon entreprise autrement. Je suis de la génération Internet, si Laure veut travailler de chez elle un jour, il n’y a pas de problème. Aujourd’hui nous sommes deux salariées plus cinq membres de la SARL, une petite équipe qui roule ! L’important est d’avoir envie de continuer longtemps ensemble.


Quels conseils pouvez-vous donner à d’autres créatrices d’entreprises moins expérimentées ?

 

Il faut beaucoup de temps et d’énergie ! C’est un choix qu’il faut pouvoir assumer, y compris quand les temps sont durs et qu’on a l’impression qu’on ne s’en sortira jamais. J’ai mis deux ans à sortit la tête de l’eau. J’ai monté la Roue Verte en 2007, j’avais 26 ans, et je ne regrette rien, mais c’était dur !

 

Contact:

www.laroueverte.com
marie.martese@laroueverte.com

 

Propos recueillis par Marika Mathieu

Retrouvez ici le portrait d'entrepreneuse de Marie Martese !

Voir aussi :  emploi    crise    chomage   
 

2 commentaires

joelasaucisse - 17/04/10 18:59
pas évident de créer pour créer, félicitations si vous êtes parvenu à éviter la crise!
country33 - Il y a 3 sem
C'est vraiment le seul secteur qui ne connait pas la crise , inutile d'attendre après les pôle emplois , il faut savoir foncer et se bouger pour réussir.

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   nathaliejacquet  a posté un message sur « Trouver un emploi sur le web - objectifemploi.fr » - Il y a 1 s
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