Par
Marika Mathieu
- Publié le 23 septembre 2009
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L'Europe a les retraites en tête
Les objectifs européens
Le premier objectif de l’Union est globalement de maintenir les séniors au travail. Les Etats membres ont indiqué dès 2001 leur volonté d’atteindre dès 2010 un taux d’emploi de 50% pour les personnes âgées de 55 à 64 ans. Et face à ce défi, tous les pays ne partent pas du même point. Selon les dernières statistiques d’Eurostat, on note globalement deux groupes. Les pays nordiques, déjà bien avancés, avec des taux d’emploi de l’ordre de 70% en Suède, de 58,6% au Danemark, ou de 57,4% au Royaume Uni, et les Etats « du Sud », avec une moyenne plus basse, comme en France (38,3%) ou en Italie (33,8%).
L’emploi en Europe s’achemine ainsi lentement mais sûrement vers la case « longue durée ».
Pour bien vieillir, il faut partir plus tard.
Selon Catherine Lubochinsky du Cercle des Economistes, « il faut bien se dire qu’à l’avenir, il faudra cotiser plus longtemps ». Tous les pays ont tendance à reculer l'âge légal de départ à la retraite et celui-ci se fait désormais en moyenne à 65 ans pour les hommes, comme c’est le cas dans 14 pays de l’Union, dont l’Allemagne, l’Espagne ou l’Irlande.
Chaque pays est cependant libre de fixer l’âge légal de la retraite sur son territoire, âge qui peut-être différent pour les hommes ou les femmes.
L’Italie affiche encore une douce clémence à l’égard de ses citoyennes et leur accorde un départ à 57 ans, contre 65 ans pour les hommes. En France, le départ à la retraite s'effectue encore à 60 ans, sans distinction de sexe, ce qui en fait un des taux les plus bas d'Europe.
De nombreux pays autorisent les femmes à quitter la vie active plus tôt que les hommes, comme en Autriche (60 ans), en Estonie (59,5 ans), en Grèce (60 ans), en Pologne (60 ans), au Royaume-Uni (60 ans), en République Tchèque (61 ans), ou encore en Slovénie (61 ans).
Au Danemark, le seuil est déjà de 67 ans pour les deux sexes. En Allemagne, on y pense aussi. Une loi de 2007 prévoit que l'âge de la retraite augmente d'un mois par an à partir de 2012 pour atteindre 67 ans en 2029.
Et la tendance à rallonger la vie au travail ne devrait pas s’arrêter là. Selon Olivier de la Doucette, psychiatre et gériatre, « on devrait vivre vieux, heureux et en bonne santé de plus en plus longtemps. Ce qui implique forcément que l’âge de la retraite passera vite à 70 ans, comme c’est déjà le cas au Japon. »
Question pension
La plupart des pays s'interrogent sur le financement de leurs fonds de pension. La question concerne essentiellement ceux qui assurent un haut taux de revenus combiné à un départ en retraite assez précoce (Italie et France en particulier). Certains pays semblent mieux engagés que d’autre dans le casse tête des retraites.
En Italie, la situation autrefois idéale pourrait bien tourner à la franche précarité. Le pays conjugue le taux de fécondité le plus bas d’Europe, (1,3 enfants par femme), l’âge de départ à la retraite le plus précoce, et la rémunération des retraites la plus élevée d’Europe, avec un revenu moyen équivalent à 95% de celui des actifs. Mais seuls 3 % des plus de 75 ans vivent en maison de retraite, en raison du coût et du manque de places. Face au vieillissement de la population, le gouvernement italien s’oriente vers une politique d’assistance aux personnes âgées au moindre coût.
La France, avec un revenu moyen estimé à 17 434 euros par an (Eurostat, source 2005), se place encore au second rang des retraités les mieux payés d’Europe, grâce à un système basé sur la répartition. Mais selon le Ministère de l’Emploi : « Dans une vingtaine d’années, le déficit annuel de l’ensemble des régimes de retraites, sous l’effet du vieillissement de la population et du départ à la retraite de la génération du baby boom, sera de 50 milliards d’euros. Et il dépassera 100 milliards d’euros, en 2040.»
Du coté du Royaume Uni, pays qui a misé sur les fonds de pension et les fonds privés, sur les onze millions de retraités, près de deux millions vivent sous le seuil de pauvreté. La retraite d’Etat à taux plein est de 550 euros par mois : c’est la plus basse d’Europe. 11% des personnes ayant dépassé l’âge légal de départ à la retraite (65 ans, bientôt 68 ans) travaillent toujours, par goût, mais surtout par nécessité.
Bons et mauvais points
A l’heure actuelle, les pays ayant pris rapidement la décision d’un taux d’emploi des séniors élevé, associé à un âge légal tardif de départ à la retraite, sont les moins déficitaires.
La Suède se distingue par exemple comme un système assez cohérent. En fonction du nombre d'années de cotisation, le salarié cumule des points. Et au moment du départ en retraite, la valeur du point dépend de la valeur de la production du moment et du nombre d'actifs. Autrement dit, le niveau des retraites est calculé en fonction de la richesse du pays et du nombre d'actifs au moment où le retraité part en retraite. C’est pourquoi quand la croissance se développe et que le pays s'enrichit, tout le monde en bénéficie, y compris les retraités.
L’indexation des pensions sur la richesse du pays ou encore sur le niveau des salaires apparait comme un bon moyen d’éviter la précarisation des retraités. Selon Thierry Debrand, maître de recherche à l’IRDES*, l’indexation des pensions françaises sur les prix expose les retraités français à des risques plus importants de voir leur niveau de vie chuter.
La constitution de fonds de réserve est également un moyen non négligeable d’assurer la balance du système. Mais pour ce faire, il lui faut un niveau suffisant ou il devient inutile. Les Pays-Bas sont, dans ce domaine, exemplaires : leur fond de réserve est doté d'un montant équivalent à 15% de leur PIB, quand celui de la France ne contient que 20 milliards d'euros, soit moins de 1% de son PIB.
Pour des réformes ambitieuses
Ce tour d’Europe amène à s’interroger sur l’ampleur à donner aux réformes pour qu’elles assurent aux systèmes de retraites une validité sur le long terme.
Selon Thierry Debrand, le durcissement des conditions de départ à la retraite ne suffit pas : « il ne sert à rien de reculer l’âge de la retraite si on ne se préoccupe pas en même temps des seniors qui partent en congé de toutes manières, pour des raisons de santé ou de pénibilité de leur travail ».
L’exemple nordique incarné par la Suède démontre que l’Europe doit aujourd’hui reconsidérer le financement de ses retraites autant que la place offertes aux séniors sur le marché de l’emploi ainsi que les facteurs de départ à la retraite (ou en congé de longue durée) tels que la pénibilité du travail ou les questions de santé…
« La réforme des retraites relève d’une politique sociétal d’envergure » selon Thierry Debrand.
Il semble qu’au cœur de la bataille pour un système de retraites équilibré, il faille avant tout donner aux hommes, « et aux femmes ! » insiste Thierry Debrand, des raisons valables et désirables de travailler plus longtemps, dans de bonnes conditions.
Le travail des séniors... le vrai défi des prochaines années ?

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mieux la retraite en tête que la re-tête à tête quand on s'ennuie.
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un sujet sur lequel il est nécessaire de se pencher car dans quelques années, il sera trop tard pour y réfléchir.
Moi quand je pense à ma future retraire ça me fait peur, je ne sais pas comment je vais arriver à vivre si on ne fait rien pour nous.
J'ai quelques appréhensions et quelques craintes quand je pense ce que sera ma retraite, je pense que j'aurais beaucoup de difficultés.
Je pense que nous avons tout intérêt à la préparer en essayant d'épargner au minimum et il n'est pas exclu que nous soyons tenus de reprendre une petite activité pour pouvoir s'en sortir!