Alimentation et environnement : une conciliation impossible ?

Par Elizabeth Pastore-Reiss
Publié le 20 septembre 2010

Les enjeux de notre alimentation sur l’environnement

Les enjeux de notre alimentation sur l’environnement

L’enjeu CO2


En France, environ 25% des émissions de CO2 viennent des produits alimentaires ! En effet la consommation directe d’énergie par l’agriculture représente 2 % de la consommation française, s’y ajoutent les consommations indirectes liées aux engrais et à l’alimentation animale...
Pour  diminuer son empreinte carbone, il est ainsi préférable de peu consommer de viande, sa  production représente 18% de la production totale  des gaz à effet de serre en France. Le transport des aliments affecte aussi durablement notre planète en provoquant des émissions de CO2 très élevés !

 

Autre enjeu de notre production alimentaire : les déchets. Les emballages sont directement visés, 80% d’entre eux sont d’origine alimentaire. Il faut donc mieux favoriser l’achat de produits en vrac ou de marques ayant des actions concrètes sur la réduction des emballages. C’est agir à son échelle pour la réduction des déchets.

L’enjeu sanitaire

L’enjeu sanitaire

Plus de 70% des fruits contiennent des résidus de pesticide. Une pomme par exemple, subit en moyenne  27 traitements de pesticides en France. Et les chiffres sont plus élevés encore pour les produits importés qui reçoivent des traitements chimiques permettant leur conservation durant leur transport. Les plus touchés par cette intensification de l’usage de pesticides sont les agriculteurs. En étant directement en contact avec les émissions toxiques dues aux pesticides, ils ont un risque de cancer multiplié par 3 !

C’est surtout notre environnement qui fait les frais de cet usage intensif. Les pesticides provoquent une pollution de l’air et menacent la biodiversité, sans que nous en soyons souvent pleinement conscients. Pourtant, une espèce de faune ou de flore disparaît toutes les 20 minutes,  il est temps de faire attention à ce que l’on consomme. Un quart des stocks de poissons sont aujourd’hui surexploités  selon l’ONU.

Comment concilier alimentation, santé et respect de la nature ?

Comment concilier alimentation, santé et respect de la nature ?

Le retour à la saisonnalité et au local

 


A l’ère des fast-food, des sandwichs avalés sur le pouce et des plats tout préparés, il est souvent dur pour un consommateur du 21ème siècle d’apprécier un repas riche en saveurs tout en prenant son temps. Heureusement des nouvelles pratiques se développent pour le bien de nos papilles et de la nature.

 

Le mouvement slow food privilégie une certaine idée de l’alimentation associant, plaisir et responsabilité vis-à-vis de l’environnement

 

Autre tendance, celle des locavores. Leur objectif : ne manger que des aliments issus de productions locales. Marginal à ce jour mais contributif à l’essor des marchés et des ventes directes des agriculteurs, ce mouvement permet de développer et valoriser  les productions locales. Car  rappelons qu’un fruit importé hors saison par avion consomme pour son transport 10 à 20 fois plus de pétrole que le même fruit produit localement et acheté en saison. Choisir davantage de produits locaux c’est donc aussi un engagement à la portée de chacun pour une planète plus durable.

Enfin, aider à la préservation de la biodiversité par la consommation c’est possible en partant à la redécouverte de légumes anciens qui se sont éclipsés dans les années 60 avec le développement de l'agriculture intensive. La rutabaga, le topinambour ou encore le panais, autant de légumes oubliés  qui reviennent désormais à la mode, notamment grâce aux réseaux directs qui les livrent avec les fiches recettes et démontrent que le vintage, c’est beau, bon et ludique !

Les labels et certifications auxquels on peut se fier

Les labels et certifications auxquels on peut se fier

De nombreux labels existent. Voici quelques pistes pour nous aider à décrypter ces labels de plus en plus présents dans nos caddies !

Le label rouge distingue les produits alimentaires de qualité gustative supérieure, Ecolabel ceux qui ont un moindre impact environnemental. Plus spécifique, le label MSC garantit des poissons et des crustacés pêchés dans le respect de normes environnementales et de reproduction des stocks... Tourné vers le local, le label AOC (Appellation d’origine contrôlée) garantit un produit issu d’un terroir particulier, et respectant l’authenticité de celui-ci, tandis que  Max Havelar garantit que le produit a été acheté à un prix garanti aux producteurs et produit dans des conditions respectueuses des droits de l'Homme. Le label Rainforest Alliance garantit les cultures tropicales qui favorisent la biodiversité et l’environnement. Les initiales AB indiquent qu'au moins 95% des ingrédients  sont issus de l'agriculture biologique.

Il y a un besoin de traçabilité et une vraie curiosité chez les consommateurs : 74% des français souhaitent avoir davantage d’informations sur les étiquettes des produits. L’industrie agro-alimentaire doit désormais fournir des preuves de la qualité de l’origine sociale ou environnementale de ses produits.

 

VOIR AUSSI :

 

Mais qui veut la peau du label bio ?

Les alicaments : des amis qui vous veulent du bien

Voir aussi :  environnement    sante    alimentation    
 

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12 commentaires

pussy01360 - 20/09/10 10:33
Oui c'est une bonne question, comment produire plus en préservant l'environnement quand les cultures demandent beaucoup d'eau, des engrais, des pesticides, c'est un enjeu de taille pour les générations futures.
salyana - 20/09/10 11:43
merci pour cet article !!!
sequoia - 20/09/10 21:41
J'aurai au moins appris une chose: je serais de tendance "locavore", je pourrais le placer désormais dans une conversation ! Plus sérieusement, les labels c'est très bien - à condition qu'ils soient contrôlés par un organisme extérieur indépendant, ce qui n'est pas toujours le cas.
omaha - 21/09/10 13:48
je ne suis pas encore locavore, mais je pense le devenir quand j'irai vivre dans ma campagne en Auvergne. Il sera possible pour moi d'acheter directement à des petits recoltants. Par contre, lorsque j'achete des fruits, je fais toujours attention à ce qu'ils viennent de France
country33 - 05/11/10 09:34
Je fais attention à tout pour moins dépenser J'en suis même "pénible" c'est non seulement pour faire attention à la planète , mais aussi pour des économies écologiques.
ally1500 - 11/02/11 07:16
j'essais de faire attention à la qualité des aliments mais aussi à mon budget
jeant - 17/12/11 22:13
Ah oui effectivement l'alimentation nuit à l'environnement... Arrêtons de manger!
franmic64 - 08/01/12 21:27
Personnellement, je ne me fie pas aux labels mais essaye d'acheter le plus souvent possible à des petits producteurs. Habitant dans le milieu rural, j'en connais et leur fais totalement confiance.
linelu7 - 09/02/12 20:18
pour concilier les deux, il faudrait manger local et ne plus acheter les produits importés. je ne pense pas que tout le monde soit prêt pour ça:je ne le suis pas.
jeanne-flo - 20/02/12 09:31
Je pense qu'une conciliation est possible , il faut juste remettre les choses dans une logique naturelle , pas dans une logique de bénéfice à tout prix ...
ladymam - 30/03/12 21:09
avec des petits budgets pas facile d 'achetter du bio ! mais on peu faire des efforts sur d 'autres choses
country33 - 28/07/12 21:00
En plus le trois quart du Bio enfin 80% est exporté puisque la France n'en produit que 20, le reste n'est même pas réglementé dans le pays d'origine .

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