Par
Candice Satara-Bartko
- Publié le 16 mars 2011
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Locavore : relocaliser son assiette
Locavore : le fruit du succès
Le locavorisme n’est en aucun cas une lubie d’écolo bobo ou d’altermondialistes en mal d’idéaux. Pour fuir les excès de la mondialisation et protéger la planète, ce mode de pensée prône le retour à une alimentation locale. Sa démarche originale incite les consommateurs à s’alimenter avec de la nourriture produite dans un rayon allant de 80 à 240 kilomètres maximum autour de chez eux. Autant dire que dans ce schéma, l’empreinte écologique des aliments est fortement diminuée et l’économie locale revient au cœur du système.
Le mouvement locavore naît en Californie en 2005 où il connaît un essor fulgurant. Les ouvrages, documentaires sur le sujet se multiplient, les restaurants se mettent à la page et même les entreprises : la cantine du siège de Google (rebaptisée 150 Mile Cafe) ne propose que des aliments produits dans un périmètre de 150 km. Le phénomène dépasse les frontières et débarque en France en 2008. Dans le pays du terroir où les traditions culinaires sont fortement ancrées, le locavorisme ne peut que faire des adeptes. Bientôt les blogs se développent, les circuits courts de distribution comme les Amap affichent complet et même la grande distribution cherche à surfer sur la tendance de l’alimentation de proximité. L’Echoppée Locale, première épicerie locavore, a ouvert ses portes dans la capitale récemment.
Une démarche de fond
Les locavores se refusent à dire qu’il s’agit simplement d’une tendance. Pour Anne-Sophie Novel auteure du guide du Locavore, publié chez Eyrolles, il s’agit bien d’une révolution alimentaire « Etre locavore, c’est avoir conscience que la planète ne va pas bien et se donner les moyens pour agir de façon cohérente à son échelle », souligne la jeune femme. Car le constat est sans appel : les règles du commerce international ont ruiné l’économie locale, la mondialisation a uniformisé les goûts et les modes de consommation, sans parler de l’agriculture intensive qui épuise les ressources de la planète et transforme nos fruits et légumes en de nouvelles variétés insipides.
Dans une société qui vit à cent à l’heure, la profusion des aliments dans les supermarchés n’étonne plus, quant au chemin qu’ils ont parcouru pour arriver dans notre assiette, cela fait frémir. « Depuis les années 80, la distance aurait augmenté de 25% si bien que tout aliment constitutif d’un repas américain typique a voyagé en moyenne 2400 km », note dans son livre Anne-Sophie Novel. A la lecture de ces chiffres, on peut comprendre la philosophie des locavores. Question de bon sens, non ?
Manger local, c’est bon pour la santé
Après manger Au moins 5 fruits et légumes par jour, le prochaine slogan du Programme National Nutrition Santé pourrait être : « le local, c’est meilleur pour la santé ». Car c’est un fait, s’approvisionner localement pousse à consommer plus de légumes et de fruits et à délaisser les aliments calibrés qui regorgent de pesticides ou autres produits chimiques. Le locavore mange au rythme des saisons et profite de légumes parfaitement mûrs où les vitamines sont intactes. « Le petit producteur qui fait des poires bios, propose des variétés plus goûteuses, plus riches en micronutriments, c’est incontestable », relève Béatrice de Reynal, nutritionniste, auteure notamment de « De l'étiquette à l’assiette, Vérités et mensonges » chez Vuibert.
En plus cette richesse naturelle est infinie : « il existe des centaines de variétés de tomates, de pommes de terre, de basilic… Chacune possède des propriétés organoleptiques (gustatives) spécifiques », ajoute Louis Albert De Proglie, propriétaire de la maison Deyrolles et créateur du Conservatoire de la tomate.
Locavore, côté budget
Anne-Sophie nous l’assure, son budget n’a pas bougé au cours de son expérience locavore. « Je n’allais presque plus au supermarché et je n’étais donc pas tentée par l’abondance des produits transformés dont le prix est plus élevé. Manger local nous pousse à acheter différemment, ne pas gaspiller et à faire la cuisine soi-même », explique-t-elle. Le bio coûte cependant plus cher. L’écart de prix entre un produit bio et son homologue classique est de l’ordre de 10 à 20 %. Un décalage justifié, car l’agriculture biologique est contraignante et les niveaux de rendements sont moins élevés. Le bio est très souvent local et même si son coût est parfois supérieur, on peut le compenser en privilégiant les petits producteurs et en achetant les bonnes quantités. Julie Didier participe à une Amap en Ile-de-France. Chaque semaine elle achète un panier de 6,7 kg de légumes pour un montant de 8 euros. Un prix qui n’est pas excessif comparé aux marchés traditionnels, d’autant qu’elle est sûre au moins de la qualité.
Demain, tous locavores ?
Manger local c’est retrouver ce lien à la terre et au goût, découvrir des légumes variés, se réapproprier son alimentation tout en préservant la planète. Mais dans la pratique, est-ce facile tous les jours de se nourrir sans dépasser un rayon de 80 km ? Il est évident que cette pratique ne s’accommode pas d’un mode de vie effréné, de diners répétés à l’extérieur : comment expliquer à ses amis qu’on ne prendra pas de leur dessert fort alléchant ? « Il faut prendre du temps, avoir l’envie et la curiosité. Vivez ce régime comme une expérience ludique : l’occasion de redécouvrir les saisons, de s’interroger sur la provenance des aliments et de discuter avec les producteurs », conseille Anne-Sophie Novel. Personne ne devient locavore du jour au lendemain, l’idée est d’adapter son alimentation progressivement et peu à peu tisser son réseau de fournisseurs. « En France très peu de gens n’ont pas accès à un jardin. Un peu de curiosité et on peut facilement faire pousser nos fruits et légumes », assure Louis Albert de Proglie, qui encourage les plantations dans son domaine le château de la Bourdaisière.
Le boom des circuits courts
De plus les circuits courts de distribution ne cessent de se développer en France. On compte entre 100 et 120 Amap en Ile-de-France. En rejoignant ces associations, vous achetez des produits locaux et bios à un prix équitable, dans une ambiance conviviale. « L’Amap où je suis, a été créée par une agricultrice qui possède une exploitation à Marne-la-Vallée. Une fois par semaine, elle vend ses paniers aux adhérents dans un lieu prêté », explique Julie Didier. Il est aussi possible de s’approvisionner directement à la ferme, l’agence bio met à votre disposition sur son site une liste de producteurs locaux. Le site des paniers bios recense lui les services de livraison de paniers bio dans un large secteur. Il reste les supermarchés bios (Biocopp, Naturalia…) dont il faut bien vérifier la provenance des produits. Et rien ne vous empêche d’aller sur les marchés, directement interroger les producteurs. Finalement le locavore n’est qu’un consommateur éclairé et averti des enjeux du XXIe siècle.
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c'est difficile de le faire, "se nourrir sans dépasser un rayon de 80 km", fini les litchis et les longane pendant la saison, les bananes plantains... J'évite d'en acheter tout le temps mais ce n'est pas évident
Bonjour, super le Bio, le Vert, l'éco.... Vous connaissez les 3 avantages du Le Bio Naturel à domicile ? - consommer autrement - récupérer le montant de vos achats - augmenter votre pouvoir d'achat Prenez quelques minutes pour écouter la petite vidéo d'infos sur : http://bionaturel267.blogspot.com bien cordialement Chantal
Mais pour l'apéro , comment fait on ? Fini le whisky , le bourbon et le gin ? Et fini le pinot gris avec les moules frites ?
Une initiative à encourager... Celle de L'échoppée locale qui offre également la possibilité d'avoir chaque semaine un panier francilien composé de produits primeurs et laitiers. Voir sur le site de la boutique www.echoppee-locale.fr Quand la production le permet privilégions la consommation locale qui non seulement réduit l'impact des transports sur l'environnement mais aussi maintien des petites productions souvent artisanales.
beaucoup de légume et je regarde souvent leur provenance sinon toujours laver éplucher .
C'est vrai que même en achetant aux locaux sur les marché , ça traine sur les étalages alors il faut les laver.
on s'empoisonne tous les jours , il faut juste s'améliorer pour retarder les échéances.
Je en connaissais pas ce site, mais il est difficile à cerner poour ce qui nous intéresse. Trop de diversité.
C afait longtempos que je vis avec les produits locaux du marché du coin.
Bonjour, Merci pour votre article. Je tenais à présenter le site www.oclico.com, qui propose plus de 400 produits locaux pour les habitants de Grenoble et de l'agglomération. Un site unique par la largeur de son offre : légumes et fruits à la carte ou en paniers, viande, fromage, laitage, oeufs, produits d'épicerie... A découvrir ! www.oclico.com
c est tellement mieux pour tout de manger local ,, autant que l on peux ,, economiquement et pour la santé aussi ,,,
C'est vrai que si on change nos habitudes en faisant travailler les maraichers locaux et les petits producteurs ils feront de plus en plus de produits pour diversifier et garder leurs clients.
Manger des produits locaux est une évidence quand on exige une certaine qualité , il va de soit que la proximité est garante de beaucoup de facteurs qui maintiendront la fraîcheur , et le bon état des aliments ...
Il est vraiment important de profiter de toutes ces offres et de tous ces produits frais cultivés jusqu'aux portes nos portes des villes ou en province. Les initiatives sont nombreuses pour relocaliser la production et faire que de nombreux maraîchers s'implantent. Tout cela est le résultat du Grenelle de l'environnement, et des décisions prises après. Les cantines de nos écoles sont de plus alimentés par les producteurs de la région ou du département même. Les AMAP sont souvent citées, mais d'autres associations oeuvrent aussi pour produire des produits de qualités, sains et cultivés de façon raisonnés en insérant chômeurs ou personnes dans la précarité. Ce mouvement ne peut que s'amplifier.... et n'oubliez pas les "petits paniers", retraités ou gens des campagnes qui vendent les surplus de leur jardin sur les marchés, ils le font de façon légales, encadrée , les goûts sont incomparables.
C'est certain que le marché est le vrai moyen de devenir locavor car les petits producteurs ou comme les retraités qui se font des compléments de revenus, prenez le temps aussi de discuter avec eux et ils sont de bons conseils pour les jardiniers ou aussi pour des recettes .