L'écologie serait-elle machiste?
Régression des femmes?
© Hervé Gyssels/ Photononstop
Le phénomène est loin d’être anodin. Chaque dimanche, les mamans garnissent leur cabas de fruits et légumes trouvés sur les étals de leur marché préféré. Purées et soupes cuisinées maison pour son bambin, la jeune mère de famille renoue avec un art de vivre digne de sa grand-mère.
Pourtant, cette nouvelle ère marquerait une régression pour la femme moderne, selon la philosophe Elisabeth Badinter. Avec pour présumée coupable, l’écologie. « L’allaitement ouvre sur une obligation de se soumettre à des pressions écologiques de plus en fortes. Couches lavables, refus des petits pots et de tout ce qui peut faciliter la vie des jeunes mères » souligne la femme de lettres (In Marianne, Novembre 2008). En somme, adopter la green-attitude conduirait directement à la case maison : l’allaitement qui revient en force, le bannissement des lingettes, l’utilisation des couches lavables, le ménage au vinaigre… autant d’actes « éthiques » qui condamneraient la vie professionnelle des jeunes mamans. La sociologue Dominique Méda rejoint ce courant : « la pression sociale, psychologique et écologique est telle que l’on détériore l’implication des femmes au travail » (In « Le temps des femmes, pour un nouveau partage des rôles », éd Flammarion).
Un dilemme pour les femmes d’aujourd’hui : continuer à travailler et rejoindre le camp des « mauvaises mères » et de surcroit peu respectueuses de l’ordre écologique ou quitter le monde de l’entreprise en passant plus de temps à la maison ?
Maman active et écolo, ça existe!
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Laure, jeune maman de 32 ans, a choisi. Directrice artistique en free-lance, elle est tombée dans la marmite bio il y a 3 ans. Convaincue qu’il est enfin temps de « se remuer », elle a opté pour les couches lavables – une corvée qui lui prend une demi-heure en moyenne par semaine -, fait pousser ses plants de tomate en été, et s’enferme dans sa cuisine dès qu’elle le peut… pour son plus grand plaisir. Et pour elle, hors de question de lâcher son travail. « Tout est question d’organisation. Lorsque j’allaitais, je tirais mon lait et préparais des biberons à l’avance que je congelais en prévision de mes rendez-vous professionnels ou de mes missions. »
Entre écologie, vie de famille et vie professionnelle, Laure n’a pas voulu choisir. D’autres voudraient lui imposer le choix. Ainsi le député vert Yves Cochet, vif partisan de la décroissance, a suscité la polémique au printemps dernier, en envisageant de diminuer les prestations sociales à partir du troisième enfant ! Il s’agissait de réduire l’empreinte écologique causée par les familles nombreuses en Europe. Parce qu’un enfant européen aurait un coût écologique équivalent à 620 allers-retours Paris-New/York, il faudrait, selon le militant écologiste, encourager les femmes à faire moins d’enfants. Et leur liberté de choix alors ?
Un retour aux sources encourageant
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Si certaines féministes s’inquiètent d’un dérapage qui conduirait la femme soit à s’arrêter de travailler, soit à s’arrêter de faire des enfants en jouant sur la culpabilité, la raison semble emporter les faveurs des mamans green.
Effectivement la protection de l’environnement et les précautions en matière de santé nécessitent des efforts et du temps, mais il s’agit d’un changement de mentalité et non d’un retour en arrière. Il suffit, pour s’en convaincre, de lire les conseils écolos de Terrafemina ! Donc pas d’inquiétude, personne ne vous demandera de vous éclairer à la chandelle en tricotant les chaussettes de vos petits !
En outre, on peut s’étonner que le courant féministe s’insurge de la sorte contre la vague verte. Les aménagements d’emploi du temps nécessaires au bien-être des enfants et de la planète doivent-ils nécessairement revenir à la femme ? Les hommes peuvent –et veulent de plus en plus souvent- cuisiner, changer leurs bébés, les promener, faire la cuisine… L’époque change, les mœurs aussi…. Et si l’écologie, justement, c’était la modernité ?
L'avis de C. Chabaud
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Interview de Catherine Chabaud, navigatrice et écologiste convaincue
Gérer au quotidien sa vie de mère famille et ses obligations professionnelles en ayant une conscience écologique, c’est possible selon vous ?
C’est tout à fait compatible, il faut simplement s’organiser. Mais de toute façon, avoir un enfant, c’est déjà de l’organisation. Cela passe par les installations, par exemple, j’ai investi dans une pompe à chaleur chez moi. C’est un geste qui me permet de réduire la consommation d’énergie, et j’en ai profité pour expliquer la démarche à mon fils. L’important, c’est de faire passer le message et de montrer l’exemple à ses enfants. L’écologie, ça n’est pas seulement utiliser des couches lavables et allaiter.
Les couches lavables, en avez vous utilisé ?
Les couches lavables sont un détail. J’y ai réfléchi, mais comme je suis nomade, la solution ne m’a pas semblé pratique. Cependant j’ai beaucoup d’amies qui ont opté pour ces langes, et les laver ne leur prend pas plus d’une demi-heure par semaine. En revanche je mets un point d’honneur à cuisiner des produits et des fruits et légumes de saison, mais le problème reste la disparition des commerces de proximité. J’habite dans un petit village, et je n’ai aux alentours qu’un supermarché dans lequel je ne trouve que très peu de produit bio. Je rêve de voir apparaître des petits commerces bios près de chez moi, cela me faciliterait la vie.
L’écologie renvoie-elle les femmes à la maison ?
Certainement pas ! Je ne m’étais même jamais posé la question!
Mais il me semble que pour permettre à chacun/chacune de respecter ses convictions écologiques, il faudrait favoriser la création des modes de garde comme des crèches d’entreprises. L’écologie ne renvoie pas les femmes à la maison, se sont les femmes -et les hommes- qui privilégient l’harmonie de la vie de famille, et l’écologie participe à cette harmonie.
ALLER PLUS LOIN :
Etes-vous une maman bio ?
Tout savoir sur le ménage écologique !

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Je mangeais des pommes, autrefois vendues sur les marchés par des paysan/nes, mille fois plus juteuses et parfumées que les pommes bio actuelles.
Les discours sur la "décroissance" me font frémir : à bien y regarder, ils prônent le "retour de la femme au foyer"...
Ceux de certains écologistes tablent sur la peur du futur, avec les dégâts causés sur la Planète par des irresponsables...
Encore une fois, les hommes se sont attribués le sujet et nous le resservent refroidi.
J'ai pris du recul et mon écologie à moi est toute simple : végétarienne (respectueuse des animaux et de la Terre, ...); tout ce qui concerne la liberté et le plaisir de vivre, sans blesser quiconque ; une spiritualité proche du chamanisme...
Inutile de renverser brutalement la façon de cuisiner:certaines femmes,avec un métier ont su ne pas se laissser emporter par la cosommation aveugle:simplicité et qualité des produits,c'est tout.
moi je pensais non mais en lisant l'article je pense que oui !!! c'est dommage
je ne comprends pas l'allusion entre le fait d'avoir un discours écolo et de renvoyer les femmes à la maison. pour moi, ce ne sont pas de choses corrélées.
Je crois que Mme Elisabeth Badinter jongle avec deux casquettes: philosophe féministe et actionnaire de Publicis . Si ce n'est pas du conflit d'intérêts cela lui ressemble fort... Elle ne peut pas être contre la société de consommation car ce serait scier la branche sur laquelle est assise. Dommage ! J'ai bien aimé son livre "L'amour en plus", où elle remettait en cause l'instinct maternel. Mais son dernier ouvrage, non alors !
C'est bien difficile de juger tout ceci avce ce qui se passe maintenant...
Je ne sais plus trop quoi penser exactement avec tout ce que je viens de lire, je suis un peu perdue.
Pourquoi faire culpabiliser des femmes qui parfois n'ont pas d'autres choix , elles ne peuvent pas toutes avioir des congés parentaux pour élever leur enfant.
L'écologie est tout à fait compatible avec la double vie des femmes. Il faut lui accorder un peu de temps mais guère plus. Une bonne organisation permet d'y arriver
Pour faire des geste sque vous appelez écologistes , nul n'est besoin de rester à la maison , j'ai toujours travaillé et lavé les couches des petits, mais aussi fait le jardin et autre choses dans la maison , l'un n'empeche pas l'autre.
Le machisme est entretenu par la culture en général et l'écologie n'a rien a voir la dedans , la peur de passer pour une mégère parce que le conjoint fait la vaisselle est plus que largement dépassé , et la peur de passer pour un ringard parce que monsieur est attentif à sa conjointe l'est tout autant ...
Je pense que maintenant la grande majorité des hommes n'est plus macho, ils aident davantage car maintenant tout le monde travaille alors un couple partage les tâches.
et bien ça dépend de la génération et de l'éducation qu'ils ont reçu, mon mari ne m'aide pas du tout dans les taches ménagères