Par
Candice Satara-Bartko
- Publié le 3 mai 2010
5
2
Votre prochain métier sera-t-il vert ?
Un créneau porteur
Le développement durable serait-il le remède à la crise ?
Une étude réalisée en juin dernier par le Boston Consulting Group* estime que le Grenelle de l'environnement générera 450 milliards d'euros d'activités, et plus de 600 000 emplois d’ici 2020. Le Ministère de l’écologie s’est emparé du sujet et a annoncé, lors de la Conférence nationale sur les métiers de la croissance verte en début d’année, un vaste plan de mobilisation en faveur de 11 emplois verts (transport, énergie renouvelable, agriculture, bâtiment tri des déchets…). Il a prévu un investissement de près de 370 millions d’euros pour les formations et les métiers dans ce domaine.
De toute évidence, malgré la crise, la filière verte reste donc très dynamique. Mais pour quelles raisons? Depuis le Grenelle de l’environnement 1, l’Etat a donné une impulsion forte à ce secteur, en instaurant des normes environnementales bien précises, concernant notamment la construction de logements neufs ou l’énergie. L’objectif étant de diviser par 4 l’émission des gaz à effet de serre en France, toutes activités confondues, d’ici 2050.
La hausse du prix du pétrole incite également les entreprises à recourir aux technologies alternatives. Quant au consommateur, il est de plus en plus sensibilisé à l’écologie, ce qui pousse de nombreuses entreprises à innover dans ce secteur.
Du côté des étudiants et des salariés en reconversion ou non, l’intérêt pour les métiers verts n’a jamais été aussi fort. Les diplômes actuels attirent chaque année plus de 40 000 inscrits. Envie de préserver la planète, d’aider les populations défavorisées ou de donner un sens à son métier…, 52% des Français se disent aujourd’hui intéressés par une formation liée aux métiers du développement durable.
* Le Boston Consulting Group est un cabinet international de conseil en stratégie.
Mirage ou miracle ?
Pourtant, il est clair que le développement durable ne saurait à lui seul sauver l’emploi et qu’il demeure quelques limites à la flambée des greens jobs.
Dans son rapport remis fin janvier sur les emplois générés par la croissance verte, le COE (Conseil d’orientation pour l’emploi) nuançait le chiffre de 600 000 emplois créés d’ici 2020 et mettait en avant la complexité de la tache, pour faire de ces créations potentielles d'emplois, une réalité. En effet, ce chiffre est conditionné à la réalisation de l’ensemble des programmes du Grenelle de l’environnement.
Or, le projet de loi Grenelle 2 qui est examiné en ce moment signe entre autres l'abandon de la taxe carbone et le durcissement des conditions d’implantation des éoliennes... la route s’annonce donc semée d’embûches.
Vers quels métiers faut-il se tourner ?
Chef de projet éolien, responsable développement durable, commercial en géothermie… des dizaines de nouveaux emplois relatifs au développement durable ont vu le jour ces dernières années. Envisager une formation dans un métier vert peut ainsi se révéler un très bon choix. Mais quels sont les profils les plus recherchés ?
« Dans le secteur des énergies renouvelables, les chefs de projets éoliens, photovoltaïques, biomasse, éolien off shore sont des postes très demandés », constate Fatine Dallet, Manager Exécutif green business chez Michael Page, le premier cabinet de recrutement Français. Leur fonction est centrale: ils pilotent toute la mise en place du projet, de l’appel d’offre jusqu’à la réalisation de l’ouvrage.
Le commercial en énergies renouvelables, l’ingénieur efficacité énergétique des bâtiments, l’expert bilan carbone et le responsable développement durable, font également partie des métiers les plus recherchés par les employeurs.
Et à côté de ces nouvelles disciplines, des métiers traditionnels se « verdissent » et voient leurs compétences s’étoffer, comme le juriste orienté développement durable, l’ingénieur en efficacité énergétique, le contrôleur financier ou bien l’informaticien. Ce qui est sûr, c’est que désormais tous les métiers existants sont envisagés sous le prisme du développement durable. Une bonne nouvelle !
Un recrutement pas toujours évident
« Le problème, c’est l’inadéquation entre l’offre et la demande », estime Anne-Catherine Husson-Traore, directrice de Novethic, média expert sur le développement durable.
Le secteur des énergies renouvelables manque de profils spécialisés sur l’éolien off shore, le photovoltaïque, alors qu’il y a de plus en plus de demandes. En effet, les entreprises qui se positionnent sur ces filières, commencent à obtenir des permis de construire, et le manque d’ingénieurs maitrisant ces techniques se ressent. Surtout qu’ « il faut avoir de l’expérience, souligne Fatine Dallet, Manager Exécutif green business chez Michael Page ; on recherche des personnes qui ont suivi des projets du début à la fin ». Or on le sait, chaque technologie a son degré de maturité : plus une filière est récente, plus il est difficile de recruter des personnes opérationnelles.
A contrario, sur certains postes les candidats sont trop nombreux, et parfois leurs métiers ne correspondent pas au marché de l’emploi. La faute à une offre de formation particulièrement importante.
Le défi de la formation
En toile de fond se trouve donc la problématique de la formation. Pour atteindre l’objectif de 600 000 emplois à l’horizon 2020, le COE (Conseil d’orientation pour l’emploi) préconise dans son rapport « un plan Marshall de la formation ». Autrement dit, il est grand temps de s’assurer que les formations sont bien adaptées aux enjeux actuels. Et ce n’est pas une mince affaire, « le développement durable est une matière complexe, en mutation constante et où il y a une multitude de pratiques », explique Anne-Catherine Husson-Traore directrice de Novéthic.
Pendant longtemps, les cursus ne correspondaient pas aux attentes de ce marché : « au lieu de se concentrer sur l’opérationnel, on a formé des jeunes gens à la théorie », poursuit Anne-Catherine Husson-Traore. Le problème, c’est que bien souvent les entreprises recrutaient en interne pour ces fonctions liées au développement durable. Des basiques solides et un goût pour le sujet suffisaient, et des dizaines de candidats fraîchement diplômés, n’ont pas trouvé d’emplois.
Les choses changent. Les formations initiales sont complétées par des formations en continue, qui s’adressent aux salariés en poste et aux professionnels. Des cursus plus spécialisés apparaissent, pour répondre à la demande des entreprises : « Les écoles commencent à développer des modules spécifiques qui permettront aux ingénieurs d’être opérationnels directement à leurs sorties d’études », ajoute Fatine Dallet, Manager Exécutif green business chez Michael Page.
Désormais, la nécessité d'intégrer les enjeux du développement durable est reconnue tant par les grandes écoles, que par les universités, et cela sur tout le territoire français. Depuis peu, c’est au tour des entreprises de financer des formations correspondantes à leurs métiers : Euromed Management a lancé une chaire de recherche « Achats Durables et Socialement Responsables » avec Sodexo, la Sncf et l’Occitane. Incontestablement, la France cherche à combler son retard et l’Etat a pris à bras le corps la question de la formation.
Et vous, quand allez-vous « verdir » votre carrière ?
Novethic, média expert du développement durable, publie depuis 2004 un guide sur les formations vertes, de la licence aux masters spécialisés, jusqu'aux chaires, centres de recherche et offres de formation continue. On recense plus de 200 formations sur ces nouveaux métiers qui gravitent autour du concept de développement durable. Parmi elles, les écoles de commerce, d’ingénieurs et les grandes écoles (polytechnique, Essec, SC-Po Paris…), proposent des chaires (enseignements) spécialisés sur des problématiques liées au développement durable, accessible après un bac +3, bac +5. Les universités (Paris Dauphine, université de Rennes, Marne la vallée…) délivrent des DU (diplômes universitaires) spécifiques à l’environnement et offrent une multitude de mastères spécialisés accessibles après un bac+5, et destinés tant aux étudiants en fin de parcours qu'aux actifs souhaitant enrichir leurs connaissances.
La formation continue se développe de plus en plus pour combler le manque de main d’œuvre. L’AFPA (Association nationale pour la formation professionnelle des adultes) est le seul organisme en France à proposer à l’ensemble de ses stagiaires (salariés et demandeurs d’emploi) des modules de formation avec une dimension développement durable.

-






Il est temps de créer de nouveaux marchés porteurs,bravo.
Je crois qu'on en parle beaucoup mais il n'y a pas assez d'action ( pour moi .
Mon prochain boulot sera plutôt dans le social, je pense que le peuple en a plus besoin et c'est plus concret pour moi.
Beaucoup d'informations que je ne savais pas, merci
C'est bien que ce domaine se développe et offre des métiers nouveaux et plaisants, merci pour toutes ces informations.
Bien , si tout les projets intégraient le facteur écologique avec sérieux , je pense que le bien être général serait un des bénéfices non négligeable , car il me semble qu'un bel environnement est porteur d'énergie et de dynamisme .
J'aurai bien aimé faire un tel métier qui soit plus proche de la nature c'est génial pour nous et pour la planète de s'occuper de tout ceci.
ha pas pour moi ,, mais je fais attention autant que faire ce peu de ne pas denaturer ce qui ml entoure ,,,,
mon métier l'est déjà, en quelques sortes . . . . . . . .. . . . .. . . . . . .. . .. . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . ..