Campagne présidentielle locale : « cela m'a arrangée de voir arriver Marine Le Pen au FN »

Campagne présidentielle locale : « cela m'a arrangée de voir arriver Marine Le Pen au FN »
Campagne présidentielle locale : « cela m'a arrangée de voir arriver Marine Le Pen au FN »
Avocate, ancienne conseillère juridique, 46 ans et mère divorcée de 4 enfants, Muriel Coativy a plus d’un point en commun avec Marine Le Pen. Jeune encartée FN, elle mène la campagne au niveau local pour les législatives de Lyon, briguant la 12e circonscription du Rhône. Rencontre avec une militante du Front national « bien dans (se)s baskets ».
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Terrafemina : A moins de 6 semaines de l’élection présidentielle, quelle est votre action au quotidien au niveau local pour le Front national ?

Muriel Coativy : Au FN on ne peut pas organiser grand-chose. Les soirées de débat ou de présentation sont très difficiles à mettre en place : l’opposition vient systématiquement les perturber en organisant des manifestations de protestation. Nous devons mettre en place un système de sécurité plutôt conséquent, ce qui demande du temps, de l’énergie et surtout des moyens financiers. Par ailleurs, beaucoup de sympathisants sont encore réticents à se présenter à des réunions publiques et à y être vus, de peur de subir des représailles par la suite. Mon action se résume donc essentiellement à du tractage. Nous distribuons des tracts dotés de coupons réponses qui permettent aux électeurs de demander à rencontrer un responsable du FN pour discuter. Je suis par ailleurs très présente sur les marchés. Là aussi, cela demande à être nombreux pour des raisons de sécurité, et le problème se pose à nouveau de trouver des militants qui acceptent de revendiquer à visage découvert leur soutien au Front national. Donc même au niveau local, beaucoup de la communication repose sur celle effectuée par Marine Le Pen à l’échelle nationale. Je tente également d’être visible sur Internet, via mon blog et Facebook et  je joue sur le réseau associatif en assistant aux conseils municipaux des communes.

Tf : Comment votre parcours vous a-t-il amené à vous investir au sein du Front national jusqu’à vous présenter pour les prochaines législatives dans la 12e circonscription du Rhône ?

M.C. : J’ai toujours voté Front national pour les élections européennes, je suis très américaine dans l’âme à ce sujet et n’ai jamais été pro-Europe par rapport au modèle qu’on nous impose aujourd’hui. En 2007 j’ai voulu voter utile en donnant ma voix à Nicolas Sarkozy, j’ai été bernée par son discours sécuritaire et je l’ai bien regretté. J’ai été démarchée aux municipales de 2008 pour contrer le maire sortant en rejoignant une liste apolitique de droite « Ensemble pour Sainte-Foy », j’ai été élue conseillère municipale. Après avoir siégé à quelques conseils municipaux,  j’ai démissionné de ce poste en juin 2008 car la liste s’est retrouvée encartée MoDem. Mais j’avais développé un vrai goût de la politique locale. Après m’être investie de longues années en tant que bénévole dans différentes associations, j’avais envie de mener des actions qui auraient plus d’ampleur. En 2010, j’ai pris ma carte au FN et ai contacté la fédération du Rhône pour apporter mon aide. Je me suis alors présentée aux élections cantonales de mars 2011 sur le canton d’Oullins où j’ai remporté 17,80 % des votes.

Tf : L’arrivée de Marine Le Pen a-t-elle changé votre regard sur le FN ?

M.C. : Cela a facilité ma démarche d’adhésion au Front, m’a permis de passer le pas et de me justifier par rapport à ma famille. J’ai baigné dans un climat familial foncièrement anti-Le Pen, avec des parents pour qui Jean-Marie Le Pen était le diable. Cela ne m’a pas empêchée de lire le programme du Front national et de me rendre compte qu’il me parlait sur de nombreuses propositions et valeurs. Mais cela m’a arrangée de voir arriver Marine Le Pen au parti. J’apprécie beaucoup son tempérament de femme battante, qui défend son père, qui va jusqu’au bout de ses combats. C’est une femme de son époque. Quant à Jean-Marie Le Pen, on retient facilement ses grandes phrases provocatrices qui ont fait débat, mais je reste admirative devant cet homme qui a su mener son parti jusqu’à près de 20% des intentions de vote.

Tf : Vous vous présentez comme une femme indépendante, très attachée à la question des femmes. Que pensez-vous des propos de Marine Le Pen sur l’IVG de confort ?

M.C. : Je suis en effet très sensible à la question des femmes et c’est d’ailleurs le premier point que j’ai regardé dans le programme du Front national lorsque je me suis encartée. Marine Le Pen n’est pas contre l’avortement et ne reviendra pas sur ce droit. Reste que je ne suis pas tout à fait d’accord avec ses propositions. Même si  je pense effectivement qu’au niveau du planning familial le seul choix que l’on donne aux jeunes filles est « avortement ou avortement », ce qui est regrettable, je ne suis pas pour la solution du déremboursement. Selon moi cette proposition ne résout aucun problème. L’avortement est un acte assez traumatisant pour la femme, ce n’est pas la peine d’y ajouter une sanction financière. Je souhaite vraiment que les femmes puissent conserver ce droit et qu’il ne soit pas lié à des capacités financières. Je suis également gênée quand Marine Le Pen estime que la contraception devrait empêcher les avortements. Les chiffres le montrent : une grande majorité des femmes qui ont recourt à l’avortement ont déjà un moyen de contraception. Il y a en revanche une éducation à faire, je suis contre l’IVG comme fatalité, je pense qu’on pourrait réduire le nombre d’avortements. Et là je suis à 100% derrière tout ce que propose Marine Le Pen.

Tf : Un sondage Médiaprism fin janvier montrait que Marine Le Pen arrive en deuxième place des candidats les mieux à même de « promouvoir l’égalité des sexes » avec 15% des sondés, derrière François Hollande. Quelle est votre réaction ?

M.C. : Cela prouve que les mentalités évoluent, que les Français prennent le temps de lire son programme. Le fait qu’elle soit une femme est certainement très important : elle a une bonne connaissance de ces problématiques. D’ailleurs, je vois au niveau local que les femmes sont de plus en plus nombreuses à rejoindre le rang des électeurs du FN. Ce sont souvent des mères de famille, qui sont touchées par les propositions de Marine Le Pen touchant à la sécurité, à l’école… Le FN est vraiment le plus à même de défendre les femmes : par exemple les femmes musulmanes, qui ne sont pas à égalité avec leurs voisines. Ces femmes sont abandonnées à leur sort, elles doivent porter le voile et n’ont pas de réelle liberté de mouvement. Je pense que l’excès de tolérance engendre l’intolérance… Et sur ces points, je fais confiance à la fermeté de Marine Le Pen pour faire avancer les choses.

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