Procès du Mediator : Servier veut un renvoi

Le Mediator, médicament commercialisé entre 1976 et 2009 en France par les laboratoires Servier, serait à l'origine d'au moins 1 300 décès. Un procès doit s'ouvrir lundi prochain à Nanterre pour tromperie aggravée. L'avocat du géant pharmaceutique veut obtenir un renvoi.


Me Hervé Témime, l'avocat des laboratoires Servier, doit présenter deux questions prioritaires de constitutionnalité (QPC) dès l’ouverture du procès du Mediator lundi à Nanterre. La première porte sur le délai de prescription en matière de tromperie et la seconde sur la difficulté d’être jugé pour des faits similaires à Paris et à Nanterre. Il espère gagner du temps et obtenir un renvoi du procès même si la seconde QPC a peu de chances d'aboutir, la demande de regroupement des dossiers ayant été refusée en juin dernier. Si ces requêtes juridiques sont rejetées, il s’appuiera sur d’autres points de droit très techniques qu’il préfère pour l’instant réserver au tribunal correctionnel de Nanterre. En dernier recours, il demandera des expertises supplémentaires et une nouvelle enquête plus poussée.

Pour rappel, 145 millions de boîtes de Mediator ont été vendues avant son retrait en novembre 2009. Le médicament des laboratoires Servier, censé régler les problèmes de surpoids chez les patients diabétiques, était prescrit dans deux cas sur trois comme simple coupe-faim. Il aurait provoqué de graves atteintes des valves cardiaques ou valvulopathie entraînant hospitalisations, opérations et même décès. Les victimes sont en cours d’indemnisation mais la procédure pénale devrait se poursuivre, que ce soit à Nanterre ou à Paris.

Laure Gamaury

Source : AFP
Crédit photo : AFP/Archives

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