Par
Marine Deffrennes
- Publié le 25 novembre 2011
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Violences conjugales : « J'ai failli tuer mon ex-femme », Frédéric Matwies
« J'ai failli tuer mon ex-femme, Sabrina ». C'est la réponse que donne Frédéric Matwies lorsqu’on lui demande pourquoi il a écrit ce livre au titre assez explicite : « Il y avait un monstre en moi » (paru aux éditions Michalon). Cette « confession d’un ex-mari violent » ne se veut pas un plaidoyer en faveur des hommes meurtris par leur enfance ou rongés par quelque traumatisme, pour justifier l’injustifiable, mais une prise de parole qui pourrait s’avérer utile pour mieux comprendre, prévenir, repérer et « soigner » la violence dans le couple. « Je veux montrer qu'on n'est pas condamné, qu'il y a des solutions pour retrouver une vie normale », explique Frédéric Matwies. Sorti du cycle infernal de la violence grâce à une thérapie de groupe, il regrette qu’on ne porte pas plus les efforts sur ce versant-là de la violence conjugale, et avoue se sentir concerné lorsqu’il lit les chiffres dans la presse : en France une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son compagnon, 675 000 femmes ont subi des violences en 2008 et 2009… Pas mal à l’aise, « j’ai dépassé le stade de la culpabilité », dit-il, mais soucieux de contribuer autant que possible à faire bouger les choses, il ose tout dire, au risque de laisser ses filles de 13 et 14 ans, découvrir des scènes dont il a encore honte.
Quand la violence devient un rituel
« Qu’est-ce que la violence conjugale ? La très grande majorité de vos interlocuteurs répondra que « c’est lorsqu’un homme tape sur sa femme ». La réponse est bien plus complexe que cela. La violence conjugale naît d’un enchaînement infernal, comme un cyclone qui emporte tout sur son passage », lit-on dans ce récit-confession. Pour Frédéric, cela commence par des reproches et des mots blessants dès les premiers mois de sa relation passionnelle avec Sabrina. La première véritable relation amoureuse dans la vie de ce garçon plutôt renfermé, « faible », « insaisissable pour son entourage, parfois sanguin, et qui ne comprenait pas lui-même ce qui ne tournait pas rond. » Un jour où elle manifeste l’envie de rompre, il « explose », la gifle à plusieurs reprises et la roue de coups, « elle me supplie d’arrêter mais je continue [de cogner], plus rien n’existe autour », écrit-il. Frédéric explique qu’après cette première scène, il commence à culpabiliser moins, et le rituel de la violence s’installe : elle lui pardonne à chaque fois, et souvent, ils font l’amour « sauvagement et sans tendresse, comme pour réparer les dégâts ».
Jusqu’au dernier coup
Pascal Couderc*, psychologue spécialiste du couple à Paris, confirme l’importance du premier épisode de violence : « A partir du premier coup, l’agresseur intègre l’acceptation de sa « victime », et cela lui permet de recommencer, c’est pourquoi le meilleur message de prévention est d’inciter les femmes à porter plainte dès les premières violences ». L’ancien mari violent en vient à regretter que sa compagne n’ait pas porté plainte plus tôt, au lieu de le laisser aller toujours plus loin. Un jour c’est un mégot qu’il lui écrase sur la cuisse, une autre fois, enragé, il lui enfourne des déjections de lapin dans la bouche. Après, il s’excuse, il s’en veut. Mais « le monstre en veut toujours plus », écrit-il. Jusqu'au jour où il commet l’irréparable. Pour M. Matwies, c’est un coup de couteau, qu’il freine au dernier moment et qui blesse Sabrina au bras, au lieu de la tuer. La garde à vue et la prison avec sursis servent d’électrochoc.
« J’ai apprivoisé le monstre »
Comparer ses pulsions à un monstre serait courant chez les auteurs de violences conjugales, « ils parlent comme si quelque chose en eux d’incontrôlable agissait à leur place, mais cette vision des choses n’est pas forcément la bonne », explique Pascal Couderc. « Il ne s’agit pas d’un autre être à extirper, mais plutôt d’un penchant à domestiquer, et de limites à intégrer. » Le tribunal ne lui impose pas, et c’est donc de lui-même que Frédéric décide de suivre une thérapie de groupe. Eprouvante, mais salutaire. « On apprend à raconter, on se met à nu, on expose la violence et on écoute celle de l’autre, cela nous renvoie à notre propre image », raconte-t-il. Frédéric refait surtout le chemin en sens inverse, pour trouver ce qui lui fait mal, comprendre le « mécanisme de sa violence ». Il redécouvre son histoire familiale, et celle de Sabrina, avec qui il parvient à avoir de longues discussions. Elle a été victime de violence dans sa jeunesse, et peine à se stabiliser psychologiquement, « je ne veux surtout pas rejeter mes responsabilités sur elle, mais je sais désormais que dans cette histoire, il y avait des ingrédients à ne pas mélanger ». La thérapie lui a donné le recul qui lui manquait pour éviter « d’appuyer sur les touches sensibles » et apprendre à « demander de l’aide », relève Pascal Couderc, pour qui la démarche d’écriture prouve à quel point Frédéric est sorti de ses difficultés.
Huit ans après sa garde à vue, Frédéric vit avec ses filles, dont il a obtenu la garde exclusive. Séparé de Sabrina, il aborde avec circonspection la moindre relation amoureuse. « Je me teste » dit-il, « mais si je sentais de nouveau cette boule dans mon ventre, je saurais faire face. »
Frédéric Matwies, « Il y avait un monstre en moi », éditions Michalon, 17 euros.
*Co-auteur avec Pacale Chapaux-Morelli de "la manipulation affective dans le couple - Faire face à un pervers narcissique" (Albin Michel)
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- Il y a 2 min





Je ne pourrais pas lire ce livre car franchement payer pour savoir ce que cette femme et ces enfants qui eux moralement ont vécu non merci.
J'ai vu son témoignage au journal télévisé, dans un premier temps cela m'a choqué, et finalement peut etre que ce livre réveillerait un peu ses hommes maltraitants ? et que rien est finalement perdu ? qu'ils peuvent devenir des nons violents ? En revanche pourquoi il a la garde exclusive ? et lors de son témoignage télévisé, l'argent du livre irait à son ex femme.
C'est très courageux d'avoir témoigné. Cela ne peut qu'aider non seulement les victimes mais aussi les hommes violents qui ne verbalisent pas forcément leur problème. Il me semble que l'on pourrait enrayer tôt cette violence si l'on mettait plus de moyens pour aider les enfants en souffrance.Les problèmes sont en effet souvent décelables dès l'enfance. Enfant renfermé, arrivant difficilement à communiquer, Frédéric Matwies n'a reçu l'aide d'un psychologue que pendant une année (si je me souviens bien), un suivi jusqu'à des résulats aurait été nécessaire. Il y bien eu disfonctionnement. Malheureusement c'est trop souvent le cas. Trop de personnes en souffrance sont abandonnées en route pour x raisons, dont le manque de personnel spécialisé et le manque de moyens. On préfère sans doute mettre en place une politique répressive au final stérile plutôt qu'une politique de prévention.
C'est impressionnant le nombre de timbrés de ce genre qui vivent en France...
La thérapie de groupe a une efficacité limitée dans les dysfonctionnements psychologiques graves, elle ne peut étre que le début de guérison. J´ai plus de confiance dans sa propre démarche thérapéutique, l´écriture de ce livre.
J'ai entendu son interview hier, c'est pas un courageux , même s'il s'est calmé et vit normalement, c'est une honte de réduire sa femme à néant de la sorte, il l'a battu , bafoué et même mutilé, (brûlure de cigarettes, coupures diverses sur le corps...j'en passe) c'est une horreur et pour moi il ne devrait certainement plus avoir le droit de raconter ces choses là. Même s'il regrette , c'est trop facile d'être un monstre et de dire j'ai changé , une fois qu'il a démolli sa femme. Des gens comme ça devraient plutôt faire profil bas. Mais pas expliquer ses horreurs qui vont être ressenties une fois de plus par sa femme et sa famille .
Ce type me donne envie de "VOMIR" Ces monstres ne guérissent jamais!
Je suis attérée par les commentaires. Selon vous, l'être humain ne peut pas changer ? On nait avec un comportement, on le conserve toute sa vie? N'avez vous pas évolué? Ce qui ont souffert de blessures, de modèles inadaptés etc.. n'ont-ils pas pu évoluer, modifier des comportements qui s'expliquent?
le pire pour moi , c'est qu'il va se faire du pognon grâce à son livre , c'est une honte se serait plutôt à sa femme d'écrire et de gagner l'argent !moi je l'achète pas son livre!
je n'ai aaps lu le livre mais c'est peut être intéressant de voir le processu de "l'autre coté", espérons qu'il se repente vraiment et que son livre l'aide à évoluer
Parler, témoigner, sortir du non-dit,... a toujours du bon : de cette manière il y a matière à réflexion. Les hommes violents m'indisposent, me révulsent et à la première démonstration de violence je stoppe toute relation. Ce qui me choque dans le témoignage c'est que le tribunal ne lui ait pas imposé cette thérapie de groupe et qu'il ait la garde "exclusive" des ses filles qu'il a maltraitées pendant des années. Sa femme a été victime de ses violences et pour conclure il lui enlève leurs filles (????) : aucune explication dans le texte. La violence de ne plus voir ses filles me fait penser au coup final : un coup mortel qui ne se voit pas, qui ne s'entend pas (il ne dit pas pourquoi), qui passe (presque) inaperçu... Encore une fois, que fait le tribunal ?
maintenant qu 'il a reduit sa femme a néant , il va en plus gagner de l 'argent avec la vente de son livre , peut etre va t 'il tous lui donner !!!
je n'aurai même pas voulu me faire interviewer, il ferait mieux de rester dans son coin, je n'aurai jamais confiance en un tel homme, j'aurai toujours un doute
Trop facile de rejeter les coupables d'actes monstrueux en les taxant de "monstres" incapables d'évoluer ! C'est sans doute une réaction de défense devant l'horreur, mais les "monstres" sont des humains comme nous et il est important de savoir ce qui les a fait déraper. Alice Miller en son temps avait analysé l'enfance d'Hitler pour comprendre sa personnalité (comment la maltraitance qu'il avait subi enfant avait contribué à forger sa névrose). Plus récemment "La part de l'autre" d'Eric Emmanuel Schmitt imagine le parcours du même Hitler s'il avait suivi à temps une thérapie. C'est dommage qu'en France, contrairement à certains pays, on n'incite pas les hommes violents à se soigner (en parallèle à leur condamnation pénale). Ce que dit Frédéric Matwies est très vrai: il faut porter plainte pour que la loi dise l'interdit du passage à l'acte. Il reste un détail que je n'ai pas compris dans l'article: pourquoi a-t-il obtenu la garde exclusive de ses deux filles ???
on ne peut pas tout analyser.....
Un livre qui doit etre interressant même si j'ai du mal avec le concept que cet homme soit mis en avant car a saplace j'aurai honte et me ferait tout petit au lieu de raconter tout ça
Voilà un bel exemple de courage car il faut oser en parler et une preuve de rédemption
Moi ce genre de personnage m'insupporte un peu car c'est peut être bien de reconnaitre ses tords et d'en faire un livre mais moi je ne trouve pas car en attendant sa femme a souffert de tout ça et en souffrira encore .