Société
USA : la « honte » infligée aux femmes qui souhaitent avorter
Publié le 20 avril 2012 à 11:13
Dans l'Etat de Virginie aux Etats-Unis, les femmes qui veulent avorter devront bientôt subir une échographie au préalable, voire même regarder des images du fœtus et écouter son cœur. Des dizaines d'Etats américains ont adopté ce type de mesures anti-avortement, jugées cruelles et insultantes par les féministes.
USA : la « honte » infligée aux femmes qui souhaitent avorter USA : la « honte » infligée aux femmes qui souhaitent avorter


A compter du 1er juillet 2012, les femmes de l’Etat de Virginie (USA) seront invitées à mesurer la portée de leur geste lorsqu’elles feront le choix d’avorter. Elles devront subir une échographie la veille de l’interruption volontaire de grossesse, et se verront proposer par leur médecin de regarder des images du fœtus et d’écouter son cœur. En votant cette loi, censée aider les femmes à prendre une décision « bien informée », la Virginie devient le 8e Etat américain ayant imposé ce genre de conditions à la pratique de l’acte d’IVG.
En Virginie, si l’échographie leur sera imposée, les femmes concernées auront néanmoins la possibilité de refuser de voir le fœtus ou d’écouter son cœur. Une chance que n’ont pas les Texanes, qui subissent déjà toutes ces contraintes, forcées d’écouter aussi les recommandations de l’Etat sur les risques de l'avortement pour la santé, les modalités d'allocations maternité et les possibilités d'adoption.

« Une loi pour faire honte aux femmes »
Les féministes dénoncent la cruauté de ces mesures, « c'est tout simplement une insulte faite aux femmes et aux médecins », déclare à l'AFP Rosemary Codding qui dirige le Falls Church HealthCare Center (Virginie), un centre de santé qui réalise un millier d'avortements par an. « C'est une intrusion totale du gouvernement dans le cabinet médical, avec un seul objectif, continuer à faire honte aux femmes et les rabaisser », ajoute-t-elle. « Cela confirme ce que nous racontent beaucoup d’associations dans des pays où l’avortement est autorisé, y compris en Europe », réagit Caroline de Haas, fondatrice du mouvement « Osez le féminisme », « l’IVG n’est plus remise en cause de manière frontale, mais insidieusement les lobbys religieux mènent une offensive de fond pour faire passer des amendements sur la reconnaissance de la vie du fœtus par exemple. »

L’IVG menacée aux Etats-Unis
Aux Etats-Unis, cette nouvelle loi vient s’ajouter à une longue liste de mesures remettant en cause le droit à l’avortement. Désormais, 32* Etats américains refusent de rembourser l’avortement sur les fonds publics, dans 46 Etats sur 50 les établissements de santé sont autorisés à refuser de pratiquer l’IVG, et 19 Etats ont légiféré sur les conseils à donner aux femmes sur les risques de cancer du sein, de souffrance du foetus ou de dépression en cas d'avortement. Pour contrer cette vague anti-avortement, des élus de différents Etats répondent par l’absurde en déposant des projets de loi comme l’examen rectal avant toute prescription de Viagra, ou l'interdiction de la masturbation masculine car tout sperme est sacré…
*Chiffres issus du Guttmacher Institute cité par l’AFP

La bataille interminable des féministes
« Il faut compter sur les mouvements féministes qui connaissent partout un certain renouveau avec des jeunes femmes qui s’engagent et mobilisent le Web dans des actions décalées », suggère C. de Haas. Dernièrement, les femmes britanniques ont réussi à prendre d’assaut Twitter et à créer le buzz pour dénoncer la remise en cause du droit à l’avortement. En France, les propositions de Marine Le Pen pour dérembourser l’IVG n’ont pas manqué de mobiliser la Toile, mais « les féministes ne sont pas assez nombreuses pour empêcher la fermeture des centres IVG quand c’est la logique économique libérale qui domine », regrette C. de Haas. Depuis 10 ans, plus de 150 centres IVG sur 700 ont été fermés en France.

Crédit photo : iStockphoto

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Par Marine Deffrennes | Rédacteur
Marine Deffrennes, rédactrice spécialisée dans les sujets de société sur le site terrafemina.com
Mots clés
Société Monde droits des femmes
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