Par
Marine Deffrennes
- Publié le 11 février 2011
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Chine : l’ère des femmes
Chine : l’ère des femmes
Yue Yue a 25 ans. Pendant ses études à l’université de Schenzen, elle a pris un job à temps partiel dans une agence de wedding planner. Une fois diplômée elle a créé sa propre agence et gère aujourd’hui plus de 200 clients. Des réussites comme celles-ci, la Chine en voit tous les jours. Entrepreneuses ou cadres supérieurs, les femmes chinoises participent et profitent largement de la croissance économique exponentielle de leur pays. Selon les chiffres du cabinet d’audit Grant Thornton International, 8 sociétés chinoises sur 10 emploient des cadres supérieurs féminins –contre 5 sur 10 dans l’Union Européenne. Le dernier classement du magazine Forbes révèle que sur les 14 femmes devenues milliardaires sans avoir hérité d’une fortune familiale, la moitié est née en Chine. Les anciennes femmes aux pieds bandés auraient-elles un secret ?
Championnes de la motivation
Pour Linda Xinrong Kausch, sino-allemande auteure du livre « The China Dream », les femmes de l’Empire du Milieu se démarquent à coup sûr des Occidentales par leur volonté de réussir : « Notre pays est en train de changer à une vitesse incroyable, et les femmes veulent saisir leur chance. Elles sont fortes, motivées et très flexibles, elles n’ont pas peur d’être mutées ailleurs et se focalisent en premier sur leur vie professionnelle. » Cette ambition est partagée par la majorité des femmes : 77% des Chinoises travaillent – elles sont moins de 50% en France-, et malgré les disparités de salaires et toutes les inégalités qui minent encore ce pays-continent, 75% d’entre elles aspirent à obtenir un poste de cadre en entreprise. Une revanche à prendre ? Pas vraiment, ce serait plutôt « l’envie de réaliser le rêve de leur mère : l’indépendance », explique Linda Xinrong Kausch. « La génération de ma mère devait travailler par obligation, sans la possibilité de choisir un métier, aujourd’hui c’est possible et il n’y a personne pour les en empêcher. »
Photo : couverture du livre « The China Dream »
La moitié du ciel pour elles
« La Chine est un pays où il fait bon être une femme », déclare sans ambages Linda Xinrong Kausch, qui prépare actuellement un livre sur les femmes chefs d’entreprise les plus riches de Chine. Et l’histoire lui donne presque raison. Quoiqu’on en pense, le communisme chinois impose une égalité formelle entre les hommes et les femmes dès 1949, et le droit de celles-ci au travail. Mao déclare alors que les « femmes soutiennent la moitié du ciel », il ne croit pas si bien dire... En 1979, sous l’impulsion des Réformes qui ouvrent le pays à l’économie de marché, elles obtiennent la liberté de choisir leur activité. « A ce moment-là il s’est produit un déblocage », explique Thierry Pairault, chercheur au CNRS, « les femmes ont pris davantage d’autonomie. Elles ont enfin eu le choix et les privilégiées ont tout de suite commencé à étudier. »
Photo : Linda Xinrong Kausch
La réussite des petites filles uniques
« Pour une fille, il vaut mieux naître à Pékin que dans les zones rurales », explique Thierry Pairault. En effet, dans un pays communiste qui l’est de moins en moins, la croissance se fait forcément à deux vitesses, et les écarts entre la campagne et la ville se creusent toujours. La politique de l’enfant unique mise en place dans les années 70 dans les métropoles a plus ou moins épargné les paysans : « dans ces familles nombreuses, les parents investissaient sur le ou les garçons, et l’éducation des filles était sacrifiée », note Thierry Pairault. En ville, les parents qui n’ont « qu’une seule chance » n’ont pas d’autre choix que de pousser leur fille comme ils l’auraient fait avec un garçon. « L’éducation est une des valeurs phares de ce pays, quand elles en ont les moyens, les familles amènent leurs enfants très loin », observe Florence Samson, française expatriée en Chine depuis plus de dix ans. Arrivée à Shanghai en tant que directrice générale de Veuve Cliquot, elle a vite compris que les femmes avaient pris le train en marche : « Je sentais une grande énergie, une volonté de réussir vite. La Chine a cet esprit pionnier qu’on ne retrouve pas au Japon par exemple. » En 1978, les universités chinoises accueillaient déjà 24% de femmes. Trente ans plus tard, la moitié des étudiants chinois sont des étudiantes.
Plus studieuses que les garçons
« Le nombre de femmes inscrites dans l’enseignement supérieur, les universités et les écoles professionnelles continue d‘augmenter. A tel point qu’elle surpassent le nombre d’hommes dans certaines formations comme le droit ou la médecine », remarque le professeur Nandani Lynton, qui enseigne dans la prestigieuse China Europe International Business School (CEIBS), première école de commerce à proposer des MBA (Master of Business Administration) en Chine. Ces formations tardives - la moyenne d’âge est d’environ 38 ans- attirent de plus en plus de femmes (37% pour la promotion 2010 de CEIBS). Plus nombreuses, mais aussi plus douées, les étudiantes raflent la majorité des bourses d’état : plus de 32000 filles en ont obtenu une en 2006, contre un peu plus de 17000 côté garçons, selon les statistiques du ministère de l’Education. Des auteurs chinois commenceraient même à s’inquiéter de cette suprématie des filles dans les études : « Le système éducatif a été accusé de favoriser les filles. Il récompense en effet l’obéissance, l’acceptation des conseils, la répétition et la mémorisation, à laquelle les filles s'adaptent plus facilement », relève le Professeur N. Lynton.
Photo : Nandani Lynton
Heureuses en solo ?
La génération Y –née dans les années 80-, n’aurait-elle que l’ambition pour se nourrir ? Rien n’est moins sûr. Nandani Lynton estime que « les femmes de cette génération continuent de soutenir les valeurs familiales traditionnelles, et fonder une famille reste une priorité pour la plupart. » Néanmoins le taux de célibat et de divorce est en progression constante dans les grandes villes comme Shanghai, Pékin, Canton ou Shenzhen : « d’un côté il y a une grande pression qui est mise sur le garçon, explique le Pr. Lynton, qui face à une femme qui a conquis son indépendance, doit avoir un bon job, un appartement et une voiture. Et d’un autre côté, comme dans bien d’autres cultures, la plupart des hommes préfèrent épouser des femmes qui ont moins de diplômes qu’eux… » D’où le choix assumé ou contraint de profiter seule d’une vie confortable. « Contrairement à leurs mères les jeunes femmes chinoises portent plus d’attention à leur qualité de vie, explique Linda Xinrong Kausch, elles sont très ouvertes et ne veulent surtout pas risquer de perdre leur indépendance aux côtés d’un mari de la vieille école. » Dans un pays qui ne compte que 100 femmes pour 106 hommes, le vieillissement de la population sera la grande découverte de la Chine au XXIème siècle.
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bravo les femmes . si seulement les femmes françaises avaient un peu plus d'ambition
C'est vraiment un très bonne article, c'est vrai que les femmes sont aussi très entreprenantes !
c'est bien ça: "l'ère des femmes", méme si je ne sais pas si c'est si vrai
Comme tout système, tout n'est pas à jeter dans le communisme. Il y a de bons côtés, l'égalité hommes/femmes en est un. Mais une partie me dérange un peu : "Il récompense en effet l’obéissance, l’acceptation des conseils, la répétition et la mémorisation, à laquelle les filles s'adaptent plus facilement », relève le Professeur N. Lynton." Cela tendrait à dire que les femmes font plus facilement le mouton... :o(
Je rejoins dame do , dans son analyse pertinente et sage , le communisme devrait avoir l'avantage de limiter les inégalités même si ce système mérite la virulente critique des démocrates.
Ces femmes sont très motivées et font en sorte de se donner deux fois plus pour y arriver dans leur vie professionnelle.
Les chinoises ,n'arriveront jamais au pouvoir les hommes les considère pas assez bien .
C'est tout à fait réaliste et moi aussi ce réalisme me dérange.
Il y a si peu de liberté dans ce pays là, le seul droit fondamental semble être celui de vivre pour travailler . . . . .
Les femmes chinoises de amintenant portent plus d’attention à leur qualité de vie c'est certain et elels vivent quand même un peu mieux que les générations d'avant.
peu à peu la condition des femmes tend à s'améliorer bien que le pays soit peu enclin à l'ouverture
les petites filles uniques... il y a une sorte de coutume dans ces pays là, qui consisterait à tuer l'enfant s'il s'agit d'une petite fille, car elle serait moins "utile"...
Les petites filles dont parle linelu sont aujourd'hui des business women et leur réussite fait plaisir à voir, une revanche en quelque sorte sur le passé!
il faut bien qu'ils s'y fassent, il y a plus de filles que de garçons, et ils ne peuvent pas toutes les massacrer, non . . . . .
La Chine se réveille certainement et s'ouvre sur le monde mais vraiment très doucement et même si c'est bien les femmes ont encore du temps avant de pouvoir grimper sur l'echelle sociales.
Une fille moins utile... il est certains qu'ils ont trop de femme, mais si il y avait trop d'hommes, auraient ils faient de meme ??? tuer .... je ne pense pas.