Les femmes, avenir de l’économie mondiale

Les femmes, avenir de l’économie mondiale
Les femmes, avenir de l’économie mondiale
Dans cette photo : Christine Lagarde
Elles en ont du moins le potentiel. Car même dans les pays occidentaux, le plafond de verre demeure une réalité et leur taux d’emploi ainsi que leur salaire est inférieur à celui des hommes. Dans les pays moins avancés, la place des femmes dans l’économie et la société peut être un combat de tous les instants, alors qu’elles sont une source de croissance considérable. Et c’est Christine Lagarde qui le dit.
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Les femmes au travail, facteur de croissance

Fin septembre, sous la houlette de sa directrice, Christine Lagarde, le Fonds monétaire international, a publié une note sur « les femmes, le travail et l’économie ; les gains macroéconomiques à attendre d’une égalité des sexes ». Une démarche pas si commune. En effet, les conclusions de l’institution sont formels : les principaux enjeux économiques d’aujourd’hui pourraient, au moins en partie, être résolus par une plus forte intégration des femmes à la vie active.

« Les femmes constituent un peu plus de la moitié de la population mondiale, mais leur contribution aux chiffres d’activité, de croissance et de bien-être économique est nettement inférieure à leur potentiel », analysent les huit économistes ayant contribué à l’étude. A l’échelle mondiale, les femmes ne représentent en effet que 40% de la force de travail officielle. Si l’on compte le travail au noir et non rémunéré, cette part augmente substantiellement. Ces éléments démontrent, s’il faut encore le prouver, qu’il n’existe pas de réelle égalité des femmes dans les différentes sociétés.

À l’appui de ce triste constat, de fortes disparités régionales existent. En Extrême-Orient, les femmes comptent pour 63% de la force de travail. Alors qu’au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, régions où l’émancipation des femmes est souvent totalement niée, elles ne représentent que 21% de la main d’œuvre. Une situation désastreuse sur le plan humain et social, mais aussi économique. D’un point de vue très pragmatique, le PIB des pays n’employant que faiblement les femmes se trouve contracté de plusieurs points, soit une sérieuse entrave au développement.

Un pays comme le Maroc a par exemple entamé une dynamique visant à défendre la place des femmes dans la vie socio-économique de la nation. La constitution marocaine a été modifiée par le roi Mohammed VI afin de faire progresser l’égalité entre les sexes. Et Bassima Hakkaoui, ministre de la Femme, de la Famille et du Développement social, entend prolonger ces efforts avec le Plan pour l’égalité des sexes 2012-2016. A cet égard, un fonds de soutien à l’entreprise féminine a été créé. L’objectif est d’abaisser les obstacles à la formation et à l’accès aux financements. Le gouvernement marocain s’est donc engagé à créer un partenariat entre les pouvoirs publics, le secteur privé et la société civile.


Coopération régionale en Méditerranée

Au plan régional, l’Union pour la Méditerranée (UpM), composée de 43 pays liés à la Méditerranée par leur situation géographique ou leur appartenance à l’Union européenne, a également fait de l’émancipation économique des femmes une de ses priorités. En 2013, l’organisation a ainsi lancé un premier projet intitulé « Jeunes femmes, créatrices d’emplois ». Aidées par leurs paires, plusieurs centaines de jeunes diplômés ont pu bénéficier d’aides à la création d’entreprises, depuis l’élaboration de leur business plan jusqu’aux sources de financement. Dans ce cadre, le 8 octobre dernier, 100 jeunes femmes palestiniennes se sont réunies à Ramallah pour un atelier de travail. Il visait à les former et les motiver à prendre une part active à la vie économique.

Lancé en 2012, un autre projet – « Employabilité des jeunes femmes » – défend l’accès à l’emploi pour celles n’ayant pu intégrer une université ou ayant des lacunes dans leur formation. De nombreuses jeunes femmes peuvent ainsi acquérir des compétences additionnelles et être mieux préparées pour intégrer le marché du travail. Plus récemment, un troisième programme a été élaboré par l’UpM, visant à développer l’autonomie des femmes en faisant progresser le principe d’égalité des sexes dans toute la zone méditerranéenne. Pas un effet d’annonce mais la mise en œuvre concrète de cette ambition articulée autour de trois piliers : le développement d’un centre de connaissances sur ces questions, la mise en place d’une plateforme d’échange d’expériences entre tous les acteurs économiques ou institutionnels dans le domaine de l’autonomie des femmes et l’égalité des sexes et enfin la mise en œuvre de projets de proximité ciblés pour aider les femmes les plus démunies.

Les 11 et 12 septembre dernier, la France a accueilli la conférence ministérielle de l’UpM sur cette thématique à Paris, tandis que le Forum économique sur la Méditerranée occidentale, qui doit se tenir à Barcelone le 23 octobre prochain, devrait également aborder ces questions. Ce « Dialogue 5+5 » portera sur le rôle de l’Ouest de la Méditerranée dans l’économie mondiale. Autant d’occasions d’œuvrer pour le développement économique et social d’une région et de défendre une cause mondiale qui nécessitera certainement encore de nombreuses années d’efforts.