Par
La rédaction
- Publié le 18 février 2010
17
5
« Laissées pour mortes » : les victimes témoignent
« Laissées pour mortes » : le lynchage des femmes de Hassi Messaoud
© Arnaud Meyer
Rahmouna et Fatiha, deux Algériennes que la vie n'a pas épargnées.
Rahmouna a connu le mariage forcé, la violence conjugale, le divorce puis, sans ressources, l’errance avec trois enfants sur les bras. Fatiha s’est mariée à dix-neuf ans. Quatre mois plus tard, alors qu’elle tombe enceinte, elle devient veuve. Lorsqu’elle accouche, son bébé lui est volé pendant la nuit, dans son lit d’hôpital. Que s’est-il passé ? Elle ne le saura jamais.
Fatiha et Rahmouna, deux femmes qui ont tout quitté, désespérées, à la recherche d’un salaire décent. Elles sont venues vivre à proximité du chantier de Hassi Messaoud, une ville perdue dans le désert algérien où les entreprises pétrolières s’implantent peu à peu.
Fatiha s’installe dans un quartier populaire qui jouxte le bidonville où habite Rahmouna ; cet endroit, c’est El Haïcha, « la bête sauvage » en arabe algérien, un toponyme terriblement évocateur. Dans ce quartier, elles vont connaitre l’horreur.
« Ce soir-là, tout était permis ! »
Il était minuit. En cette nuit du 12 au 13 juillet 2001, comme chaque soir, Rahmouna et Fatiha étaient chez elles, dans leurs domiciles du bidonville d’El Haïcha. Nul n’aurait pu prédire les violences qu’elles allaient subir.
A la suite du prêche virulent d’un imam intégriste, près de 500 hommes se ruent dans la ville de Hassi Messaoud. Ils viennent « nettoyer la ville des femmes impures », c'est-à-dire de toutes celles qui travaillent mais qui vivent seules, « portant hijab ou pas ». Pour ces hommes, ces femmes sont des prostituées et donc une menace pour la sérénité de la communauté.
Fatiha sera la première victime de cette « expédition punitive ». Frappée, brûlée, violée, les hommes « l’ont enterrée jusqu’au cou […] avec du sable et des dalles de trottoir arrachées », la frappant à la tête à coups de pieds. Lorsqu’une voiture de police approche, les hommes fuient.
Rahmouna aussi subira la folie de ces hommes. Elle raconte : « Ils étaient une cinquantaine à barrer toute la route entre chez nous et les voisins. […] Ils se dirigeaient tous vers moi. Qui supplier ? Ils me promettaient les pires insanités. […] J’ai senti un coup de couteau déchirer mon ventre. Le sang a jailli avec une violence qui m’a surprise ». Une fois encore, les agresseurs se sont échappés lorsque la police est arrivée.
Ce soir-là, toutes deux sont « laissées pour mortes ».
Le combat judiciaire
Peur des représailles, de l’humiliation publique, du mépris de leurs familles, après cette nuit de cauchemar beaucoup de victimes se taisent. Le joug social et le poids des traditions feront plier les victimes. Depuis presque neuf ans, des dizaines de femmes vivent dans le silence et la honte.
Mais certaines refusent de se résigner et exigent la condamnation des coupables ; Rahmouna Salah et Fatiha Maamoura se sont battues jusqu'au procès.
En 2004, trois hommes sont condamnés à des peines de prison - huit, six et trois ans respectivement - tandis que six autres sont acquittés. Vingt-cinq autres hommes, absents lors du procès, sont condamnés par contumace ; ces coupables-là courent toujours. Rahmouna et Fatiha craignent chaque jour d'en croiser un dans la rue.
Petite note d’espoir pour Rahmouna et toutes les femmes de son pays, en Algérie de plus en plus de personnes se mobilisent pour inculquer « aux enfants et aux jeunes […] le respect de l’autre et les valeurs de l’égalité entre hommes et femmes » la tâche n’est toutefois pas simple car les défenseurs des droits des femmes « ont beaucoup moins de moyens que les intégristes ».
Ainsi concluent les victimes : « Le chemin sera long pour qu’il n’y ait plus jamais d’autre Hassi Messaoud ». Une phrase qui retentit comme une alerte…
Infos pratiques
Laissées pour mortes. Le lynchage des femmes de Hassi Messaoud
Un témoignage de Rahmouna Salah et Fatiha Maamoura, paru chez Max Milo Editions
256 pages, 18 euros
En savoir plus :
Rahmouna Salah et Fatuha Maamoura sont actuellement en France. Vous pourrez les rencontrer vendredi 19 février de 19h à 21h lors d’une soirée débat à Paris. Nadia Kaci, traductrice et co-auteur du livre « Laissées pour mortes » sera également présente. Retrouvez toutes les informations en cliquant ici !
Le gouvernement français s’engage à lutter contre les violences conjugales, retrouvez notre article à ce sujet.
Comment vivent les femmes sur les autres continents ? Découvrez (ou redécouvrez !) notre rubrique Femmes dans le monde !
Laura Jeanneau
Vous pouvez acheter Laissées pour mortes - Le lynchage des femmes de Hassi Messaoud sur Amazon

-

- Il y a 4 min 




j'en ai la chair de poule ! merci pour ce récit...
Je rejoins le commentaire de Nams, une narration des plus poignantes. Première réaction: "Ah elles sont de passage à Paris? Vite, il faut que j'aille les rencontrer, leur apporter mon soutien...!" Malheureusement le calvaire de ces femmes est loin d'être un cas isolé, combien se reconnaitront dans leur récit? A la différence peut-être, et là est réellement le plus inconcevable et le plus obscur, c'est que Rahmouna et Fatuha sont les victimes d'une violence "sacralisée". Et amèrement, (nous connaissons l'acte suprême qui "élèvent" les ultra-intégristes musulmans), un jour leurs bourreaux seront glorifiés comme des martyres...
Au 21ème siècle les femmes sont encore victime de la violence organisé par des hommes de religion comment ne pas être horrifiée par de tels actes ... courage à elles et espérons qu'elles soient enfin écoutées et leurs agresseurs punis.
voila ..je voulez commenté ce livre comme tous le mondes..m'lheureusement ce livre et plein de monsenge et jai vraiment la rage contre les propos de ce livre ..jai etait la ba quand ya eux cette evenement ..jai travaillé 7 ans a hassi messaoud ..j'etait la ba ce jour la ...c'est vraix que ya eux des derives par certeins indeveidue envere ces femmes qui sont pas pour toutes des saint marie au hidjab ..; ce jour la le hasard face que la priere du vendredi ya eux un sujet oui etait nonloin relatife a la populations qui n'errétté pas de se plaindres de ces femmes qui fonts pour la plus part la honte de l'algerie ..parceque a part eux ya des familles qui vivent la ba avec leur enfants leur simplicité de vie et qui sont croyants ils aimes voire leurs villes manipullé par ces femmes a soifé d'argents par tous les moyens et qui vendent leur corps j'aunais beaucoup vue d'elles ...alors ya eux seulement le ralboles des vraix citoyens de hassi et je les comprend ..pour le reste ..la derives etait de coté de certeins indevedue comme je l'avais dit et qui ont rien avoir avec ça il sont profité pour agréssé ces femmes ....je confirme que ce livre et un grand monsenge elle a trop dramatisé la choses pour que ça se vend bien ...;la verité et ailleure ....désolé pour les fautes de frappes inssi que c'elle d'hortographe ....
Je voudrais répondre à Narval 06. Je suis choquée par vos propos, vous avez l'air de justifier la violence faite aux femmes, et de vouloir minimiser le drame " la dérive de certains individus". Sachez que rien n'excuse la violence, et que si ces femmes comme vous dites "assoiffées d'argent" faisaient commerce de leurs corps, c'était leur problème, avait elle d'autres solutions pour vivre ? Vous êtes vous posé ce genre de question avant de condamner et de crier aux mensonges. Encore une fois vous donnez l'image d'une Algérie puritaine et extrémiste, c'est bien dommage. Je soutiens complément leur combat, et je souhaite qu'elles reçoivent tout le soutien nécessaire dans notre démocratie, qui elle ne donne pas raison aux hommes tortionnaires.
Rien ne peut justifier un tel déchainement de violence et de barbarie.Nous sommes soit-disant en terre musulmane où des valeurs comme compassion et tolérance doivent avoir du sens.Ces femmes ne méritaient pas un tel traitement et une telle sauvagerie.Dans notre pays malheureusement la femme a toujours été la seule préoccupation négative de l'homme et aucune ne trouve grâce à leurs yeux que leur mère et encore elle est au service du fils et du mari ainsi que de toute la famille.Ces hommes élévés dans la haine de la femme l'ont pourtant été par des mères donc par des femmes qui ont perpétué cet état de fait.Reveillez-vous les femmes maghrebines !eduquez vos garçons dans l'amour de la Femme ,dans le respect de la soeur ,de l'amie.Cela ne déclenchera pas la colère de Dieu car c'est de cela qu'il s'agit:les frustrés de tous bords ,vicieux et libidineux se cachent derrière la religion pour justifier des comportements préhistoriques.Une pensée pour certains hommes qui, en Algerie malgré ce climant d'hystérie envers les femmes ont toujours défendu leur cause et ont été présents à leurs côtés.Une pensée également pour Rahmouna ,Fatiha des victimes de ces barbares mais qui cachent des milliers d'autres femmes victimes qui restent dans l'anonymat .Nous sommes toutes des Rahmouna et des Fatiha.
Tout dabord je voudrais expimer toute ma tristesse devant de tels évenements. je crois que le mot tristesse n'est pas assez fort de ce qu peut ressentir un etre humain devant une agression barbare, sauvage et hors du temps. Je voudrais exprimer également ma honte d'appartenir à ce monde arabo musulman, fait de barbarie, de haine contre les femmes et violence.
Ces évènements sont terribles et émettre l'idée que cela n'a jamais existé c'est honteux. Je toruve que ce livre est un très beau et très courageux témoignage. Il en faudrait plus comme ça. Merci à Ramounha et fatiha d'avoir eux le courage de témoigner sur les violences que certains hommes leur ont infliger. Si ça peut permettre à d'autres hommes y réfléchir ! bravoooooooo
Même si je n'appartiens pas à la communauté algérienne, je me sens touchée, révoltée, abasourdie par ce déchainement de haine injustifiée. Cette histoire, dépasse les limites du supportable pour tout être humain. Et c'est en cette qualité (d’appartenir à cette grande communauté que représente la race humaine), que je me joints à vous, pour soutenir le combat ainsi que le courage de ces femmes, véritable héroïne du monde arabe!!!
en fait en lisant l'article je me suis bien sur souvenu du titre du livre, j'n avais vaguement entendu parler ! c'est une sitution térriblement grave! et tellement inouie !
Terrible histoire, courageuses femmes.Pourquoi ne sommes nous pas plus solidaires entre nous, quelques soient les origines.Hier, en France, une jeune Marocaine qui à voulu porter plainte contre les violences physique de son frère , chez qui elle s'était réfugiée pour echapper à un mariage forcé, à été renvoyé à sa famille au Maroc. Bravo et encore: quelle tristesse !!!
Comment peut-on commettre de telles horreurs au nom de la religion alors que celle-ci qui prône le respect de l'autre ? C'est incompréhensible. J'ai honte parfois d'appartenir au genre humain. Rien en peut justifier une telle violence et certainement pas la religion. En tant que mères, nous nous devons d'inculquer à nos enfants le respect de l'autre, à nos fils le respect de la femme et surtout les aider à développer le sens du libre arbitre, l'esprit critique afin de ne pas être aveuglés par des comportements de meutes de chiens fous. La seule porte de sortie est il me semble l'éducation. Merci à ces femmes pour ce récit de courage. La résistance continue
c'est vrai c'est vraiment triste mais c'est jamais fini car les femmes subissent des humiliations de partout dans le monde et chaque jour il des femmes qui sont battue ou violés .... c'est terrible mais il faut faire quelque chose pour changer la situation de la femme dans le monde entier et dans les pays pauvre en particulier.
Des faits horribles,,,,ce qu'on appelle en arabe dialectal "El Hogra",,,ces femmes n'ont eu qu'un seul tort,,,vouloir vivre "normalement": avoir un travail, une vie familiale,,,Comment peut on agir ainsi, face à des femmes sans défense,,, A vous"chers hommes",,venu un soir briser des vies de femmes, telles que vos mères, vos soeurs, vos femmes,,,ou avez vous laisser votre "Redjla" ce soir du mois de juillet??? Courage à ces "GRANDES DAMES",,,,Que le bon Dieu tout puissant, vous aide à avancer dans vos vies,,,Inchaallah
j'ai acheter ce livre par hasard ya deux jours je n'es pas pu m'arreter des que j'ai commencée felicitions a ces deux femmes qui ont eu beaucoup de courrage pour temoigner c'est affreux se qu'elles ont vecu il n'y a meme pas de mots pour décrire cela honte a ces hommes ces laches qui se croivent supperieurs toutes mes pensées vont vers ces femmes et celle de l'anonymat qui ont peur de parler dire qu'on aient au 21e siecles et que les hommes se croivent a l'age de pierre!!!!changer ca c'est le devoir de chacuns!!!j'ai deux fils et j'espere qu'il aimeront leurs femmes avec des roses et non avec des coups!!!!bon courage a toutes!!!!
Quelle horreur pour ces femmes courageuses, quelle déchéance pour ces hommes qui n'en sont pas. Encore les femmes, ces héroïnes, ces martyres. Regardez le Congo, voyez l'Algérie mais aussi tant d'autres pays du Tiers Monde. Pourtant ce ne sont que les mères qui peuvent changer les mentalités, les traditions barbares, éveillez le coeur des futurs hommes à la tendresse, à l'humanité. Je garde l'espoir et prie pour toutes les femmes du monde, les mères de cette terre à la dérive.
je viens d'acheter ce livre et je suis horrifiée je n'en avais pas entendu parler en 2001.Ces hommes ne méritent pas l'appellation d'êtres humains ils se situent encore au dessous de l'espéce animale .Que les femmes qui en France revendiquent le voile et la burka lisent ce livre et se réveillent afin que votre combat ne soit pas inutile .je vous admire énormément et j'aimerai qu'une organisation humanitaire mondiale et reconnue puisse vous épauler .merci de votre témoignage