Par
Marie-Laure Makouke
- Publié le 5 octobre 2011
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Sima Samar : Prix Nobel de la paix 2011 ?
A 54 ans, Sima Samar pourrait être la détentrice du prochain prix Nobel de la paix. Cette ancienne militante d’extrême gauche est aujourd’hui présidente de la Commission indépendante pour les droits de l’Homme en Afghanistan. Tour à tour médecin, vice-présidente de la République d’Afghanistan (à titre provisoire) et ministre de la condition féminine, elle se bat depuis 40 ans pour que les Droits de l’Homme soient également appliqués aux femmes afghanes et malgré les menaces de mort dont elle est régulièrement victime, cette égérie de la cause féminine refuse de se détourner de son combat. Interview.
Terrafemina : Comment avez-vous reçu cette nomination pour le Nobel de la paix 2011 ? Si vous le remportez, pensez-vous que ça changera quelque chose dans votre combat quotidien ?
Sima Samar : Je remercie les personnes qui m’ont nominée pour le prix Nobel de la paix ; c’est la reconnaissance de la souffrance des femmes en Afghanistan. Si j’obtiens cette distinction, elle m’encouragera à poursuivre mon travail, me fera bénéficier d’une certaine protection. Surtout, pour une fois, on parlera du pays en termes positifs, pour annoncer une bonne nouvelle et non en raison des violences qui l’agitent.
TF. : Quelle est la situation dans votre pays concernant les droits des femmes ? S’est-elle vraiment améliorée depuis la chute du régime Taliban en 2001 ?
S. S. : Bien sûr, on a pu noter quelques améliorations depuis la chute du régime Taliban, mais il reste encore beaucoup de travail à accomplir. Le jour où, en Afghanistan, toutes les femmes auront accès aux services sociaux élémentaires, jouiront pleinement de leurs droits socio-économiques et seront traitées avec dignité, alors nous pourrons dire que les droits des femmes sont respectés. Mais nous n’en sommes pas encore là. L’égalité des droits que la Constitution accorde aux femmes doit désormais être appliquée sur le terrain.
TF. : Quels sont les principaux obstacles que vous rencontrez sur le terrain ?
S. S. : Le manque évident de volonté politique en ce qui concerne la valorisation des femmes, qui représentent pourtant la moitié de la population en Afghanistan, est un véritable obstacle. En effet, la plupart du temps, ces dernières sont ignorées ou dénigrées. La non-application des lois est également un problème majeur, tout comme le fait de prétexter le respect de la religion ou de la culture afghane pour empêcher la communauté internationale de s’intéresser de plus près à la condition féminine dans le pays. Enfin, conséquence de longues années de répression et de violence, les femmes afghanes n’ont pas accès à l’éducation et manquent de confiance en elles.
TF. : Quelle est votre priorité cette année ?
S. S. : Permettre l’égalité entre les citoyens, l’accès à la justice et mettre un terme à la culture de l’impunité sont ma priorité. Je ne crois pas que la paix soit possible sans justice, elle ne serait qu’éphémère. Le principal ordre du jour consiste donc à instaurer une paix durable en Afghanistan.
Crédit photo : The Advocates for Human Rights
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Heureusement que des personnes comme Sima Samar ne lache pas... et croit au changement... je ne savais pas rien de cela... c'est merveilleux qu'il soit arriver a faire ses changements...
Je ne suis pas vraiment d'accord avec elle...
C'est à dire ? Dis-nous en plus ? Tu n'es pas d'accord avec le fait qu'il faille oeuvrer pour le respect des droits de l'homme ? Ou tu n'es pas d'accord avec l'idée que la paix ne peut durer que grâce à la justice. Ou tu n'es pas d'accord sur le fait que certains se drapent derrière leur "exception culturelle" pour justifier la tyrannie envers une partie de leur population ? Je serais curieuse de savoir ce sur quoi ton opinion diverge de la sienne. C'est comme ça qu'on lance des débats et des échanges constructifs !
Je me souviens de cette image, dans un journal télévisé, d'une femme enveloppée d'une niqab bleue, les yeux cachés derrière un grillage de tissu, assise dans le coffre de la voiture conduite par son mari... comme un paquet ou une chose sale... Je me souviens d'un journaliste très connu, scandalisé en annonçant la destruction de statues géantes sculptées dans la roche, patrimoine de l'Afghanistan et demeuré indifférent à la vue de cette femme dans le coffre de la voiture... J'en ai eu des sueurs froides : comment un homme français n'avait-il pas été scandalisé par la façon dont on traitait cette femme ? Plus tard, j'ai vu aux informations un taliban exécuter froidement une femme en niqab. Cette femme a soulevé le bas de ce vêtement-prison pour dévoiler sa cheville (dernier acte rebelle pour sa liberté)... et il l'a abattue en l'insultant. Comme j'ai aimé cette femme ! Alors, merci aux femmes telles que Sima Samar : elle fait que les femmes traitées de façon inhumaine soient libérées du fléau de la haine et de l'ignorance. J'espère que Sima Samar aura ce prix Nobel !