Les Haïtiennes et la pub

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Publié le 30 avril 2008

Dans la chronique de paroles de femmes, Darline Cothière se révolte contre l’image des Haïtiennes dévalorisée par la pub.
L'image des Haïtiennes dévalorisée par la pub


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Une lutte de longue haleine contre la publicité sexiste en Haïti

 

Une récente publicité de la Brasserie Nationale d’Haïti (BRANA) montrant sur une affiche géante les fesses d’une femme tenant une bouteille de bière à la main a indigné les haïtiennes. Le président de l’entreprise n’en démord pourtant pas, il continuera de faire de la « publicité hardie ». De leur côté, les associations féministes veulent le retrait de la publicité.

« Diminuer une femme à l’état de fesses, et associer cette image à des produits réputés masculins, laisse croire qu’en consommant la bière, on peut avoir accès à l’objet qu’est la femme », considère la porte-parole de la Coordination Nationale pour le Plaidoyer des Femmes (Conap), Myriam Merlet.

Dans ce conflit, les féministes ont gagné, le « placard » a été retiré.

 

Cet exemple est loin d’être le premier et les associations, Conap en tête, n’hésitent pas à faire des « raids » dans les rues pour inscrire « le corps des femmes n’est pas une marchandise » sur les publicités humiliantes pour les femme

s, quand elles ne parviennent pas à les faire retirer.

 

Ce ne sont pas les seules images de femmes dénudées qui sont en cause mais toutes celles où les femmes apparaissent comme vecteur vers le produit. Ainsi, une autre publicité incriminée montre en gros plan la tête d'une femme, les yeux cachés par des lunettes noires, tirant sensuellement la langue. Rien d’osé, ont argué les créateurs, certes, mais la pose lascive et la mise sur le même plan de la femme et du produit sont autant de preuves de ce « principe sexiste qui veut que le corps des femmes soit utilisé comme faire valoir pour des produits commerciaux » répond le Conap.

 

De telles publicités sont la cause d’une recrudescence de la violence envers les femmes. Par leur exposition comme marchandises, les femmes deviennent aussi accessibles que des bouteilles de bière sur un rayon.

 

Le débat est devenu plus difficile, les associations féministes étant souvent taxées d’ « extrémisme » et leurs revendications considérées comme inconsistantes. Le mot du président de la BRANA fustigeant les « ligues féministes en mal d’occupation réelle » n’est malheureusement pas une opinion isolée. Mais grâce au lancement officiel par le MCFDF d’une campagne de lutte contre l’instrumentalisation du corps des femmes dans la publicité et le monde du spectacle, les féministes sont de nouveaux considérées.

 

Suite à cette campagne et aux différentes actions engagées par les féministes, les maires de certaines grandes villes, comme Tabarre, se sont engagés à « réglementer l’affichage public, la vente de produits pornographiques et l’exploitation sexuelle en général ». Mais pour que le changement soit réel, la bonne volonté doit aussi être du côté des entreprises, notamment celles de produits typiquement masculins et sexistes... la BRANA par exemple !

 

 

C.D.

 

 

 

Darline Cothière

Candidate au doctorat de Didactologie des langues et des cultures à la Sorbonne, Darline Cothière a travaillé en Haïti comme enseignante et directrice pédagogique d’école auprès d’un public féminin. Elle enseigne le français langue étrangère (FLE), à la Maison des journalistes, depuis 2004.

Par rapport à ses recherches, elle participe, occasionnellement, à des projets de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) dans les Caraïbes et l’Océan indien, sur le partenariat des langues et la didactique adaptée du français.

 

Ce qui m’indigne aussi l’utilisation du corps de la femme à des fins commerciales. On incite la population à consommer en lui présentant un produit quelconque associé à l’image d’une femme nue. Donc, le corps de la femme est relégué au même niveau que le produit, utilisable et donc jetable. Ce n’est pas l’image en tant que telle qui avilit mais l’usage qu’on en fait.

Il est vrai le problème des stéréotypes sexuels existe dans beaucoup de pays. Mais en Haïti, les femmes en subissent trop lourdement les conséquences. Je pense que c’est par l’éducation et par des actions concrètes du gouvernement haïtien qu’on parviendra à changer cette situation pour garantir l’émancipation de la femme dans la société haïtienne.

Voir aussi :  femmes    monde    haiti    droits des femmes   
 

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2 commentaires

isa169 - 05/03/10 08:26
encore du sexisme même dans la publicité!!!
country33 - 16/09/13 13:31
C'est tout de même assez flagrant de voir que dans ces pays là aussi on a trop de sexisme et que les femmes ne sont plus rien.

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