Par
Marine Deffrennes
- Publié le 22 novembre 2010
10
3
Femmes battues : un foyer pour reprendre pied
L’enfer et l’isolement
« Il y a certains couples qui se rencontrent et c’est pour la vie, moi je suis tombée sur un monstre, un mauvais numéro ». Acha, 50 ans, dit avoir traversé l’enfer pendant deux ans. L’homme qu’elle a rencontré et suivi jusqu’en Normandie, était alcoolique. Elle le découvre à ses dépens lorsque, installée loin de chez elle avec sa fille de 8 ans, il pointe pour la première fois son fusil de chasse sur sa nuque. « Sale noire », « sale pute », Acha vit sous les insultes et les humiliations, « au début ça allait, il s’excusait le lendemain, mais il est devenu de plus en plus violent, un jour je suis revenue de chez le coiffeur avec des rajouts, il m’a arraché les cheveux. » C’est grâce à sa fille que le premier signalement a lieu : en novembre 2007, au cours d’une dispute il menace de lui « éclater la tête », « ma fille a pris mon portable et est sortie de la maison pour appeler les gendarmes ». Ce n’est que 6 mois plus tard qu’elle trouve le moyen de partir. Logée chez une tante pendant 3 jours, celle-ci la met à la porte, la mère et sa fille dormiront quelques nuits sur le pallier, avant qu’une assistante sociale les amène au foyer Louise Labé. « On comprend que certaines femmes restent parfois des années avec leur conjoint violent, elles craignent de se retrouver à la rue avec leurs enfants », Vivianne Monnier, la directrice du foyer, aimerait avoir plus de place pour accueillir ces femmes en détresse, mais l’attente est parfois très longue pour les 6 appartements disponibles.
Un refuge pour tout recommencer à zéro
Pour Océane le calvaire a duré 13 ans, violée régulièrement, elle subit aussi les coups de poings et les menaces au couteau de son mari. Elle a longtemps cru que tout était de sa faute, avant qu’une amie finisse par lui ouvrir les yeux et l’incite à partir. « C’est le plus gros travail que nous ayons à accomplir ici, raconte Béatrice Maraillet, psychologue clinicienne à l'espace accueil de jour rattaché au foyer Louise Labé, ces femmes veulent comprendre pourquoi leur conjoint agit de cette façon, elles ne pensent pas à elles, mais à la façon dont elles pourraient le réparer lui, l’aider. » Acha commence en effet par consulter un médecin pour soigner l’alcoolisme de son mari, qui ne prendra jamais son traitement. « Le sentiment de culpabilité et la peur entraînent ces femmes dans des mécanismes dépressifs, elles n’ont plus de forces, et sont psychiquement épuisées. Notre première démarche est de les rassurer », explique la psychologue. Matériellement, la femme qui quitte le domicile conjugal se trouve dans une situation critique : « c’est un virage à 180 degrés qu’elles prennent en venant s’installer ici, note la directrice du foyer, un No man’s land juridique tant qu’aucune décision n’ait été prise par un tribunal. Leurs enfants doivent changer d’école, elles n’ont plus de repères, parfois leurs papiers officiels sont restés chez elles, leurs affaires personnelles également, leur départ est souvent à l’origine d’un redoublement d’agressivité du conjoint qui ne doit pas découvrir leur nouvelle adresse. » Un épisode de crise que les femmes du foyer traversent en s’écoutant les unes et les autres, autour d’un café ou d’une machine à coudre.
Une « famille » qui ne juge pas
Tous les lundis, Océane participe à l’atelier couture. Une petite dizaine de femmes résidentes du foyer ou accueillies en journée y retouchent des vêtements donnés pour se recréer une petite garde-robe ou habiller leurs enfants, « c’est un endroit où on oublie vraiment tous nos soucis, on rit, et parfois on parle du passé, dit-elle ». Elle ajoute qu’en ce moment, ses cauchemars ont recommencé, elle en parle et pleure parfois dans la cuisine avec sa colocataire. Dans les appartements, partagés à deux familles, les deux chambres avec télévision servent de salle-à-manger, la cuisine et la salle de bain sont communes. Pour Océane, la première colocation avec une Sri-lankaise ne parlant pas français a été difficile, mais depuis avril, une nouvelle est arrivée : « nos enfants ont le même âge, il nous arrive de dîner à quatre ou d’aller au cinéma ». « Des liens d’amitié se créent entre les femmes accueillies au foyer, explique Béatrice Maraillet, pour beaucoup d’entre elles les proches ont abandonné, lassés après plusieurs années de disputes et de drames. Ici elles trouvent des oreilles qui les écoutent sans les juger ». Le foyer aide ainsi ces femmes à la redécouverte de soi : se resocialiser après une longue période d’isolement et de souffrance, puis et surtout retrouver l’estime de soi, par la couture, mais aussi les cours de yoga du jeudi ou les ateliers d’esthétique… « Mon mari ne voulait pas que je me maquille, il disait que ça faisait « pute », nous dit Océane, ici, j’ai appris à être coquette. »
VOIR AUSSI
Femmes en danger sur le Web aussi
La lutte contre les violences conjugales fait l’unanimité
FNSF : les violences conjugales sont le problème de tous
La manipulation affective dans un couple

-






heureusement qu'il existe des structures pour ces femmes la car ou aller dans certains cas
Je trouve que c'est une bonne initiation meme s'il y a encore du boulot a faire sur le terrain!
C'est vrai que maintenant c'est quand m^me mieux avec tout ce qu'on peut faire pour ces femmes là .
oui c'est vrai qu'il y a plus de recours aux femme battues qu'avant mais il faudrait que les hommes soit plus puni et des la premiere fois !!!
Il faut que toutes les femmes battues s'expriment. Qu'elles arrivent à partir.
et à s'en sortir
Certains hommes n'ont pas besoin d'alcool pour être méchant , mais c'est vrai que ça favorise .
Une bonne idée qui est d'aider ces femmes qui sont bien souvent seules et ont peur de parler a leurs entourages de leur problème ,il faut les aider et les écouter
et ou en est on aujourdh'ui il y a toujours autant de femmes battues et pas grand chose de nouveau pour leurs agresseurs pfffff
Je ne sais pas si un jour, il y aura réellement un progrés de fait pour proteger les femmes battus et les aider à aller de l'avant sans avoir peur de leur ex conjoint
Il faut qu’il y ait plus de centres pour aider ces femmes à se reprendre, à reprendre confiance en elle, à se dire que ce n’est pas de leur faute