Par
Marine Deffrennes
- Publié le 4 janvier 2010
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Pourquoi les femmes humoristes cartonnent-elles ?
Une nouvelle génération de comiques
© Vanessa Fery
« Dans les années 90 il fallait être mannequin. Dans les années 2000 il fallait être chanteuse. Dans les années 2010 il faudra être humoriste. » Pour Alexandre Delimoges, professeur à l’Ecole du One Man Show à Paris et directeur de la programmation du café-théâtre Le Bout, la vague des femmes comiques ne fait que commencer : « il y a 20 ans, il y avait déjà beaucoup de femmes, dans le milieu professionnel très fermé de l’humour et du one-man-show. Mais on en parlait moins, on les montrait moins. Les producteurs étaient frileux et les télés trouvaient sans doute que Lemercier, Robin et Lemoine, c’était déjà beaucoup. Aujourd’hui le public est très demandeur ».
Chef de file de cette joyeuse troupe de « gai-luronnes » en bas de nylon, Florence Foresti a décomplexé une génération. Elizabeth Buffet, Juliette Arnaud, Frédérique Bel, Julie Ferrier voient déjà arriver de jeunes concurrentes avec un spectacle écrit dans leurs tablettes comme Vanessa Fery, Charlotte Creyx ou Charlotte Des Georges. « Bien sûr Florence Foresti a généré des vocations, commente Laurent Savry, agent chez A2 à Paris, mais j’ai vu débouler beaucoup de pâles copies, qui voulaient démarrer par le one-woman-show en oubliant que le plus important c’est d’être créatif. »
L’effet Foresti
© Vanessa Fery
Pour Marie-Laurence Berthon, productrice et agent de Florence Foresti depuis ses débuts, ce petit bout de femme de 30 ans s’est démarqué en assumant totalement sa féminité, ce que Muriel Robin, Sylvie Joly et les autres pionnières n’avaient pas fait : « Florence incarne la femme totalement émancipée, elle assume sa part de féminité et n’a pas peur de séduire ».
En utilisant à fond son vécu, le prodige passe tous les phénomènes de société à la moulinette : l’évolution du rôle du père, la nouvelle donne dans le couple, la maternité pas forcément assumée. « Dans son dernier spectacle, elle évoque sa grossesse montée sur des escarpins Christian Louboutin de 7 cm, et avoue qu’elle est loin d’incarner la mère idéale » commente son agent.
Modernité, sincérité et autodérision, voilà les ingrédients pour conquérir un public très large, depuis Clothilde, Brigitte et Anne-Sophie de la Coquillette dans l’émission de Laurent Ruquier jusqu’à Mother Fucker, son dernier spectacle. « Florence a ouvert une brèche car son point de vue n’est pas soufflé par une dynamique masculine. Elle ne parle jamais mal des femmes, elle cerne leurs manies et leurs ridicules, de même que ceux des hommes avec beaucoup de lucidité. » Alors, la recette de l’humour made in women serait-elle tout simplement : une dose d’humilité et beaucoup d’autodérision ?
Un humour made in women?
© Vanessa Fery
Pour Laurent Savry, agent de Frédérique Bel et Catherine Jacob entre autres, cela ne fait aucun doute : « Les femmes incarnent une nouvelle forme de rire. Elles abordent la société de façon complètement différente ». En tant que professeur de théâtre, Alexandre Delimoges les trouve « plus rigolotes et moins hargneuses que les garçons ». Marie-Laurence Berthon, directrice du développement des productions Juste pour Rire, estime que leur succès est dû à un genre d’humour plus libre et plus humble. Ce trait de caractère revient comme un leitmotiv chez les comédiennes et leurs agents. La quadra déjantée, trop ronde et en mal de sexe que campe Elizabeth Buffet sur scène constitue l’exemple extrême de la capacité de ces comiques à rire d’elles-mêmes en allant parfois jusqu’au cynisme. Moins bloquées par leur ego que les hommes, elles manient l’autodérision avec génie. Lucie Joubert – auteur du Rire des filles*- parle même « d’auto dénigrement ».
*Lucie Joubert, L'Humour du sexe, le Rire des Filles, éditions Triptyque.
Se masculiniser pour faire rire ?
© Vanessa Fery
Féminité et histoire drôles ne s’accordent pas volontiers. Même si Muriel Robin avec ses cheveux courts et son éternelle chemise blanche sur une sévère jupe noire, a laissé place à des filles un peu plus coquettes, les tenues de scène des humoristes restent neutres et discrètes – le débardeur et treillis noir de Florence Foresti-, et elles adoptent une gestuelle souvent masculine. Lucie Joubert explique : « On disait autrefois que seules les femmes laides pouvaient faire rire parce que c’était une façon pour elles de surmonter ce «handicap» et de se faire aimer. Il me semble que c’est bien loin tout ça : ces filles, qui sont toutes belles à leur façon, vont maintenant rire des déterminismes de la féminité (l’obligation du talon haut, de la minceur, etc.), des contraintes qu’elles s’imposent pour être une «vraie femme». »
Et malgré cette féminité assumée, les hommes sont loin de bouder les « one-woman-show ». Cellulite, épilation, rêves de princesse et rivalités féminines, ces sujets ne font pas fuir la gent masculine. « Il y a peut-être 15% de femmes en plus dans le public, mais celles-ci se pressent aussi pour applaudir Gad Elmaleh ou Elie Semoun. Florence Foresti s’est forgée une audience très large, les ados l’adorent, les enfants de 7, 8 ans viennent avec leurs grands-parents... » explique ML Berthon. Tout juste élue dans le top 10 des personnalités préférées des Français (sondage RTL, « Le Parisien », « Aujourd’hui en France » 2009), sa popularité dépasse largement le critère du sexe ! « Un discours ultra féministe ne remporterait pas le même succès. Les hommes apprécient aussi de se prendre moins au sérieux », confie Laurent Savry.
De nouvelles voix pour le féminisme ?
© Vanessa Fery
Très enclines à se moquer d’elles-mêmes, les humoristes savent aussi tailler un costard au sexe opposé. «Les femmes ont mis du temps à changer de cibles et à viser les hommes. On dirait que maintenant cette pudeur est tombée. Elles se déchaînent ! » confie Lucie Joubert. Une guerre des sexes serait-elle en train de se jouer sur les planches des théâtres ?
A mille lieues de toute revendication sexiste, Vanessa Fery (photo) en est à son deuxième one-woman-show et estime quand même que les filles ne sont pas toujours traitées de la même façon : « il faut toujours prouver qu’on est drôle, même entre humoristes, les mecs nous attendent au tournant, et quand on réussit, on nous soupçonne d’avoir couché avec notre producteur... » Au Québec, Lucie Joubert constate aussi des blocages machistes dans le milieu artistique, certains agents refusant de s’occuper d’une femme à cause de la jalousie de leur épouse ou tout simplement parce que les hommes sont plus rentables, « alors quand les femmes rendent aux hommes la monnaie de leur pièce, c’est parfois très jouissif. » Revanche ou lucidité ? En dignes héritières du mouvement des années 70, les humoristes femmes renvoient plutôt l’image de l’émancipation de leur sexe. Une affirmation par le rire, qui selon Marie-Laurence Berthon continue à évoluer vers un style encore plus riche, et plus politique...
Une nouvelle vague fait son entrée… en politique !
© Vanessa Fery
Contrairement aux hommes, les femmes ne s’emparent pas volontiers de sujets politiques, occupant des seconds rôles comme Virginie Lemoine du temps où elle accompagnait Laurent Gerra chez Michel Drucker. Anne Roumanoff, qui a vu sa carrière faire un bond phénoménal depuis qu’elle se pique d’actualité politique, ne serait que l’arbre qui cache la forêt. Une troupe de jeunes talents répète ses gammes en attendant l’heure de gloire. Dans le cadre des découvertes de jeunes talents chez Juste pour Rire, Marie-Laurence Berthon se réjouit de ce nouveau courant : « Depuis deux ans, on observe chez les jeunes femmes un retour à l’écriture, à l’argument, pour élaborer un vrai discours politisé. »
Il ne faut pas se méprendre sur les airs d’ange d’une Anaïs Petit, « une jeune imitatrice ravissante capable de dire les pires horreurs ». Diplômée de philosophie et d’une école de théâtre, elle prépare son premier one-woman-show, Anaïs Petit imite les grands, et se produira au festival de Montréal en juillet 2010.
Le stand up, genre dit « à l’américaine » où l’humoriste parle directement au public, revient pour devenir une tribune efficace : Charlotte Gabris ou encore Sarra Benrafka incarnent ces nouvelles plumes acérées pour stigmatiser la société actuelle et ses dirigeants, d’un point de vue…féminin.
Voir aussi les rencontres de Terrafemina avec Vanessa Fery, Charlotte Des Georges et Charlotte Creyx.

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c'est vrai qu'il y a de plus en plus de "florence foresti" sur les scènes et c'est vraiment bien
C'est une très bonne chose... l'humour féminin est souvent beaucoup plus subtil que celui de leurs confrères masculins.
je suis d'accord toototez, l'humour des femmes est plus fin que celui des hommes !!
lol encore un commentaire sexiste. je pense que certains comiques masculins sont bien plus marrants que tous les comiques féminins (gad par exemple)
Plus que femme ou homme humoriste, c'est plutot l'overdose de one man show, tous sur le meme modèle de jeu qui me lasse, vivement du renouveau.
pourquoi les femmes ne pourraient elles pas faire rire quand je vois florence foresti en Amy winehouse, je ne peux pas m'empecher de rire
Elle sont appréciées des femmes car elles leur parle de chose qu'elles connaissent bien.
Les hommes axent de plus en plus leur "humour" sur le sexe. C'est lassant à la fin. Ceci dit, j'écoute de moins en moins les humoristes et j'en connais bien peu parmi les nouveaux. De temps en temps je "capte" un schetch amusant mais je ne sais à qui l'attribuer.
j'adore Florence Foresti. J'ai hâte de voir son dernier spectacle.
sa change d'un homme
c'est vrai que depuisque lques temps les femmes ont le vent en poupe en matière d'humour ça fait plaisir
Je trouve que les femmes ne rient pas suffisament et les femmes humoristes me font trop rire .
Les femmes humoristes ont su s'imposer et trouver un large public, leur humour est différent et je l'apprécie beaucoup.
Elles ont du talent, cest tout.
Les femmes ont beaucoup de succès ces dernières années avec Florence forresti ,mado la niçoise et avant avec Muriel Robin
Pourquoi ne feraient elles pas rire , ce don n'est pas réservé qu'aux hommes.
Celles qui sont citées font rires mais voyez les étoiles montantes.
elles font rire car elles sont honetes , elles n ont pas peur de l 'auto critique , elles sont franche sur la réalitée
Et bien, personnellement ces femmes sont connus, puis elles sont tellement marrantes, alors que dire de plus sa y a pas à dire !
Elles parlent souvent de la vie des femmes au quotidien avec dérision!
la derision fait rire , cependant , elle refflete souvent la realité aui elle ne lme fait pas forcement rire ,, les femmes ont leur place dans ce secteur ,,,