Par
Marine Deffrennes
- Publié le 11 juillet 2011
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Service public local : que veulent les femmes ?
Dépendance et petite enfance : les priorités des femmes
La dépendance s’impose comme le défi du 21e siècle, et les femmes en sont conscientes : 41%* des Françaises estiment en effet que l’aide aux personnes âgées doit constituer la priorité du travail des élus, et 44% souhaitent que ces services se situent près de chez elles. C’est la première leçon de l’Observatoire « Femmes et territoires », mené par la SAUR - opérateur dans les métiers de l’environnement pour les collectivités en France-, qui s’intéresse, pour sa première vague, aux attentes des citoyennes quant aux services publics locaux**.
« Si les femmes se sentent particulièrement concernées, c’est parce que ce sont elles qui s’occupent majoritairement des parents et des beaux-parents âgés » souligne Olga Trostiansky, adjointe au Maire de Paris chargée de la solidarité, de la famille et de la lutte contre l'exclusion. Elles ne représentent en effet pas moins de 70% de la population des aidants familiaux. Les groupes de réflexion menés dans le cadre de l’Observatoire « Femmes et territoires » ont ainsi mis en lumière le besoin de services à domicile pour les personnes isolées qui restent chez elles de plus en plus tard, et une adaptation financière pour les proches qui s’en occupent au quotidien. « Chacun est soucieux qu’une offre de service public de proximité vienne répondre au besoin de ses parents âgés et de soi-même dans un avenir plus ou moins proche », relève Olga Trostiansky. Un désir de proximité qui s’exprime aussi quant aux lieux de garde des jeunes enfants, deuxième priorité des services publics locaux selon les sondées (41%).
* Chiffres extraits du sondage CSA commandé par la SAUR, réalisé en mai 2011 sur un échantillon de 1051 femmes âgées de 18 ans et plus, représentatives de la population française.
** On entend par là les services produits et gérés par les collectivités territoriales ou par des entreprises mandatées. Ils recouvrent des activités diverses tels que les loisirs (sportifs, culturels), les transports, les aides aux familles, jeunes et personnes âgées, ou les crèches, et se distinguent des services publics « nationaux » tels que la poste, l’éducation nationale ou l’hôpital.
- Des réseaux pour la petite enfance
Places en crèche, garderies périscolaires et assistance aux mères seules et sans emploi, font plus que jamais partie des préoccupations des Françaises, en particulier pour les habitantes des zones urbaines sensibles qui y voient une priorité pour 53% d’entre elles, devant les transports (44%), la culture (39%) et les loisirs (19%). Alexandra Siarri, adjointe au maire de Bordeaux en charge des nouvelles précarités confirme : « Les services d’aide à la garde pour la petite enfance représentent une problématique majeure. A travers des groupes de réflexion, nous essayons, à Bordeaux, de mettre en relation les entreprises et les acteurs de la petite enfance, mais nous voulons aussi aider les mamans sans emploi à faire garder leurs enfants, sinon elles n’ont aucun moyen de trouver du travail. » Les services publics de proximité sont ainsi appelés à répondre à une forte demande de mise en réseau des femmes seules, entre elles et avec les assistantes maternelles. Encore faut-il que ces doléances soient entendues, et pour ce faire, c’est le dialogue entre citoyens et élus locaux qui apparaît comme le moyen le plus efficace selon 43% des femmes interrogées.
La moitié des femmes plébiscite l’élu local
Loin devant les comités de quartier entre habitants, les enquêtes d’opinion ou les rencontres avec les entreprises et associations, ce sont les réunions publiques en compagnie des élus locaux qui emportent la préférence des femmes (43%) pour donner leur avis sur les services publics de proximité. L’élu local apparaît ainsi pour 54% des répondantes comme le plus à même de prendre en compte les avis et améliorer ces services. « Alors qu’on observe une grande défiance de la population vis-à-vis de l’administration et des autorités en général, les élus locaux semblent mieux crédités par les femmes », remarque Alexandra Siarri. Olga Trostiansky observe quant à elle que « Les Françaises ont compris l’importance de la prise de décision politique locale dans l’évolution du service public, et veulent faire connaître leur avis sur la manière dont celui-ci fonctionne, c’est un message très rassurant pour notre vie démocratique ».
- L’ouverture à tous les publics
Pourtant, dans les faits, les citoyens ne se pressent pas aux réunions municipales. Le groupe de réflexion « Femmes et territoires » s’est demandé comment on pouvait rendre ces rendez-vous plus accessibles et attractifs pour la population civile. Beaucoup de participants ressentent en effet une frustration et l’impression d’être mis devant le fait accompli lors de ces séances. Trop formelles et trop techniques, elles gagneraient, semble-t-il, à s’adapter à un auditoire non initié, et à privilégier les discussions en amont des prises de décision. Et pour que tous les publics, y compris les mamans, aient voix au chapitre, des horaires aménagés et des solutions de garde pourraient être mis en place. Pour Alexandra Siarri, il faut également permettre aux familles monoparentales isolées de s’exprimer et d’avoir une activité citoyenne, « elles auraient beaucoup de choses à dire dans ces réunions, elles sont en demande de dialogue et d’écoute, mais elles n’ont pas la possibilité matérielle de participer ».
- Internet ne remplacera pas le tête-à-tête
C’est dans les zones urbaines dites « sensibles », que le besoin de contact humain se ressent le plus : 43% des Françaises résidant dans ces quartiers souhaitent pouvoir s’informer et réaliser des démarches administratives surtout dans des lieux d’accueil, avec un interlocuteur en face à face, plutôt que sur le web. « Voilà qui prouve qu’Internet ne peut satisfaire toutes les demandes. Même si certaines personnes apprécient l’anonymat des démarches, cela désincarne les réalités humaines et les gens ne veulent pas cela », commente Alexandra Siarri. Pour la quasi majorité des répondantes en effet (48%), c’est la complémentarité qui est souhaitée entre les procédures virtuelles et les contacts humains : « Maintenir un accueil physique, c’est assurer à tous un droit à l’information, particulièrement pour les personnes âgées, les non-francophones et pour les personnes en grande précarité », affirme Olga Trostiansky. En outre le potentiel participatif du web 2.0 ne convainc pas davantage : seules 12% des sondées estiment que les blogs, sites et plateformes d’échange peuvent être efficaces pour donner leur avis sur les services publics locaux.
Outil commode pour l’information et l’administration, le Net doit encore relever quelques défis, comme celui de conquérir son public de « cybercitoyennes ».
Le site de femmes et territoires
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