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Par   -  Publié le 25 mars 2010
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Alcoolisme : les femmes ne sont pas épargnées

« On boit parce que Dieu n’existe pas », répond Marguerite Duras à Bernard Pivot lorsqu’il évoque sa cure de désintoxication. Elle est l’une des premières femmes à avoir fait état de son alcoolisme ouvertement. Oui les femmes boivent, plus qu’hier et moins que demain, pour soigner leur souffrance. Terrafemina enquête.

L’alcool, un mal qui touche aussi les femmes

L’alcool, un mal qui touche aussi les femmes © Fabrice Lerouge/Photononstop

« Tous les soirs il faut que je boive mes quelques verres de mousseux et chaque matin je culpabilise », « parfois une douleur aigüe s’empare de moi et je vide une bouteille », « je me suis mise à boire pendant les intercours et même des alcools forts » : tous ces témoignages d’anonymes, dispersés sur la toile témoignent des différentes formes  d’addiction à l’alcool. Il est aujourd’hui  difficile de donner des chiffres sur l’alcoolisme féminin.

« Les femmes sont vraisemblablement plus nombreuses à boire qu’avant, bien qu’on ne puisse pas mesurer cette augmentation. C’est lié au fait qu’en règle générale une femme se soucie plus de sa santé et consulte davantage les médecins qu’un homme », relève le Docteur Michel Craplet, alcoologue et psychiatre.

Concernant l’âge, « certaines périodes de la vie sont plus dangereuses  que d’autres », poursuit-elle. L’entrée dans la vie professionnelle, le passage à la retraite, le départ d’un enfant, un divorce : des transitions pouvant  être mal vécues par certaines  femmes qui  trouvent refuge dans l’alcool. Le site d’experts Alcoweb estime que près de 80 % d'entre elles sont âgées de 35 ans et plus, dont 51 % de 35 à 50 ans. Mais la consommation excessive d’alcool se répand  aussi chez les jeunes filles. Pour autant on parle plutôt d’état d’ivresse que d’alcoolisme précoce.

Une chose est certaine, ce mal touche tous les milieux sociaux, l’alcoolisme mondain inventé pour les classes favorisées ou celui des milieux modestes, même s’il prend différentes formes, fait tout autant de ravages.

Une image dégradante associée à la femme qui boit

Une image dégradante associée à la femme qui boit © Fabrice Lerouge/Photononstop

L’alcool est encore un sujet tabou chez les femmes. Le psychanalyste  Gérard Haddad l’évoque bien dans son livre « Les femmes et l’alcool » publié chez Grasset : «  La femme alcoolique, cet être objet de mépris et de dégoût, ce déchet social devant lequel on détourne le regard. » -  «  L’alcool féminin est le plus souvent honteux et solitaire ».  Des clichés d’un autre temps, mais qui ont la vie dure dans l’imaginaire collectif. « Une femme qui boit néglige sa maison, sa famille et son mari, ses mœurs sont légères… des préjugés qui sont alimentés par l’histoire », avance le Docteur Michel Craplet, alcoologue et psychiatre.

Cette situation est paradoxale car de nos jours les femmes s’émancipent de plus en plus vis-à vis de l’alcool, tout du moins dans les milieux favorisés. Elles revendiquent des modes de consommation décomplexés, proche de ceux des hommes. « Mais lorsqu’elles souffrent d’addiction, qu’elles deviennent  malade,  alors les stéréotypes reviennent au galop » poursuit  l’alcoologue.

En effet, si on voit des hommes boire ouvertement dans les bistrots, ce n’est pas le cas pour les femmes. « La femme se cache pour boire seule », écrit Gérard Haddad dans son livre.

L’alcoolisme féminin est-il donc fondamentalement différent de celui des hommes ? Cela ne fait pas de doute pour le psychiatre Gérard Haddad : « l’alcoolisme féminin se distingue de celui des hommes  à commencer par son exercice le plus souvent solitaire. Ce simple détail signale déjà une profonde différence dans le structure du malheur qui conduit l’un et l’une au lent suicide éthylique ». Le Docteur Michel Craplet confirme cette approche. L’alcoolisme féminin est différent dans le regard porté par la société, plus sévère à l’égard des femmes. Il pointe surtout  la plus grande vulnérabilité des femmes vis-à-vis de l’alcool. Son effet dans le corps humain est plus dangereux chez la femme que chez l’homme.

Pourquoi entrent-elles dans l’alcool ?

Pourquoi entrent-elles  dans l’alcool ?

Une personne qui devient alcoolique supporte au départ extrêmement bien l’alcool et en tire un plaisir démultiplié, un effet de soulagement intense. Des troubles psychologiques s’y ajoutent généralement. Dans tous les cas, il y a un moment donné un détonateur qui précipite la chute dans l’alcool.

Et chez les femmes, existe-t-il un dénominateur commun ? Claude Dagail est éditrice, elle a publié un livre pour enfants en forme de conte sur l’alcoolisme féminin, intitulé « je suis là Maman », aux éditions La compagnie Créative. Selon elle, il s’agit avant tout d’un phénomène de société : « les femmes doivent supporter un poids trop lourd aujourd’hui, celui d’être une mère exemplaire, une épouse parfaite, une salariée modèle. Devant une telle pression, elles peuvent toutes craquer et commencer à boire ».

Gérard Haddad, psychanalyste de renom avance une autre thèse hautement symbolique  pour expliquer ce mal de  plus en plus répandu. D’après lui, il y a une cause principale à l’alcoolisme féminin serait à relier à la sexualité humaine. « La femme qui boit est celle qui s’est sentie bafouée à un moment donné dans son désir de maternité », explique-t-il. Le psychanalyste associe l’alcoolisme féminin à ce qu’il appelle  « la fonction féminine » : la vie amoureuse, la sexualité, l’idéal familial.

La femme qui voit son couple s’effondrer,  celle qui est forcée d’avorter ou bien la jeune fille abusée par son père. Dans ces situations ces femmes se sentent trahies dans ce qu’elles ont de plus sacré, elles pensent ne plus avoir aucune raison de vivre et l’alcool s’apparente à « un suicide lent ».

Muriel a vécu un divorce très douloureux qui l’a fait plonger dans l’alcool, mais des blessures plus profondes dans son enfance  étaient déjà présentes. « A mon divorce je me suis retrouvée seule avec ma petite fille et je suis tombée dans la dépression. L’alcool m’a permis de survivre, il soignait ma souffrance. Je buvais de la bière à partir de 16h pour être en forme et tenir quand ma fille sortait de l’école. Ensuite je me relevais la nuit pour boire ».

Comment s’en sortent-elles ?

Comment s’en sortent-elles ? © Fabrice Lerouge/Photononstop

Pour le Docteur Michel Craplet, la sortie de l’alcoolisme se fait en 3 étapes : d’abord la détermination à vouloir arrêter, puis le sevrage de l’alcool, souvent pressenti comme la période plus difficile. Parfois la prise de conscience se produit grâce aux enfants qui peuvent à leur manière tirer la sonnette d’alarme. C’est le cas de Muriel : « un jour je me suis mise en colère contre ma fille, j’ai vu son regard et cela a été une prise de conscience. Je me suis dit que je ne voulais pas la perdre, que je devais la préserver. Et j’ai décidé de me soigner ». 

Pour lutter contre sa dépendance à l’alcool, elle s’est d’abord isolée pendant 2 semaines dans une maison de campagne sans aucun moyen de contact avec l’extérieur. « En arrêtant de boire, j’ai ressenti que j’étais atteinte d’une addiction, avant je ne m’en rendais pas compte  puisque je buvais tous les jours », explique-t-elle.    

Le travail psychanalytique quant à lui, doit intervenir dans un troisième temps. Il est fondamental pour remonter à l’origine et comprendre ce qui a amené une personne à devenir alcoolique. Souvent les femmes ne connaissent pas la cause de leur alcoolisme. « J’attire leur attention sur ce qu’elles doivent rechercher. Souvent lorsqu’on creuse avec une patiente dépendante à l’alcool, on se rend compte qu’il y avait des carences, que l’armature symbolique était déjà bafouée ou fragilisée », raconte le Docteur Haddad. Sa thérapie Muriel l’a vécue comme une  « résurrection ».


Association de soutien aux femmes alcooliques :

Les alcooliques anonymes
La croix bleue

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Boire ou conduire il faut choisir ! Découvrez vos droits et devoirs après un dernier verre pour la route.
Pour une meilleure santé et pour éviter les addictions : Buvez 1 litre et demi d'eau par jour !

Voir aussi :  femmes    societe    alcool   
 

30 commentaires

jeanne83 - 25/03/10 09:33
Bravo, on ne parle pas assez de ces sujets qui font tâche dans l'univers rose et brillant de la féminité. A part pour donner des chiffres en passant, personne ne franchit le pas de creuser cette question. C'ets un article touchant qui donne en vie d'en savoir plus.
massil08 - 25/03/10 14:17
je suis entièrement d'accord avec toi jeanne et le plus dure c'est les femmes enceinte et qui sont en même temps alcoolique c'est pas facile de finir avec l'alcool sans une aide de l'extérieure et aussi beaucoup de volonté.
isa169 - 25/03/10 14:32
c'est vrai on n'en parle pas assez de l'alcoolisme chez les femmes pourtant c'est aussi un véritable problème!
tibo59134 - 29/03/10 00:12
C'est vrai que l'accent est souvent mis sur la consommation d'alcool des hommes, mais en soirée on voit que les filles ne se controlent pas du tout et le problème touche aussi bien les hommes que les femmes.
massil08 - 31/03/10 17:49
j'ai de la chance car je ne bois jamais de l'alcool mais je pense au femmes qui deviennent dépendantes c'est pas terrible comme situation.
joelasaucisse - 01/04/10 16:19
C'est vraiment triste de voir des femmes noyer leurs chagrins dans l'alcool. Il faut réagir tout de suite pour éviter qu'elles ne sombrent dans l'alcolisme dur.
radounette - 06/10/10 09:32
on pense toujours que ça n arrive qu au hommes mais non la femme n en parle pas
omaha - 06/10/10 12:53
on voit moins de femmes alcooliques parce que les femmes se cachent
country33 - 12/10/10 09:18
Je crrois que sur une femme ça se voit moins mais les dangers sont les mêmes .
lorenzo070604 - 12/10/10 09:20
l'alcool c'est mauvais meme pour les femmes je connais une femme ui bois et ben c horrible !! ca te marque le visage on diaris qu'elle a dix ans de plus !!!
country33 - 12/10/10 09:22
Il n'y a pas que ça qui marque le visage , le mien est très marqué par la maldie ... Mais c'est vrai que des femmes se maquillent pour éviter qu'on le voit .
mya941 - 17/12/10 23:23
Une femme alcoolique, mais qu'est ce que c'est moche !!!! Déjà qu'un homme, c'est inacceptable pour moi.
country33 - 17/12/10 23:26
C'est certain qu'une pub disait :tu t'es vu qu'en t'as bu , mais pour savoir tout ça il faut etre sobre et voir les autres se "déchirer" . c'est comme ça qu'ils disent ici .
latitechieuse - 07/05/11 18:47
une femme alcoolique c'est vrai est vite marquée par son visage mais il faut déjà savoir pourquoi elle fait cela.lce qui fait qu'elle se met à boire .....j'en connais et qui ne se cachent pas loin de là.
paulhan2night - 07/06/11 15:31
Homme ou femme le problème est aussi grave pour l'un que pour l'autre, mais les femmes le cache davantage, elles en ont plus honte car associé à la notion de "femme de mauvaise vie" avec tout ce que ça peut renvoyer derrière
dakota76 - 11/07/11 08:35
Qu'on soit un homme ou une femme, le résultat est le même, l'alcoolisme détruit tout autour de soi, la famille, les amis et sa vie et sa santé.
sandrine6405 - 19/07/11 15:40
L'alcoolisme est une maladie sournoise et incidieuse, on commence à prendre un verre pour passer une bonne soirée, puis 2... et ensuite c'est tous les jours, et à chaque souci, l'alcool sert de substitut pour oublier nos problèmes. C'est pareil pour les hommes ou femmes
country33 - 25/07/11 17:52
C'es certain que des personnes qui boivent sont vite déconnectés de la réalité, mais volontairement en plus.
Pipinousse - 14/08/11 09:28
L,alcoolisme est une vrai maladie qui est de plus en plus traite et le nombre de femmes dans ce cas est immense ,pour moi une femme qui boit jusqu'à plus soif et mille fois plus moche que si il s'agit d'un homme
country33 - 22/08/11 19:58
C'est affreux pour un homme de boire , mais alors pour une femme je trouve que c'est pire.
Pipinousse - 26/09/11 20:33
Les femmes qui sont ce cas ne savent plus ce qu'elles font et ne s'occupent pas de leurs enfants ,l'alcoolisme est une maladie dont il est dure de se défaire
jeant - 06/10/11 02:00
Malheureusement...
paulhan2night - 27/10/11 19:06
j'ai une copine qui est passée en cure de désintoxication mais a rechuté 2 jours après sa sortie, les médecins disent qu'il faut parfois plusieurs cures pour réussir
country33 - 07/11/11 16:41
C'estcertain que si elels recommencent dès la sortie , c'est bon à refaire. Il faut être entouré pour résister.
fidjikelyna - 16/11/11 16:32
l'alcoolisme est une saleté de maladie qui s'installe surnoisement et les femmes savent très bien le cacher et longtemps
country33 - 29/11/11 09:51
C'est vraiment moche, mais en plus on ne peut faire soigner une alcoolique tant qu'elle n'a pas mis en danger la vie de ses proches, ou qu'elle n'a pas fait de choses répréhensibles.C'est affreux.
jeant - 16/12/11 16:42
Tout le monde peut être touché par l'alcool, aussi bien homes que femmes.
ladymam - 22/12/11 20:46
pour moi c 'est simple l 'alcool est comme une drogue mais en vente libre , donc encore plus facile de s 'en procurer sans risque , mais les dégats sont désastreux !
franmic64 - 23/12/11 22:03
Je pense que c'est la pire des maladies, elle est souvent le signe d'un mal-être et touche toutes les classes sociales
linelu7 - 26/12/11 22:34
pas épargnées, malheureusement...

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