Par
Candice Satara-Bartko
- Publié le 13 avril 2010
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Médias dans les quartiers : le 5ème pouvoir ?
Privilégier une information de proximité, prendre position sur les débats de société et combattre les préjugés, telles sont les missions de ces nouveaux medias issus des quartiers populaires. Comment réussissent-ils à faire entendre leur voix dans un paysage médiatique saturé ? Trois d’entre eux ont répondu à nos questions.
Respect Magazine : au-delà des quartiers
Maral Amiri, coordinatrice éditoriale et rédactrice permanente au magazine trimestriel Respect Mag.
Terrafemina : Comment fonctionne Respect Mag ?
Maral Amiri : C’est un magazine trimestriel qui aborde la culture, les questions de société et tout ce qui est relatif aux minorités. Respect Mag veut créer des passerelles entre les minorités et le reste de la société, en favorisant le dialogue, en lançant des dynamiques et en proposant des solutions pour lutter contre les stéréotypes. Nous traitons de tout ce qui concerne la diversité au sens large, et bien évidemment les quartiers populaires en font partie mais nous ne sommes pas nés dans les quartiers.
TF : Qu’est-ce qui vous différencie des médias traditionnels ?
M.A. : Notre ligne éditoriale d’abord, qui est axée sur la promotion de toutes les diversités. A son lancement en 2004, Respect Mag a été très précurseur car personne à cette époque n’utilisait le terme « diversité ». Le format trimestriel permet aussi un traitement de l’information bien plus approfondi. De plus, Respect Mag s’appuie sur une équipe hétéroclite reconnue pour son ouverture et sa diversité : journalistes, artistes, sociologues, acteurs associatifs, nous reflétons la diversité de la société française, c’est aussi cela notre force.
TF : Quel sont vos attentes pour l’avenir ?
M.A. : Actuellement, nous avons comme projet Respect TV, une version télé du magazine papier et d’organiser des ateliers sur le thème « journalisme et citoyenneté », avec Jérôme Bouvier. Bien évidemment, nous souhaiterions toucher un plus large lectorat et inciter les citoyens à réfléchir davantage à une société plus juste et moins cloisonnée.
Ressources urbaine : l’agence de presse au service des quartiers
Erwan Ruty, fondateur de l’agence de presse Ressources Urbaines, créée en 2005.
Terrafemina : Comment fonctionne votre agence de presse ?
Erwan Ruty : Nous fournissons des informations (textes, photos et vidéos) à la presse locale, institutionnelle, associative et exceptionnellement à la presse grand public. La vocation de Ressources Urbaines est de montrer une autre image de la banlieue plus proche de la réalité. Pour cela, nous produisons une information de proximité avec un traitement magazine généralement détaché de l’actualité. Pour nous il est essentiel lorsqu’on traite de ces sujets de ne pas tomber dans l’angélisme ou à l’inverse de noircir le tableau.
TF : Qu’est-ce qui vous différencie des médias traditionnels ?
E.W. : Nous sommes partis du constat que les sujets liés aux banlieues étaient rares dans les médias et souvent traités de manière biaisée. Il nous paraissait essentiel de changer le regard porté sur ces territoires en opérant sur le terrain, de façon à créer des passerelles entre les habitants et les institutions. Ressources Urbaines se différencie des médias classiques par sa réflexion qui n’est pas neutre et extérieure : elle vient de la base, du terrain.
TF : Quelles sont vos attentes pour l’avenir ?
E.W : Notre défi est de convaincre les décideurs, les faiseurs d’opinion et les élites de l’utilité de notre approche dans les quartiers, en leur proposant des sujets avec des angles et des points de vue différents. Leur regard doit changer, au lieu de confier les sujets sur la banlieue à des journalistes qui ne sont pas compétents sur ces questions (beaucoup connaissent mal la réalité des banlieues et ont du mal à travailler dans de bonnes conditions), les rédactions doivent accepter de faire appel à nous.
Grigny Wood : la vidéo, un puissant outil d’expression
Omar Dawson a fondé GrignyWood en 2003.
Terrafemina : Quel est l’objet de Grigny Wood?
Omar Dawson : C’est une plate forme de réalisation vidéo numérique et multimédia sur la banlieue et les quartiers populaires. Nous l’avons créée en 2003 à la suite des élections présidentielles, en partant d’un constat simple : les médias avaient tous réalisé des focus sur les banlieues, les problèmes d’insécurité, etc., mais oublié d’interroger les principaux intéressés, c'est-à-dire les habitants.
Ainsi une partie de la population était exclue du débat et percevait une information complètement déconnectée de la réalité. Nous avons eu envie de redonner la parole à ces personnes, en créant un média participatif et en utilisant le support vidéo pour que le message soit d’autant plus fort. Avec nos vidéos, nous leur permettons de s’exprimer, de mettre en avant leurs réalisations et surtout de maitriser leur image.
TF : Qu’est-ce qui vous différencie des médias traditionnels ?
O.D. : Notre différence c’est notre ancrage dans la réalité. Notre point de vue s’inspire de ce que l’on constate sur le terrain, nous n’avons pas les mêmes impératifs que certaines rédactions qui ne peuvent pas se permettre de traiter tous les sujets. Nous revendiquons notre liberté et les gens savent que quelle que soit l’information, elle correspondra à la réalité.
TF : Quelles sont vos attentes pour l’avenir ?
O.D. : Au départ, nos seules prétentions étaient de faire des réalisations modestes. Depuis, la structure a bien évolué, nous avons élargi nos équipes et nos activités. Aujourd’hui, nous réussissons à vendre nos réalisations. Un de nos reportages sur le milieu carcéral a été acheté par Envoyé Spécial (France 2) : c’est une grande fierté pour nous.
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Banlieues : le regard des médias doit changer !


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Enfin une action venant des quartiers populaires enfin mise en avant. Bravo pour votre combat et continuez à vous faire entendre, c'est grâce à vous que ces quartiers peuvent survivre.
l'information de proximité dans les quartiers populaires peut avoir le risque de renfermer les gens encore plus dans leur quartier et de ne pas s'ouvrir au "monde" extérieur
tout a fait d'accord avec margotine ne les transformons pas en cites fermees ces quartiers ils le sont suffisament
Si on ne faisait pas des guettos, tous ces problèmes n'arriveraient pas. Les pouvoirs publics doivent faire face à ce qu'ils ont créé et remédier à tout cela.
Il ne devraient y avoir aucuns quartiers ou zones de nom droit et c'est partout pareil , ils se retrouvent bloqués et ne peuvent s'en sortir une fosi"parqués" de la sorte.
Ils font preuve d'une ténacité incroyable et je les encourage à continuer leur lutte!
Je sais bien que de sefforts soint fait mais il ne faut pas relacher la pression car ils auront vite fait de reprendre le dessus.