Elections européennes : le Front national a-t-il déjà poussé deux députées vers la sortie ?

Elections européennes : le Front national a-t-il déjà poussé deux députées vers la sortie ?
Elections européennes : le Front national a-t-il déjà poussé deux députées vers la sortie ?
Alors que le Front National est le grand vainqueur des élections européennes, la liste des 24 députées frontistes élues au Parlement européen subit déjà quelques changements inattendus. Deux eurodéputées vont ainsi démissionner pour laisser place à des hommes.
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A peine élues et déjà parties. Les eurodéputées du Front National Joëlle Bergeron et Jeanne Pothain n'iront pas siéger à Strasbourg, a-t-on appris ce lundi 26 mai au lendemain des élections européennes. Les deux ex-candidates, respectivement numéro deux sur la liste FN des circonscriptions Ouest et Massif Central-Centre, ont en effet choisi de céder leur place à des hommes. Si les deux situations diffèrent, l'une des élues étant officiellement malade, l'autre étant en désaccord avec les instances nationales du parti, certains y voient néanmoins la volonté du FN de contourner les obligations liées à la parité et dénoncent des « démissions programmées ».

Une demande expresse de Marine Le Pen

Elue dimanche soir députée européenne avec 19,30% des voix (juste derrière l'UMP  et ses 19,49%), Joëlle Bergeron a fait savoir qu'elle ne siègerait pas à l'assemblée européenne, laissant sa place à Gilles Pennelle, secrétaire départemental du FN en Ille-et-Vilaine et troisième sur la liste. Selon les informations de Ouest-France, la conseillère municipale FN de Lorient (Morbihan) n'aurait pas vraiment eu le choix : « C'est sur demande expresse de la présidente du parti frontiste, Marine Le Pen, que Joëlle Bergeron a été contrainte de donner sa démission », assure le quotidien régional.

Pour expliquer ce choix de la chef de file du FN, certains observateurs rappellent déjà les positions à contre-courant de l'élue bretonne. Joëlle Bergeron s'est en effet plusieurs fois prononcée en faveur du droit de vote des étrangers non communautaires aux élections locales.

Présente à Rennes lundi 19 mai à l'occasion d'un débat sur le droit des migrants, la candidate de 63 ans avait d'ailleurs affirmé qu'« un jour, les Arabes et les musulmans voteront pour nous », comme le rappelle Le Figaro.
« En tant qu'individu, je suis favorable à ce qu'un étranger qui travaille et paye des impôts en France, vote », avait poursuivi Joëlle Bergeron précisant ne pas tenir compte de la position du FN sur la question.

L'élue dénonce un « diktat » du Front National

Une prise de position jusqu'ici restée « impunie », alors que le parti martèle à chaque élection son opposition au droit de vote des étrangers. Finalement, cette ultime déclaration pourrait avoir poussé l'élue vers la sortie. Sans confirmer sa mise au ban, lundi 26 mai, Joëlle Bergeron tire, elle, un trait définitif sur cette séquence en déclarant sur France Bleu Breizh Izel : « Je reste cohérente, je démissionne de mon poste de députée européenne, de conseillère municipale et je quitte le parti », précisant ne pas vouloir « porter préjudice au Front National ».

Autre quotidien breton, Le Télégramme abonde aussi en ce sens et affirme que  l'élue aurait dénoncé en off le « diktat » des instances du Front National. « Cela avait été décidé avant les élections, mais je ne pensais pas qu'il le mettrait en pratique. Je pensais que la parité serait respectée. Ils m'ont appelé le dimanche soir puis ce matin, je suis choquée ».

Deuxième démission d'une élue FN dans le Centre

Autre départ problématique, celui de Jeannes Pothain, colistière de Bernard Monot sur la liste FN Massif central-Centre, arrivée en tête avec 24,18% des voix. La nouvelle députée européenne devrait également laisser sa place au numéro 3 de la liste, Philippe Loiseau, secrétaire départemental de l’Eure-et-Loir.

La raison de ce désistement serait liée à l'état de santé fragile de cette mère de 45 ans. Selon MagCentre, l'Orléanaise, salariée d'un restaurant, serait en effet malade et n'aurait quasiment pas fait campagne. Une information que confirme le cabinet de la tête de liste dans la région qui évoque les
« problèmes personnels » de l'eurodéputée. Pourquoi, dès lors, le FN n'a-t-il pas modifié ladite liste ? 

Pourquoi ne pas avoir informé plus tôt les électeurs de la situation de Jeannes Pothain ?
« Si elle a occupé la deuxième place sur la liste FN, c'est que la direction du parti à Nanterre en a décidé ainsi », a affirmé dimanche soir le mari de Jeanne Pothain, Philippe Le Coq, lui-même conseiller régional FN.

Contactés par Terrafemina, l'eurodéputé Florian Philippot et le vice-président du Front National Louis Alliot n'ont, pour le moment, pas donné suite à nos appels.