Abdelkader Merah, le grand frère qui aurait conditionné Mohamed

Abdelkader Merah, le grand frère qui aurait conditionné Mohamed
Abdelkader Merah, le grand frère qui aurait conditionné Mohamed
Dans cette photo : Nicolas Sarkozy
Le grand frère de Mohamed Merah a été mis en examen dimanche pour « complicité d'assassinats » et « association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un acte terroriste ». Abdelkader Merah aurait dîné avec son jeune frère dimanche soir et participé au vol du scooter utilisé lors des tueries à Toulouse et Montauban.
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Placé en garde à vue depuis mercredi dernier, Abdelkader Merah, la trentaine, a été écroué dimanche et transféré au palais de justice de Paris. Son épouse Yamina Mesbah, ainsi que sa mère ont quant à elles été relâchées. Le grand frère du « tueur au scooter » est accusé de « complicité d’assassinats » et d’ « association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un acte terroriste ». Un troisième chef d’accusation concerne le vol en réunion d'un scooter, le fameux T-Max Yamaha utilisé par le tueur lors des fusillades.
En effet Abdelkader Merah était présent lors du vol du deux-roues selon une source policière, et a ensuite accompagné son frère le 6 mars chez un concessionnaire Yamaha : Mohamed voulait savoir comment désactiver le système de géolocalisation du scooter.
De même source, l'aîné a également fait, pour le compte de son frère, des achats de nature encore indéterminée. Dimanche soir, veille de l’assassinat des trois enfants juifs et du père de deux d’entre eux, Mohamed et Abdelkader auraient dîné ensemble et se seraient entretenus environ trois heures. Abdelkader est connu des services de police depuis longtemps pour son engagement en faveur d'un islam radical, en 2007 il a été inquiété pour son implication dans une filière d'acheminement de jihadistes en Irak, d’après le procureur de Paris François Molins, il n’avait pas été mis en examen dans cette affaire qui a donné lieu à huit condamnations.

Le vrai chef de famille

Lors des négociations entre l’équipe du Raid et Mohamed, mercredi et jeudi, ce dernier a affirmé qu’il n’était plus en contact avec son grand frère, en qui il disait « ne pas avoir confiance ». Il s'était présenté comme un « autodidacte de l'Islam » qui a lu le Coran « seul en prison », mais d’après un compagnon de cellule de Mohamed Merah, également cité par le JDD sous couvert d'anonymat, Mohamed était sans aucun doute « conditionné » par son frère. « Quand son frère venait au parloir, (Mohamed) baissait la tête et l'écoutait (...) c'est lui qui a pris le commandement de la famille », estime-t-il.

Vie parallèle

Sa compagne, Yamina Mesbah, relâchée dimanche matin après quatre jours de garde à vue ignorait apparemment tout de l’engagement de son mari, c’est une « bombe qui lui explose aux yeux qu’elle ne sait comment interpréter, c'est catastrophique d'entendre que l'homme avec lequel elle vivait aurait une autre vie parallèle tout à fait secrète, qu'elle ignorait totalement », a déclaré dimanche à l'AFP son avocat toulousain, Me Guy Debuisson.
Yamina Mesbah, 30 ans, mariée religieusement à Abdelkader Merah depuis 2006 ressent « d'abord du soulagement d'être libérée mais a une inquiétude énorme pour la situation de son mari », explique son avocat.

Bouc émissaire ?
Le frère aîné « réfute tous les chefs d'accusation portés contre lui », a indiqué l'avocate commise d'office dimanche matin. Me Anne-Sophie Laguens a assuré que son client « condamnait fermement » les actes de son frère et ne souhaitait pas être « un bouc émissaire ». L’avocate a ajouté que son client avait été placé en détention « notamment en raison des éléments et de l'enquête mais aussi en raison de l'émoi de la population et pour le protéger ».

« Plaisir infini »

Selon des sources policières, Mohamed Merah, tombé jeudi sous les balles du Raid après avoir abattu sept personnes, a déclaré qu'il regrettait d'avoir manqué « la rentrée des classes à l'école juive » ce qui lui aurait permis de tuer plus d'enfants, rapporte le JDD dans son édition de dimanche. Toujours selon le JDD, le tueur aurait confié le « plaisir infini » qu’il avait ressenti lors de ses actions meurtrières, ne voulant pas finir en kamikaze pour pouvoir multiplier les actions « voir ses victimes », les « toucher » et les filmer.
« Il a dit qu'il n'était pas passé par des camps d'entraînement collectifs, mais avait été formé sur mesure, une sorte de cours particulier », a affirmé un enquêteur. Parmi les cibles qu'il avait identifiées, figurent le chef de brigade anticriminalité de Toulouse et une policière de la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) qui l'avait interrogé lors de son retour du Pakistan.

Marches silencieuses
Des milliers de personnes ont participé dimanche à des marches silencieuses dans toute la France en hommage aux sept victimes abattues froidement par Mohamed Merah, trois enfants et un enseignant juifs et trois parachutistes, à Toulouse et Montauban.
À Paris, 20 000 personnes se sont rassemblées, selon les organisateurs, 2 800 selon la police, et ont défilé à l'appel de SOS Racisme, de l'Union des étudiants juifs de France, de la Licra et de l'association française des victimes du terrorisme. À Toulouse, 6 000 personnes, selon la police, ont défilé en silence dans le quartier de la Roseraie.

Avec AFP
Crédit photo : AFP / Une voiture de police transportant Abdelkader Merah arrive à la sous-direction antiterroriste à Levallois-Perret le 24 mars 2012.

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