Christine Lagarde est l’une des femmes les plus puissantes du monde

Christine Lagarde est l’une des femmes les plus puissantes du monde
Christine Lagarde est l’une des femmes les plus puissantes du monde
Dans cette photo : Christine Lagarde
C’est l’une des femmes les plus puissantes au monde. Chacun de ses propos pèse lourd sur l’échiquier international. Brillante avocate d’affaires à Chicago, ministre des Finances, elle est à la tête du Fonds Monétaire International depuis 2011. Christine Lagarde, récemment nommée septième femme la plus influente de la planète reste cependant un mystère pour les Français.
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Après de brillantes études à Sciences Po, puis en droit social, Christine Lagarde obtient une maîtrise en droit des affaires et d’anglais, avant d’entamer une carrière remarquable.


Une ascension fulgurante

Avocate au barreau de Paris, elle rejoint le cabinet d’avocats Baker and McKenzie, mondialement connu, en 1981. De simple avocate, elle gravit en 23 ans tous les échelons : associée du bureau parisien en 1987, associée gérante en 1991, elle se spécialise dans le droit du travail, le droit anti-trust et les fusions-acquisitions. Membre du comité exécutif à Chicago en 1995, présidente de ce comité à partir de 1999, elle devient présidente du comité stratégique mondial en 2004.

Première femme à ce poste, elle est, à 48 ans, propulsée à la tête du plus grand cabinet d’avocats au monde. Elle est classée par le Wall Street Journal Europe, cinquième femme d’affaires européenne. Sous sa présidence, Baker and McKenzie augmente son chiffre d'affaires de 50 % pour clôturer l'exercice 2004 à 1228 millions de dollars. En 2005, elle devient également membre du conseil de surveillance de la banque néerlandaise ING Group.

Entre 1995 et 2002, Christine Lagarde s’attèle à des projets d’ordre politique et rejoint le think tank Center for Strategic and International Studies (CSIS), puis celui de la Commission pour l’élargissement de la communauté euro-atlantique, en 2003.


Une femme politique

Lorsque Christine Lagarde accepte la proposition de Dominique de Villepin de devenir ministre du Commerce extérieur en 2005, la femme politique en elle se révèle. À ce poste, son expérience d’avocate spécialisée dans le droit social prend le dessus : 48 heures après sa nomination, elle déclare qu’il faut réformer le Code du travail français, trop « lourd, compliqué » et qui « constitue un frein à l’embauche ».

Après avoir été brièvement ministre de l’Agriculture et de la Pêche (mai – juin 2007), sous le gouvernement Fillon, elle devient la première femme à occuper le poste de ministre de l’Économie et des Finances d’un pays membre du G8. De juillet à décembre 2008, elle est aussi présidente du conseil ECOFIN, qui réunit les ministres de l’Economie et des Finances de l’Union européenne, alors en pleine crise économique.


Une ministre à l’américaine

Nicolas Sarkozy lui adresse alors une lettre de mission. Il lui demande de mettre en place des réformes économiques pour « rendre le travail payant ». L’intéressée répond : « Que de détours pour dire une chose au fond si simple : il faut que le travail paye. Mais c’est une vieille habitude nationale : la France est un pays qui pense. Il n’y a guère une idéologie dont nous n’avons fait la théorie. Nous possédons dans nos bibliothèques de quoi discuter pour les siècles à venir. C’est pourquoi j’aimerais vous dire : assez pensé maintenant. Retroussons nos manches ».

La patronne de Bercy fait alors voter deux lois marquantes : la loi TEPA (Travail, Emploi et Pouvoir d’Achat) et la loi sur la modernisation de l’économie. Elle défend aussi le projet de loi visant à fusionner l’ANPE et l’UNEDIC. Et elle mène par ailleurs à bien la réforme du crédit à la consommation dans le but de limiter le surendettement des ménages.

Fin 2009, le Financial Times, quotidien britannique, la désigne « ministre des Finances de l’année » et « star parmi les décideurs politiques de la finance mondiale » ayant traversé la crise avec fermeté. Au G20, Christine Lagarde participe à la gestion de la crise financière, en lançant un vaste programme de travail sur la réforme du système monétaire international et en adoptant des politiques en matière de surveillance et de réglementations financières.

Ses compétences et son expérience au cœur de la crise lui ont permis d’acquérir une notoriété à l’échelle internationale et ont contribué à sa désignation à la présidence du FMI. Sa parfaite maîtrise de l'anglais a également été considérée comme un facteur de succès. En juillet 2011, succédant à Dominique Strauss-Kahn en pleine déconfiture, Christine Lagarde devient le onzième directeur général du FMI. Et la première femme à occuper cette responsabilité.


De Bercy à Washington

2011 annus horribilis pour l’économie mondiale. Il faut notamment garder un œil sur la zone euro, dont la stabilité financière est menacée par son niveau de dette publique. Au programme : vote du plan d’aide de 110 milliards d’euros pour la Grèce ; réunion de l’Eurogroupe pour définir un second plan d’aide à hauteur de 158 milliards d’euros visant à alléger le poids de la dette grecque et ses intérêts ; rencontre des banquiers centraux pour plaider en faveur d’une politique économique de croissance, une recapitalisation « substantielle » des banques européennes, en utilisant des fonds privés ; appel à la reprise des négociations entre démocrates et républicains américains en vue de relever le plafond de la dette publique américaine.

Fin 2013, le magazine américain Forbes la classe en septième position des femmes les plus puissantes du monde. A même de séduire aussi bien les Anglo-saxons – grâce à son efficacité et son caractère direct – que les Français – par ses compétences – Christine Lagarde n’est certainement pas prête à sortir de ce classement. Même s’il lui reste à se sortir du guêpier de l’affaire Tapis et à se démarquer des barons de l’UMP, si d’aventure elle rêve d’un « destin national », pour reprendre l’expression consacrée.