À Paris, 8 femmes sur 10 pensent qu'elles ne recevraient aucune aide en cas d'agression dans le métro

À Paris, 8 femmes sur 10 pensent qu'elles ne recevraient aucune aide en cas d'agression dans le métro
À Paris, 8 femmes sur 10 pensent qu'elles ne recevraient aucune aide en cas d'agression dans le métro
85% : c’est, selon une étude dévoilée hier, la part des Parisiennes qui pensent qu’elles ne bénéficieraient d’aucune aide si elles se faisaient publiquement agressées dans les transports en commun. Une appréhension regrettable mais qui pourrait malheureusement s’avérer justifiée.
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En avril dernier, le témoignage insoutenable d’une jeune femme 29 ans, sexuellement agressée dans le métro de Lille, avait défrayé la chronique. Et pour cause, dans une situation de détresse évidente, elle n’avait suscité que l’indifférence des autres usagers. « Les gens sont partis dans l'autre rame tout au fond. Ils m'ont laissée toute seule et ils me regardaient me faire agresser ! Personne ne m'a aidée. Je me suis défendue toute seule », avait raconté la victime aux médias. Et alors que le procureur de la République de Lille avait tenté de retrouver les témoins de cette agression afin de les poursuivre pour non-assistance à personne en danger, une étude dévoilée mercredi fait involontairement écho à cette affaire.

Menée par l’institut de sondages britannique Yougov et publiée par la Thomson Reuters, elle vise à évaluer et à comparer le sentiment d’insécurité des femmes dans les transports en commun de 16 métropoles mondiale. Si la ville du Nord-Pas-de-Calais n’a pas été prise en compte, Paris figure en revanche dans l’enquête aux côtés de New York, Londres, Pékin, Tokyo, Moscou, Bogota, Mexico et Delhi entre autres. Premier enseignement de ce sondage mené auprès de 6 300 femmes (soit 380 répondantes par ville) : les transports en commun d’Amérique du Sud (Bogota, Mexico et Lima) sont ceux dans lesquels les femmes se sentent le plus en danger. À l’inverse, elles seraient particulièrement sereines à New York, Tokyo ou encore Pékin.

Les Parisiennes font confiance aux autorités, et se méfient des usagers du métro

Quant à la capitale française, elle occupe la 11e place de ce classement. Concrètement, elle serait donc la sixième ville la plus sûre s’agissant de ses métros, bus, RER et trains de banlieue. Un résultat qui s’explique par les réponses des sondées à la question : « Avez-vous déjà fait l’objet d’attouchement ou été victime d’une quelconque agression physique dans les transports ? ». En effet, sur ce critère, Paris obtient la meilleure note devant New York et Londres. La métropole tricolore obtient également un bon score (4e derrière New York, Londres et Tokyo) à la question : « Avez-vous confiance dans les autorités pour enquêter si vous signalez un fait d’agression ou de harcèlement ? ».

Most dangerous transport system


Mais cette confiance apparente cache une regrettable réalité : les Parisiennes sont persuadées de ne pouvoir compter que sur elles-mêmes dans une situation de danger. Elles sont ainsi 85% à penser qu’elles ne bénéficieraient de l’assistance d’aucun voyageur si elles étaient victimes d’une agression. Une appréhension également très présente chez les Londoniennes (74%) mais beaucoup plus relative du point de vue des New-yorkaises.

À noter que la publication de cette étude intervient alors qu’un court métrage choc sur la non-assistance à personne en danger fait actuellement le tour des réseaux sociaux. Intitulé Je suis à l'heure et en compétition dans le cadre de la 5e édition du Nikon Film Festival, il met en scène une jeune femme sexuellement agressée  dans un train, dans l’indifférence générale. Ou quand la fiction rejoint la triste réalité.


Nikon Film Festival, Je suis à l'heure, le film... par mensquare