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La rédaction
- Publié le 17 septembre 2010
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Le Défistival est de retour !
Du DéfiParade au Défistival...
© Défistival
Multiplier les casquettes semble être une seconde nature pour Ryadh Sallem. Capitaine de l’équipe de France de Handi-basket, triple champion de France de la discipline, fondateur et animateur de l’association CAPSAAA (Cap - Sport Art Aventure Amitié), ce sportif de haut niveau est également l’instigateur et le directeur du Défistival. Ce grand rendez-vous annuel promeut la diversité et la mixité autour d’un slogan fédérateur : « Venez avec vos différences, repartez avec vos ressemblances ! ». Entretien avec un passionné du contact humain…
Terrafemina : Vous avez lancé le Défistival il y a sept ans. Quel était votre objectif à l’époque ?
Ryadh Sallem : Cette manifestation a été créée en 2003 dans le cadre de « L’année européenne des personnes handicapées ». Pascal Eouzan (ancien champion du monde de Tumbling) et moi avions constaté avec étonnement qu’aucun grand rendez-vous national n’était prévu à cette occasion, à l’image de la Technoparade ou de la Gay Pride. Nous avons voulu combler ce manque en créant le DéfiParade.
Le succès a immédiatement été au rendez-vous ! Nous avons attiré 10 000 visiteurs dès la première édition et avons été félicités par des personnalités politiques pour avoir créé « le plus important événement européen destiné aux personnes handicapées ». Nous ne pouvions pas nous arrêter en si bon chemin.
En 2004, le Défiparade est devenu le Défistival car nous ne souhaitions pas que l’évènement soit étiqueté « handicap ». Nous avons donc choisi de promouvoir des thématiques transverses et fédératrices. La mixité et la diversité convenaient parfaitement. Ces thèmes avaient en outre l’avantage d’englober le handicap, une forme de diversité dont personne n’est à l’abri.
Une manifestation gratuite et hétéroclite
© Défistival
TF : Quelle est la particularité du Défistival par rapport aux autres manifestations prônant la diversité ?
R.S. : Nous n’avons ni revendication politique, ni de quelque autre sorte d’ailleurs. Par exemple, le Sidaction ne s’intéresse qu’au Sida et aux maladies sexuellement transmissibles, le Téléthon récolte des fonds pour vaincre la myopathie tandis que la Gay Pride et la Techno Parade s’adresse respectivement aux homosexuels et aux fans de musique de techno… Or, le Défistival ne vise pas de catégorie d’individus en particulier. Nous nous adressons aussi bien à des personnes en situation de handicap qu’à des personnes valides, quelle que soit leur culture, leur orientation sexuelle et ce, qu’elles soient malades ou non.
C’est une manifestation gratuite qui se veut hétéroclite. Nous vivons sur la même planète mais chacun évolue dans son petit monde. Pourtant, nous ne sommes pas de simples colocataires. Nous sommes tous différents, c’est pourquoi nous devons nous réunir pour échanger, nous enrichir et faire évoluer les choses.
Par ailleurs, le Défistival insiste sur le caractère évolutif d’une vie. Des personnes malades aujourd’hui guériront, des alcooliques redeviendront sobres, etc. Nous fêtons l’être humain dans sa globalité et à toutes les étapes de son existence. Des solutions existent pour chacun, il est important de les mettre en avant ; de ne pas uniquement insister sur les aspects négatifs.
TF : Que pensez-vous de la représentation des minorités visibles dans le monde du travail ?
R.S. : La situation s’améliore mais elle exige encore beaucoup de patience. Le changement est, de manière générale, un long processus car il est irritant et douloureux. Nous n’avons pas d’autre choix que de passer par cette étape transitoire pour progresser.
Les institutions ont un grand rôle à jouer dans ce cadre. Je pense qu’elles prennent leur rôle au sérieux même si elles accordent parfois trop d’importance à l’audience, à la tendance. Si l’opinion publique se montre frileuse quant à une évolution, celle-ci sera mise au placard. J’ai l’impression que c’est le mode de fonctionnement de nos décideurs. Ils devraient faire davantage figure d’exemples or, ils se contentent trop souvent de surfer sur la vague.
Sculpter des sourires...
© Défistival
TF : La lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale est le thème de cette 8ème édition du Défistival. Concrètement, comment cette thématique va-t-elle être mise en avant ?
R.S. : Cette année, le Défistival s’inscrit dans le cadre de « L’année internationale de la biodiversité » et de « L’année européenne contre la pauvreté et l’exclusion sociale ». La journée s’ouvrira sur une session de débats, animée par des experts des enjeux collectifs que sont la biodiversité, la pauvreté et l’exclusion sociale. « Quel rapport entre la biodiversité et l’exclusion sociale ? », me direz-vous. Ce sont les relations de cause à effet. En approfondissant le sujet, on constate que tout est lié. Ainsi, la surexploitation des ressources agricoles dans certains pays entraîne la pauvreté et la famine, puis l’apparition de bidonvilles et inévitablement, l’exclusion des populations qui y vivent.
TF : Quels sont vos projets pour l’édition 2011 du Défistival ?
R.S : Nous réfléchissons déjà à la prochaine thématique. Nous souhaiterions faire découvrir de nouvelles cultures. Peut-être celle des artistes de rue. Ils ne sont pas suffisamment mis en valeur à mon goût. Quoi qu’il en soit, notre objectif reste inchangé depuis 2003 : sculpter des sourires sur tous les visages.
Propos recueillis par Marie-Laure Makouke
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à suivre, c'est une manifestation particuliere. en attente du programme 2011
Cette grande fête populaire reste avant tout un lieu d'échange!