Par
Candice Satara-Bartko
- Publié le 13 octobre 2010
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Bondy, l’âme de la banlieue…
Bondy, l’âme de la banlieue…
Terrafemina : Vous venez de publier Bondy zone humaine sensible, comment est né ce projet ?
Anne Dhocquois : Bondy est engagé dans une rénovation urbaine sans précédent, la plus importante de Seine-Saint-Denis. Dans le cadre de cette transformation, la ville avait l’obligation de faire quelque chose pour garder la « mémoire du quartier ». Elle a lancé un appel à projets que les éditions Autrement ont remporté. Ce livre s’inscrit dans une collection spéciale intitulée « Villes en mouvement » ; ce sont des portraits de villes réalisés à partir d’entretiens avec les acteurs sociaux, économiques et culturels les plus marquants. Généralement, il s’agit de villes connues, prestigieuses, telles que Marseille, Nantes, Lyon, Berlin, Bucarest. Avec Bondy le format a évolué : nous avons donné la parole aux acteurs mais aussi aux témoins du changement. C’était vraiment intéressant de pouvoir faire ce travail dans une banlieue, et d’autant plus dans celle-ci qui vit un moment important de son histoire.
TF : Quels sont les enjeux de la rénovation urbaine ?
A.D : Bondy est en pleine mutation. Le principal enjeu, c’est la frontière entre le nord et le sud, la N3. Comment adoucir cette démarcation, réhabiliter le canal de l’Ourcq qui longe le la ville et lui donner un vrai centre? C’est une question urbanistique et éminemment sociale. C’était intéressant de faire le livre au moment où toutes ces dynamiques se rencontraient.
Galerie de portraits
TF : Comment avez-vous choisi les Bondynois dont vous faites le portrait ?
A.D. : J’ai travaillé avec la ville en toute transparence. Elle m’a fourni une liste d’habitants qui sont les acteurs du changement de la ville, puis j’ai ajouté d’autres personnages qui pour moi étaient incontournables. L’hôpital Verdier est présent par exemple, à travers le point de vue d’un médecin. De même, j’ai interrogé des personnes qui trouvaient totalement leur place comme cette mère de famille qui relate sa vie au quotidien, cette famille de bijoutiers qui habite Bondy depuis plus de quarante ans. Ces habitants ont leur mot à dire sur cette rénovation, leur point de vue est complémentaire.
TF : Quels personnages vous ont le plus marquée ?
A.D. : La première qui me vient à l’esprit, c’est cette maman qui élève ses deux filles seules dans le Bondy nord. Elle parle très bien de la vie dans la cité, ses bons et ses mauvais côtés. La cité qui aide et qui protège mais aussi qui exacerbe les tensions. Elle donne une image assez juste de la banlieue car justement nuancée. On touche du doigt quelque chose d’intéressant par rapport à ce qu’on imagine de la vie dans la cité. J’ai beaucoup aimé Widad aussi. Cette jeune journaliste au Bondy blog a beaucoup d’ambition, son rêve : devenir reporter de guerre. Les Bondynois sont fiers de porter dans leur ville le Bondy blog, mais aussi une université populaire, un café philo et même une Amap- Association pour le maintien d'une agriculture paysanne.
Changer de regard
T.F. : Finalement, à travers ce livre vous voulez changer le regard sur la banlieue ?
C’est un livre sur la banlieue, le fait que qu’il ait été commandé dans le cadre de la collection « Ville en mouvement » montre l’importance que l’on accorde à une ville comme celle-là. Bondy est une ville passionnante, variée, où différentes couches sociales se côtoient. Cela créé une vraie dynamique et il y a de nombreuses initiatives municipales et citoyennes qui impulsent le changement. Avec la photographe, nous avons voulu être au plus près de la réalité, donner une image juste sans rien édulcorer et ne pas non plus tomber dans l’angélisme. J’espère que les Bondynois sont fiers de ce portrait. Nordine Nabili, le directeur de l’ESJ Bondy m’a dit : « c’est un encouragement pour tous ». Si à mon échelle je peux aider les gens et donner une image plus juste de la vie de cette banlieue, alors que j’ai gagné mon pari.
Anne Dhoquois, Bondy zone humaine sensible, éditions Autrement.
En savoir plus :
Dans les coulisses du Bondy Blog


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C'est sur qu'il suffit d'un déclic pour que la banlieu change .
je ne pense pas qu'il suffit de renover pour que les cités changent si elles sont déjà gangrénées, les petits voyous resteront et n'iront pas ailleurs
J'ai grandi dans cette ville dans les années 9à et franchement elle était calme, sans soucis.