Carnet de route : Héloïse en mission ONG au Cambodge
Parachutage à Phnom Penh
© Héloïse Hérault
Septembre 2007, Héloïse, 24 ans, est peut-être en pleine crise d’adolescence. Son Capes de lettres en poche, elle dispose d’un an avant de prendre son poste en collège. Ses parents veulent qu’elle tente à nouveau l’agrégation, tandis qu’elle se met en quête d’une ONG pour partir loin. « J’étais dans le milieu associatif depuis plus de dix ans, je servais la soupe tous les hivers à l’église Saint-Eustache » explique t-elle. Alors quand elle voit une annonce sur le site web de l’ONG « Les Enfants du Mékong », elle se lance. Elle avait déjà baroudé en Asie sans avoir le temps de passer par le Cambodge, l’occasion est trouvée. Elle passe deux entretiens en septembre, et on lui annonce qu’elle part le mois suivant pour un an de mission.
Recrutée au pied levé, Héloïse n’est donc pas passée par toutes les formalités, elle a notamment été exemptée de la semaine de formation du mois de juillet, « Ils avaient besoin de quelqu’un de solide et motivé, je correspondais au profil ». Sa plus grande crainte étant de se retrouver dans un milieu catholique trop pratiquant pour ses propres convictions. « Les Enfants du Mékong » n’est pas une organisation catholique, mais de nombreux prêtres missionnaires contribuent au projet. Quelques vaccins plus tard et laissant à Paris des parents plus que sceptiques, Héloïse atterrit à Phnom Penh.
Business Woman tout-terrain
© Héloïse Hérault
« Je pense que j’ai commencé à comprendre ma mission au bout d’un mois » avoue Héloïse. Heureusement c’est le temps que l’ONG laisse aux nouveaux arrivants pour s’adapter et apprendre des rudiments de Cambodgien : cette période de « tuilage » comme ils la nomment, permet de faire le relais entre les deux volontaires de l’ONG. Lorsque la mission commence, il faut être autonome : se repérer géographiquement, connaître les acteurs du programme, les collaborateurs locaux, les problématiques de chaque village.
Les déplacements sont nombreux : «La première fois que j’ai pris la moto je suis tombée au bout de 50 mètres, en vélo c’est aussi très dangereux, il faut se cacher derrière les voitures pour traverser ! » Héloïse, en tant que «coordinatrice des programmes en partenariat », assure la gestion et le suivi des projets. L’ONG fonctionne par parrainages ; les fonds envoyés par les parrains occidentaux doivent être gérés et distribués de façon juste et intelligente : « Les familles parrainées s’engagent à scolariser un enfant au lieu de le faire travailler. Pour cela elles reçoivent une compensation en nature (matériel, nourriture, aménagement de leur habitat) ou en cash qui ne doit pas être trop élevée. Le montant est toujours inférieur au salaire d’un enfant, sinon le programme attirerait trop de familles intéressées. »
Héloïse est livrée à elle-même, elle n’a pas vraiment de supérieur hiérarchique, et ces responsabilités lui plaisent : la logistique à gérer correspond à la mission d’un cadre en entreprise, « mais il faut toujours garder à l’esprit que nous sommes dans un pays déstructuré, nous devons nous adapter à ce rythme et à cette culture très différents. Cela demande beaucoup de patience ». Héloïse apprend très vite la frustration, parce que même engagée dans une ONG on ne peut pas tout faire, et on ne peut pas aider tout le monde.
La magie de l’humain
© Héloïse Hérault
Héloïse n’oublie pas les moments difficiles, à Phnom Penh et dans les villages, elle voit la misère, la maladie et la détresse de familles qui lui demandent de l’aide. « Au début on a envie de mettre la main à la pâte tout de suite», mais il faut se contenter d’observer pour ensuite travailler dans les règles. « On apprend à évaluer la pauvreté et la solidité des familles, ne garder que celles que le parrainage peut vraiment aider », avec celles-ci Héloïse noue parfois des liens très forts.
Son meilleur souvenir est celui d’une nuit passée dans la cabane d’un gardien de poulets : « Il fallait quelqu’un pour surveiller les animaux cette nuit-là, mais dans cette culture on ne doit pas laisser une femme dormir seule. Trois femmes du village sont venues partager une natte et une moustiquaire avec moi. Nous avons fait une sorte de « soirée pyjama », comme des amies de 16 ans… » Ces moments simples et forts lui font oublier la violence de la ville, les corps qu’elle aperçoit sur la route après les accidents et les enfants qu’on découvre séropositifs : « leur histoire et leur culture font que les Cambodgiens n’ont pas le même rapport à la mort que nous, ils la côtoient au quotidien. »
Qu’elle y voit une parenthèse ou une étape dans sa vie, Héloïse est ressortie grandie de cette expérience, et prête à enseigner.
La tolérance en héritage
© Héloïse Hérault
La jeune prof de lettres ne pense pas avoir été « transformée », mais plutôt « démesurément enrichie ». Enrichie des émotions très fortes ressenties auprès de gens si différents et « décuplées lorsqu’on est loin de ses repères ». Les autres membres de l' organisation "Enfants du Mékong" sont devenus des amis, qu’ils soient prêtres, coordinateurs locaux ou étudiants.
« J’avais très peur du retour en France, mais j’ai très vite travaillé. Et j’utilise cette aventure pour étudier le récit de voyage avec mes élèves. » Elle se dit plus tolérante et plus adulte depuis son retour, mais surtout convertie à une certaine forme de spiritualité, « je repars au Cambodge en février prochain, pour revoir des étudiants et des amis qui m’écrivent toujours, et pour faire mûrir cet enrichissement spirituel. J’ai été fascinée par l’ouverture d’esprit et l’accueil des gens là-bas. Je ne pratique pas plus qu’avant, mais j’admire cette foi qui se traduit en besoin d’agir pour les autres. »
Consulter le blog d'Héloïse au Cambodge.

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je viens de lire avec grand intérêt le parcours de cette jeune diplômée qui n'a pas hésité à quitter la tranquillité et le conformisme de l'europe pour apporter son aide aux peuples cambodgiens. au delà de la mission même de gérer les dons et de les redistribuer de manière équitable aux familles dans le besoin, cette jeune femme a pu vivre une aventure humaine rare et enrichissante. Au contact de cette population étrangère, elle a su ainsi tisser un réseau social en leur venant en aide. j'aimerais avoir son courage pour me lancer dans une telle entreprise. on en ressort assurément grandi!!!
tu as raiosn leslie , il y a beauxcoup de jeunes qui apré sleurs é&tudes n'hésitent pas à partir dans des pays étrangers pour s'occuper des enfants et de leur éducation félicitation
Bravo pour la générosité dont vous faites preuve au Cambodge, ça fait plaisir à voir. Ca doit être cool de faire partie d'une ONG.
bravo à cette jeune femme qui a su prendre ses responsabilités pour voyager et faire profiter aux autres tout ce qu'elle a appris au cours de sa formation, article très intéressant
Bon nombre d epersonne s'occupe de ce scas désespérés du bout du monde , c'est vraiment une bonne chose et bravo à toutes ce spersonnes qui mettent aussi leur savoir au profit des démunis.