Association « Enfance-Télé : Danger ? », contre les dérives du petit écran

Association « Enfance-Télé : Danger ? », contre les dérives du petit écran
Association « Enfance-Télé : Danger ? », contre les dérives du petit écran

La première association française dédiée à la protection des enfants face aux dangers de la télévision, « Enfance-Télé : Danger ? », lutte depuis 1994 contre la surconsommation télévisuelle et les violences diffusées sur le petit écran. Janine Busson, présidente et fondatrice de l'association, se bat au quotidien pour alerter les parents et responsabiliser les enfants.

A lire aussi
Peta : happening choc contre le gavage et le foie gras à Paris
association
Peta : happening choc contre le gavage et le foie gras à...

Naissance de l'association

L'association voit le jour en 1994, à la suite du meurtre d'un enfant de 5 ans par deux autres enfants du même âge en Norvège, des enfants qui avaient reproduit ce qu'ils avaient vu la veille à la télévision. L'année précédente, deux enfants de 10 ans avaient également reproduit des gestes vus à la télé et tué une fillette de 2 ans en Angleterre. Pour Janine Busson, présidente et fondatrice de l'association, c'est la première fois dans l'histoire de l'humanité que les enfants n'apprennent plus par leurs expériences personnelles mais par des images construites dans un but marchand, qui peuvent mener à des dérives. La télévision fait aujourd'hui partie intégrante de la vie des enfants puisqu'ils la regardent en moyenne 1400 heures par an, alors qu'ils ne sont à l'école que 850 heures par an. Sexe et violence sont alors à la portée des jeunes enfants, et les parents ne sont pas toujours là pour contrôler ce qu'ils regardent. L'association « Enfance- Télé : Danger ? » est donc née pour apporter des solutions de protection de l’enfance face aux dangers de la télé, en militant auprès des pouvoirs publics, en organisant des conférences, mais également en se rendant directement dans les écoles.

Une télé qui peut nuire au développement

D'après une étude menée dans les années 90 par le pédopsychiatre Marcel Rufo, le taux de réussite scolaire est divisé par trois, la mémorisation par 5 et l'agressivité est multipliée par 3 après seulement 50 minutes de télé. Janine Busson, forte d'une expérience de 21 ans en tant qu'institutrice en école maternelle, a pu constater le changement de comportement des enfants à cause du petit écran : les insomnies augmentent, les enfants se couchent de plus en plus tard. Résultat : en 30 ans, les ados ont perdu entre 2 et 3 heures de sommeil par nuit. La télévision a aussi un impact sur le cerveau puisque d'après plusieurs études, 2 heures de télé par jour entraînent des risques de modification des connexions cérébrales. Les enfants ne se développent plus correctement et cela se voit notamment à travers les dessins qu'ils font : les enfants passant quotidiennement plus de 3 heures devant le petit écran ne dessinent pas aussi bien que ceux qui la regardent moins d’une heure. « Enfance – Télé : Danger ? » a pour but de sensibiliser les parents et les éducateurs à cette surconsommation télévisuelle, et de protéger les enfants face aux violences montrées à la télévision.

Sensibiliser les parents

A quelques exceptions près, tous les enfants ont accès à la télévision chez eux. Depuis quelques années, avec l'apparition des écrans plats, les parents installent l'ancien poste dans la chambre des enfants, une « grave erreur », selon Janine Busson, car les parents ne peuvent plus contrôler ce que l'enfant regarde. D'après les chiffres du psychologue Serge Tisseron, 50% des enfants en maternelle et 53% des élèves du primaire ont une télé dans leur chambre.
Janine Busson explique que dans l'idéal, le nombre d'heures passées devant la télé doit correspondre à l'âge de l'enfant. Par exemple, un enfant de 6 ans peut regarder la télé 6 heures par semaine, un enfant de 7 ans, 7h par semaine etc.
Par ailleurs, Janine Busson rappelle l'importance du dialogue entre les enfants et les parents lorsque les enfants sont choqués par quelque chose.
Pour éviter le formatage des enfants, l'association a lancé les « 7 trucs chouettes » pour gérer la TV avec astuce. Parmi ces conseils, l'association recommande aux parents de regarder ce que leurs enfants regardent, de leur apprendre à faire des choix sur les programmes télévisés, ou encore de choisir des activités culturelles et sportives.

Une action sur le terrain

Après avoir créé le principe d'une « semaine sans télé » en 1997, l'association propose depuis 2009 aux écoliers du CP au CM2 de Wimereux le défi des « 10 jours sans écran » en se rendant directement dans les classes. Il s'agit d'un sevrage volontaire de 10 jours, en général très bien accueilli par les enfants. Bilan : 51% des enfants ont lu davantage pendant cette période, 63% ont mieux fait leurs devoirs, 61% ont eu de meilleures notes ou appréciations, ils ont eu une attention plus grande en classe, une meilleure écriture au CP. A la maison, 47% se sont couchés plus tôt, 74% ont joué davantage seuls ou avec d’autres, et 46% ont ressorti les jeux de société.

L'association milite également auprès du CSA pour l'instauration de spots d’éducation familiale et citoyenne, d'un Label Kid pour aider les parents et les enfants à faire leur choix, et réclame un festival du film non-violent, après avoir récolté 133.500 signatures du Manifeste pour l'Enfant en 1998 et 2006.


Le site de l'association « Enfance – Télé : Danger ? »

L'association « Enfance – Télé : Danger ? » est administratrice du COFRADE (Conseil Français des Associations pour les Droits de l’Enfant) et le représente au sein du CIEME (Comité Inter associatif Enfance et Média), de l’UDAF 62 et de l’URAF 59-62. Elle est membre de la Coordination pour l’Education à la Non-violence.

Géraldine Bachmann

VOIR AUSSI

Maladies cardiaques : plus de sport et moins de télé pour les enfants
Obésité infantile et publicité : les 12 recommandations de l'OMS
Les chaînes s'animent autour de l'obésité
Faut-il avoir peur des chaînes pour bébé ?