Par
Alix Foriel
- Publié le 15 novembre 2010
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Le microcrédit sur Internet a de l’avenir en France !
Le microcrédit en France : état des lieux
© Romain Joly
« L’intérêt du microcrédit est qu’il répartit l’accès au capital à tous les acteurs économiques », explique Maria Nowak, présidente et fondatrice de l’Adie et auteur de « L’espoir économique » aux éditions JC Lattès. Pour celle qui a introduit le microcrédit en France il y a 20 ans, « le but est de bâtir un secteur financier ouvert à tous, pour que chacun puisse créer son emploi ». Autant dire qu’en cette période de crise et de frilosité bancaire, le microcrédit peut être une bouffée d’air social et économique cruciale. Les chiffres le prouvent : depuis 1989, l’Adie a permis de créer 65 000 entreprises en France, et a accordé 80 000 microcrédits.
En pratique, l’Adie peut proposer un plan de financement de 11 000 euros maximum (6000 euros de microcrédit, complété selon les régions par un prêt d'honneur, une aide de l'Etat ou de la région, etc.). Les prêts atteignent 2800 euros en moyenne. Le remboursement peut s’étaler sur 30 mois, avec un taux d’intérêt assez élevé (près de 10%) mais qui s’explique par la petitesse du prêt et le fait que l’Adie doit elle-même emprunter pour le financer. Notons également que l’Adie fournit des services d’accompagnements gratuits, ou presque. Ainsi, l’association propose à partir de ce mois-ci la création d’un site Internet pour 1 euro par mois.
Crédit photo : Romain Joly
A vous de prêter !
Et vous et moi, pouvons-nous prêter un peu d’argent à un entrepreneur en difficulté, si nous croyons en son projet ? Jusque très récemment, sur des sites comme Babyloan ou Veecus, il n’était possible de prêter qu’à des entrepreneurs situés dans les pays en développement.
Mais depuis le 27 juin dernier, la loi autorise les personnes physiques à prêter de l’argent à des institutions de microfinance chargées par la suite de reverser les fonds aux projets sélectionnés. La volonté gouvernementale de donner un coup de pouce au microcrédit doit beaucoup au lobbying de Babyloan et de l’Adie, désormais partenaires. « Nous, nous n’avons pas les compétences pour accompagner, former, et faire du recouvrement, explique Arnaud Poissonnier le co-fondateur de Babyloan, en revanche on sait lever de l’argent solidaire ».
Pour lui, l’intérêt de donner accès au microcrédit à des particuliers, c’est d’aller plus loin que la dimension Nord-Sud : « on va créer de la solidarité de proximité, par exemple le prêteur pourra devenir client de la pizzeria qu’il aura aidé à financer ». Babyloan lancera ses premiers projets français d’ici deux semaines, et enrichira son offre dès début 2011. De quoi donner un nouvel élan à ses actions en général, et ouvrir de nouveaux horizons… Deux grosses sociétés françaises se sont déjà dites intéressées par la perspective d’un partenariat, une fois que l’offre française sera en ligne.
Un nouveau concept : le microcrédit participatif
Nouveau venu sur le marché du microcrédit : Friendsclear, premier site de finance participative en France qui s’est lancé en France en octobre 2008. A la différence des internautes de Babyloan, les prêteurs perçoivent un intérêt sur l’argent qu’ils ont prêté. En ce moment le taux d’intérêt est fixé à 5,52% et les investisseurs perçoivent 4,5%.
Le fondateur de Friendsclear, Jean-Christophe Capelli, s’est inspiré de MyMajorcompany dans l’industrie du disque ou de Peopleforcinema : « nous mettons en relation par Internet ceux qui ont besoin d’argent et ceux qui peuvent les financer, ces derniers sélectionnant eux-mêmes les dossiers qui les intéressent. » Là encore les profils des entrepreneurs sont atypiques, à l’image de Catherine Maugée, 38 ans, qui a lancé Bebio, une société de distribution de paniers bios dans les entreprises. La banque lui avait refusé un prêt de 2500 euros en vue d’acheter un véhicule utilitaire. Sur Friendsclear, elle a récolté plus de 4000 euros de promesses de prêts. « Je ne m’attendais pas à un tel succès », nous confie-t-elle. Elle n’a néanmoins pas encore pu toucher un centime, le processus n’étant pas bouclé.
« Les prêteurs investissent des petits montants : entre 100 et 800 euros par projet, explique J.-C. Capelli, il s’agit d’un prêt personnel à l’entrepreneur qu’il apporte en compte courant ». Autrement dit si l’entrepreneur ne rembourse pas, il peut devenir interdit bancaire, ce qui est un risque non négligeable.
Reste que le fondateur de Friendsclear croit dur comme fer dans la finance participative : « il existe énormément de besoins de financement en France, résultat notre objectif est d’atteindre 1000 prêts par mois dans 18 mois. » A mi-chemin entre business et philanthropie, la microfinance a de beaux jours devant elle.
ALLER PLUS LOIN
Le microcrédit, ferment d'un monde nouveau
Connaissez-vous le microcrédit ?
Le site de Babyloan
Le site de l’Adie
Le site Friendsclear

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Je savais que ça existait ailleurs mais pas du tout en place en France , Mince j'en apprends une bonne .
oui le micro crédit existe et c'est une facon comme une autre de placer son argent si j'ai bien compris,
Non Omafha c'est plutôt des minis crédits de courte durée avec des taux faibles ...
Le microcrédit à plusieurs avantages pour le créateur d'entreprise, ceux cités ici mais également celui d'être un levier auprès d'autres associations - voir des banques pour négocier un découvert par exemple. Mais il a un inconvénient, celui de déresponsabiliser les banques ; dont, faut-il le rappeler, le métier est (entre autre)de prêter de l'argent! Quant au microcrédit pour les investisseurs particuliers c'est, pour babyloan en tout cas, de la philanthropie car il n'y a pas de taux d'intérêt et aucune garantie contractuelle de remboursement (mais en deux ans 1/2 les babyloaniens n'ont pas eu de cas de non-remboursement). En résumé une bonne alternative aux dons, car plus concret mais sans la déduction fiscale !
Evidement quand on connait tous les tenants et aboutissants...
Il ne faut pas mélanger business et solidarité (je préfère ce dernier mot à "philanthropie"). On risque sinon d'en arriver aux dérives constatées en Inde, où certaines pratiques dites de microcrédit reprennent en fait la place des usuriers traditionnels. Muhammad Yunus, prix Nobel de la paix 2006, demandait récemment qu'on impose un code de bonne conduite aux institutions de microfinance et rappelait: "Le microcrédit ne doit pas être présenté comme une opportunité pour gagner de l’argent. Il doit d’abord servir à créer de l’activité, à permettre aux plus démunis d’avoir un métier. Les institutions de microfinance ont besoin d’argent, mais l’important est la manière dont les profits sont redistribués. La Grameen Bank, que j’ai fondée, appartient, par exemple, aux emprunteurs. Ce sont eux qui perçoivent les bénéfices réalisés, avec un taux de dividende de l’ordre de 20 %".
C'est vraiment pour démarrer son entreprise une bonne alternative et si j'avais eu ça en mon temps lorsque j'ai débuté , les choses auraient été différente et mon ascension aurait été plus vite faite, maintenant ils mettent de soutils supplémentaires entre le smains de ceux qui veulent vraiment bosser et se relever de périodes difficiles.