Combattre la mortalité maternelle au Burkina Faso

Combattre la mortalité maternelle au Burkina Faso
Chaque année, au Burkina Faso, plus de 2 000 femmes meurent des suites de complications liées à la grossesse. Terrafemina a contacté Salvador Saguès, chercheur pour Amnesty International et co-auteur du rapport « Donner la vie, risquer la mort – La mortalité maternelle au Burkina Faso » qui paraît aujourd’hui.

Dans ce pays pauvre d’Afrique de l’Ouest, coincé entre le Mali et le Niger, des milliers de femmes meurent au cours de leur grossesse ou de leur accouchement, à cause d’une carence de soin mais aussi du trop grand nombre de grossesses : « Nous avons vu des jeunes femmes de 25 ans qui avaient déjà eu 8 à 9 grossesses » s’inquiète Salvator Saguès, co-auteur du rapport alarmant sur le Burkina Faso pour Amnesty International paru le 27 janvier.
 
Si d’après la Constitution les femmes ont légalement le même statut que l’homme, en réalité elles sont soumises à la volonté masculine. Sans éducation ni information concernant leurs droits sexuels et reproductifs, les Burkinabès se soumettent aux envies de leurs maris, même si cela doit aboutir à une grossesse. Souvent précoce ou trop rapprochée d’une autre, la maternité se révèle alors dangereuse pour la mère et pour l’enfant.

Seulement 14% de la population a accès aux soins contraceptifs. Principal argument : le coût. Et pourtant les autorités font beaucoup d’efforts pour résoudre les barrières économiques afin de diminuer la mortalité maternelle. Ainsi, en 2006, le gouvernement a décidé de subventionner le coût des soins de santé maternelle à hauteur de 80% et 100% pour les femmes vivants dans une extrême pauvreté. « Malheureusement, les 20% restants sont encore beaucoup trop pour certaines familles. De plus cette campagne de subvention a été mal communiquée. Aujourd’hui, les Burkinabès ne savent pas ce qu’ils doivent payer » nous confie Salvator Saguès.

S’ajoute à cela « la qualité des soins qui laissent à désirer. Certains membres du personnel médical abusent des patientes par des maltraitances physiques et des violences morales », s’indigne Salvator Saguès. Selon le chercheur, ces comportements violents seraient la cause d’une nervosité due aux terribles conditions de travail du corps médical. « J’ai déjà vu une sage-femme accoucher une patiente avec une lampe torche coincée entre les aisselles, parce qu’il n’y avait plus d’électricité dans tout le centre », ajoute t-il. Cependant, Salvator Saguès rejette ce comportement qu’il qualifie d’inacceptable. Les autorités ne semblent pas se soucier de ces agressions, résultat d’une politique de « police-corruption ».

Pour en savoir plus, aller le site d'Amnesty International.

Stéphanie Marin

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