Par
Marine Deffrennes
- Publié le 28 juin 2010
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L’avenir est-il dans la colocation ?
Le logement en crise
Entre 1965 et 2009, les ménages ont multiplié par 3,4 leurs dépenses pour le logement, tandis que leurs revenus ont à peine été multipliés par deux*. La crise financière n’a rien arrangé. La population s’accroît, l’offre de logements ne suit pas, surtout dans les grandes villes. Et ce n’est pas seulement l’allongement de la durée de vie qu’il faut incriminer. Selon un rapport publié par l’Union Sociale pour l’Habitat le 4 mai 2010, à un taux de natalité élevé et au vieillissement de la population, il faut ajouter le fait que : « La famille se métamorphose, influençant les choix et les parcours résidentiels. (…) Les personnes seules, du fait du célibat tardif et de l’allongement de la durée de vie, représentent une part croissante de la population. Les couples se forment plus tardivement, se séparent plus fréquemment et le nombre de familles monoparentales ou recomposées s’accroît de jour en jour. Ces phénomènes créent des besoins nouveaux en matière de vie sociale et donc de logements. »*
Il suffit en effet de remarquer que désormais la plupart des enfants de parents séparés ont 2 adresses, que les personnes âgées préfèrent, si elles en ont les moyens, garder leur « home sweet home » le plus longtemps possible en laissant vide une ou parfois deux chambres, et que les jeunes jouent les « Tanguy » empêchant ainsi leurs parents de vendre la maison familiale…
Yankel Fijalkow**, sociologue urbaniste maître de conférence à l’Université Paris VII, note ainsi le choc entre deux cas de figure : « D’un côté les baby boomers qui prennent leur retraite aujourd’hui, souvent propriétaires de grands logements dans des zones hyper-tendues comme Paris, et de l’autre des jeunes en quête d’un logement dans la même zone. Cela peut donner naissance à des cohabitations intergénérationnelles comme en Espagne où les « viviendas compartidas » - lieux de vie partagés- existent depuis longtemps. »
*Source : Union Sociale pour l’Habitat. http://www.union-habitat.org/
**Auteur de La Sociologie des villes, éditions la Découverte, collection Repères
Jeune étudiant partagerait appartement avec sénior…
Débarqué sur Paris avec une bourse et quelques économies, Alban, 21 ans, étudiant en école de commerce avait entendu parler des colocations sénior-étudiant à Lyon. Il prend contact avec l’association « Ensemble 2 générations » qui lui propose de vivre gratuitement dans un appartement du 14e arrondissement avec Jean, 94 ans. « Cela fait à peine deux mois et ça se passe très bien, j’avais l’habitude de m’occuper de ma grand-mère donc je ne suis pas désemparé », explique Alban, visiblement attaché à son colocataire. En échange de la gratuité du logement, il doit être présent, selon la convention d’hébergement qu’ils ont signée, tous les soirs de semaine et un week-end sur deux. « En pratique on s’arrange, la famille est très compréhensive, je suis surtout chargé de vérifier qu’il mange le soir, car il a tendance à ne pas s’alimenter. » Alban ne joue pas les infirmières ni les auxiliaires de vie, il « joue aux dames », regarde la télé, discute avec Jean, « le soir je vérifie qu’il a éteint toutes les lumières et qu’il a un verre d’eau sur sa table de nuit. »
Une solution gagnant-gagnant pourtant encore assez marginale selon Guyonne Dartiguenave, chargée de mission à Paris pour Ensemble 2 générations : « La demande des étudiants est très forte, surtout au mois de septembre, mais nous manquons de candidats chez les personnes âgées qui ont peur d’être dérangées et peur du « jeune » en général. » En quatre ans l’association a mis en place 300 binômes sur Paris et en région parisienne. Primé par la Mairie de Paris et suivi de près par le haut-commissaire à la jeunesse, le projet a l’immense mérite de multiplier l’offre de logements pour les jeunes et de rompre l’isolement et la dépendance des personnes âgées.
Et pour certains papys boomers qui abordent aujourd’hui la retraite seuls, avec des revenus moyens voire bas, le salut pourrait aussi venir de la colocation…
*Source : Union Sociale pour l’Habitat.
40, 50, 60 ans : tous en coloc’ !
A 65 ans Odile vit dans un deux pièces près de Montpellier. Ecrivain divorcée, elle rêve d’une grande maison avec un beau jardin : « Je vois de très belles villas qui seraient abordables pour vivre à deux ou à trois. J’aime être seule et n’ai pas l’intention de me réinstaller en couple. Je cherche donc des personnes qui sont comme moi, mais la plupart cherchent à rompre avec la solitude et veulent tout partager. » C’est sur partage-senior.net qu’Odile a déposé son annonce, un site créé il y a un an par Pierre Lelal : « Je savais qu’au Royaume-Uni ou en Allemagne les retraités se regroupaient entre eux pour cohabiter voire pour acheter de grandes maisons. J’ai lancé le site en pensant aux 4 millions de personnes de plus de 60 ans qui vivent seules en France, mais la cible s’est vite élargie aux actifs de plus de 40 ans. »
Une cible exigeante
En un an, ce sont environ 4000 projets de colocation qui ont été déposés sur le site, avec un profil récurrent : « 7 annonces sur 10 émanent de femmes, de 50 ans en moyenne, célibataires ou séparées qui ne veulent pas refonder un foyer, et désirent vivre entre elles, explique Pierre Lelal. » Si le concept a fait beaucoup parler de lui au démarrage, son instigateur doit reconnaître que les cohabitations ont du mal à se concrétiser : « C’est encore très timide, notre cible est plus exigeante que celle des jeunes qui choisissent volontiers la colocation. Mais je pense que l’évolution des niveaux de retraite et la crise vont accélérer les choses. » Un service d’accompagnement vient d’être mis en place sur partage-senior.net pour aider les candidats à se rencontrer.
Patricia : « A huit dans une maison, je me suis sentie rajeunir »
Patricia, 60 ans, a déposé elle aussi une annonce, car elle a encore été mutée loin de chez elle. Pour ne pas vendre sa maison qu’elle n’a pas fini de payer, elle vit en colocation : « La première fois nous étions huit dans une grande maison près d’Orléans. Un couple de 30 ans avait rénové plusieurs chambres et j’ai cohabité avec quelques étudiants et une dame de mon âge avec qui je partageais une salle de bain. Je me suis sentie rajeunir. » Patricia avoue que si elle avait eu les moyens de vivre seule, elles serait passée à côté de cette expérience.
Le clan des divorcés peine à se former
C’est en effet le budget qui justifie majoritairement les installations en colocation : et les familles monoparentales, les plus touchées par la précarité – 60% des familles accompagnées par le Secours Catholique sont monoparentales- pourraient succomber à la tentation. Pourtant les sites qui se sont lancés tambour battant affichent le même bilan : des annonces postées sans vraie concrétisation. Pour Anne-Marie Philippe-Mecheri fondatrice du site colocation-monoparentale.com, la demande existe, ce sont en général des femmes de 25 à 35 ans avec un ou deux enfants de moins de 10 ans, mais « les propriétaires sont réticents parce qu’ils savent que les familles monoparentales ont de faibles revenus. Ce type de colocation est trop atypique. »
Pour Nathalie Guellier, créatrice de Parent-solo.fr, réseau social pour les parents célibataires, la colocation ressemble à une fausse bonne idée : « Nous avions ajouté un onglet « colocation » dans les petites annonces parce que les membres en parlaient beaucoup sur le forum. Il y a énormément de petites annonces, mais nous n’avons aucun retour sur des expériences de cohabitation. » Les familles monoparentales souffrent apparemment de leur isolement, mais ne franchissent pas le cap de la colocation : « c’est déjà très difficile d’élever ses enfants, mais vivre avec ceux des autres, c’est impensable pour beaucoup d’entre eux, explique Nathalie. Les parents font connaissance sur le site et se rencontrent pour des sorties ou partent en vacances ensemble, je pense que pour l’instant ça ne va pas plus loin. »
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Si le cas se présentait je ne verrais bien faire de la coloc' mais pas avec des rabajoies !! on saura bientôt plus communiquer
coloc, pourquoi pas! mais il faut savoir vraiment choisir les personnes avec laquelle on le fait
C'est assez risqué la colocation. Que ça soit avec des personnes qu'on connait ou pas.
On dirait que c'est la dernière mode!! Vivre en coloc est désormais dans nos moeurs et je pense que ce fait prendre encore plus d'ampleur dans l'avenir!!
La colocation est à la mode. Et vu le prix des loyers le phénomène va s’amplifier.
Je pens eque ça minimise les frais globaux et permet aussi de vivre autrement qu'isolé.
J'ai regardé une émissions il y a quelques semaines , mais c'est vraiment génial ce cha,ngement, certaines personnes agées se métamorphose auprès des jeunes.
Je pense que la collocation bien organisée peut être très positive pour beaucoup de personnes , c'est sans aucun doute une idée a creuser ...