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Par   -  Publié le 29 juin 2010
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Coopératives d’habitants, la renaissance

Vivre ensemble chacun chez soi, c’est le credo des coopératives d’habitants. A l’affût d’un terrain ou d’un immeuble à réhabiliter, des groupes de citoyens investissent pour construire leurs chez eux. Les nouveaux coopérateurs veulent changer les valeurs du logement : entre colocation et propriété, la solidarité et l’écologie en plus.

L’habitat participatif, une vieille idée

L’habitat participatif, une vieille idée

C’est un concept né à la fin du 19e siècle qui refait surface aujourd’hui : l’habitat « participatif » ou « coopératif », comme une planche de salut possible pour atténuer l’inflation des prix et élargir le goulet de l’accès à la propriété. A l’époque les sociétés coopératives HBM -Habitat Bon marché- permirent à plus de 400 000 ouvriers d’acquérir un logement par un procédé de location-attribution. Le salarié au revenu modeste devenait propriétaire de sa maison lorsqu’il avait remboursé le prêt consenti par la coopérative, elle-même souvent financée par un grand patron industriel.

Symbole de la renaissance de l’esprit coopératif, le MHGA –Mouvement des Habitats Groupés Autogérés- très dynamique à la fin des années 70, a été refondé en 2000. Rebaptisé  Eco Habitat Groupé, l’association prospère et intéresse de plus en plus les municipalités.

A Paris, l’association Hesp’ère 21 cherche aussi à remettre au goût du jour l’esprit des coopératives d’habitants : « l’idée est d’aider des groupes de citoyens à créer leur lieu de vie : un endroit où les parties communes ne s’arrêtent pas à la cage d’escalier et au local à poubelles, explique Martine Scrive, fondatrice de Hesp’ère 21. Nous cherchons des terrains à acquérir ou des immeubles à réhabiliter, nous négocions avec la mairie, ensuite nous lançons un appel pour recruter des candidats dans les réseaux associatifs et les groupes de quartier.» En mars dernier, la mairie de Paris et la mairie du 14e arrondissement  se sont engagées à réserver 25 logements à un groupe mené par Hesp’ère 21 dans le cadre de la réhabilitation-transformation d’un hôpital ; 84 personnes se sont portées candidates. C’est à ce jour le seul projet en passe de se concrétiser dans la capitale.

Une troisième voie pour le logement ?

Une troisième voie pour le logement ?

La mission semble un peu moins laborieuse en province. Fleuron, pilote et exemple pour tous les aspirants à l’habitat coopératif, le « Village Vertical » de Villeurbanne devrait bientôt voir ses fondations coulées. Une dizaine de familles sont parvenues à acheter un terrain de 3000 m2 sur lequel elles prévoient de construire  14 logements. Le prêt contracté par la coopérative sera remboursé par les loyers versés par les ménages. Chaque mois, les coopérants payeront en plus des parts acquisitives, devenant ainsi progressivement propriétaires de leur logement. Sur le principe de la non-spéculation, et d’une gestion démocratique (un occupant = une voix), le locataire sortant sera remboursé par la coopérative et le logement restera accessible au suivant.


Des coopératives vertes


Autogestion, non spéculation, et voisinage solidaire sont les maîtres-mots de ces entreprises dont on a tous rêvé un jour entre amis : un immeuble ou un micro-quartier imaginé, construit et géré par les soins de chacun, des frais partagés, des espaces communs et la possibilité de se rendre service au quotidien… Si l’esprit coopératif n’a jamais vraiment disparu, il ressurgit aujourd’hui sublimé par une valeur phare : le développement durable. Panneaux solaires, jardins ou serres partagés, isolation, gestion des déchets, limitation de la voiture en ville, achats groupés : l’écologique rejoint l’économique et les espaces « mutualisés » - buanderie, salle de jeux ou de réception, chambres d’amis, cuisine- contribuent également à réduire les dépenses.

Vivre mieux et ensemble


Anne D’Orazio, architecte et chercheur en sociologie urbaine, mène avec d’autres experts une étude sur la réémergence des habitats groupés : « En deux ans on a constaté une explosion de ces groupes de projets solidaires et écologiques, on en compte plus de 200. Ils tentent d’ouvrir une troisième voie entre les promoteurs privés et le logement social. »
Pour cette sociologue, il y a une attente de ce type de lieux de vie chez les classes moyennes et les candidats au logement social : « ce n’est pas tant une question de logement, mais plutôt d’environnement et de mieux-être. Les  coopérateurs veulent améliorer la quotidienneté, le partage, la vie de quartier. L’autogestion permet de responsabiliser les habitants qui ont à cœur de prendre soin de leur résidence.»

Largement pratiqué dans les pays où l’Etat n’investit pas dans le logement social comme le Canada, le Danemark ou la Suisse, l’habitat coopératif peine à exister dans un pays aussi centralisé que la France. La plupart des candidats et promoteurs du logement coopératif ne se réclament d’aucun mouvement politique ou communautaire. Ils doivent pourtant aller toquer aux portes des collectivités locales pour tenter d’exister, et la partie est loin d’être gagnée.

Des projets en stand by

Des projets en stand by

Les projets fleurissent et rayonnent sur la Toile, mais les emménagements se comptent sur les doigts d’une seule main. « Ces entreprises demeurent des expérimentations qui n’ont pas encore trouvé leur modèle. Les coopératives d’habitants exigent des montages juridiques et financiers inédits et complexes, et surtout un soutien sans faille des pouvoirs publics » explique Anne d’Orazio, architecte et chercheur en sociologie urbaine.

Lo Paratge, une alternative à la maison de retraite


Constitué de 13 femmes et 2 hommes, âgés de 60 à 80 ans, le collectif « Lo Paratge » en Dordogne ne sait pas encore s'il pourra exister au-delà de ses réunions mensuelles. A l’origine c’est un petit groupe de retraitées, qui, en 2006, cherche le moyen de « libérer » une amie placée en maison de retraite. « L’idée d’un endroit pour bien vivre ensemble est née de la peur de la maison de retraite, nous explique Cécile, la présidente de Lo Paratge. Aujourd’hui nous voulons construire 15 logements indépendants de 50 m2, avec un îlot commun au centre abritant une cuisine, une bibliothèque, une buanderie et une salle pour dîner… »

Le petit groupe bataille depuis quatre ans avec les pouvoirs publics locaux pour obtenir prêts et subventions. « Notre projet, sans doute trop ambitieux – le coût des travaux s’élèverait à 3 millions d’Euros, ndlr- représente une vraie alternative aux maisons de retraite très coûteuses qui ne font pas vivre les commerces, les médecins et les services de santé du village. » Car Lo Paratge ne veut pas se contenter de cultiver son petit jardin égoïstement mais promet d’animer et de solliciter le village par des services et activités de loisirs. Reste à convaincre les banques et organismes de crédit.

 

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2 commentaires

singierlulu - 29/06/10 15:20
c'est une bonne idée selon moi. un article interessant que j'ai aimé decouvrir
country33 - 24/08/11 11:07
Alors j'en avais entendu parler , mais je viens de voir cet article, c'est très intéressant.Merci je vais pouvoir faire me srecherches avec de bonnes bases.

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