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Par   -  Publié le 19 août 2010
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Tatouage : Quand les femmes l’ont dans la peau

Ils sont aux people ce qu’est la griffe aux vêtements de marque.  A l’image d’Angelina Jolie qui arbore pas moins de 14 tatouages sur son corps, nombreuses sont les femmes qui  se font tatouer et craquent pour des motifs de plus en plus gros. Exit la réputation sulfureuse et l’étiquette « underground », le tattoo s’est aujourd’hui fait une nouvelle peau.

Le tatouage, nouvelle star ?

Le tatouage, nouvelle star ? © Getty Images

« Je rêvais de me faire tatouer cette libellule sur la cheville depuis si longtemps ». C’est désormais chose faite pour Manon, 21 ans. « Elle symbolise à la fois mon côté enfantin et mon envie de voler de mes propres ailes …». De toute évidence, nous sommes ici à des siècles du rituel, et à des années de la rébellion. Depuis près de deux décennies, l’esprit « tatouage » a bien changé. Dans le monde occidental, ce sont les marginaux, marins, prisonniers, soldats, prostituées, ouvriers… qui adoptent les premiers le dessin indélébile pour marquer leur dissidence face à la « norme » et montrer leur indépendance d’esprit. Au tournant des années 70, le mouvement rock, la vague hippie puis le mouvement punk s’en emparent. « A l’époque, une volonté de provocation s’incarne dans cet art. Il revêt alors une forme très masculine voire machiste. C’est un rite de virilité », nous explique David Le Breton, professeur de sociologie à l’université de Strasbourg. Avec près de 2000 studios en France contre 30 il y a à peine 10 ans, le tatouage s’est éloigné de la mauvaise image qui a longtemps été la sienne, sa valeur s’est même renversée en perdant sa connotation sexuée et identitaire.  « Tout le monde se fait tatouer. On va chez le tatoueur comme on va chez son coiffeur », s’amuse Frank, tatoueur à Paris.

Les professionnels  s’accordent à dire qu’aujourd’hui le tatouage est devenu « une marque d’excentricité positive ». Elle concernerait un Français sur dix, âgé de 25 à 34 ans, selon un récent sondage.

Grenouille, secrétaire du Syndicat National des Artistes Tatoueurs (SNAT), ne peut que s’en réjouir. « Je sens le regard des gens changer au fil des années sur l'image que je leur renvoie : mes bras tatoués suscitent plus souvent l'admiration et la curiosité que le rejet ou l'incompréhension comme je le ressentais il y a seulement trois ans...Toutes générations confondues, les gens perçoivent petit à petit le tatouage comme un art véritable, et c'est en effet ce qu'il est devenu en quelques années ! ».

A la pointe du phénomène, les people donnent le la et dévoilent avec fierté des petits dessins, des proverbes, citations littéraires ou bibliques  gravés à même l’épiderme, comme un accessoire de mode singulier. Angelina Jolie, Amy Winehouse, Cœur de pirate ou Megan Fox sont devenues les icônes populaire de cet art et donnent, tattoos à l’appui, de véritables leçons de style. Et lors des dernières fashion weeks, les tatouages sont d’ailleurs montés sur les podiums, plébiscités par les maisons de couture. So chic!

Les femmes en sont folles

Les femmes en sont folles © Getty Images

« Aujourd’hui le tatouage est entré dans les mœurs. Et les femmes sont nombreuses à se laisser séduire », admet David Le Breton, sociologue. Pour Grenouille du SNAT, les femmes seraient de plus en plus nombreuses à sortir des sentiers battus en choisissant de se faire tatouer des « grosses pièces ». « Dès le début des années 90, début de l'explosion du phénomène, les femmes ont toujours été très présente dans la clientèle des tatoueurs. Mais il est vrai que la taille des pièces encrées s'est largement étendue : le classique petit papillon sur l'omoplate ou le petit tribal en bas du dos commencent à être largement dépassés, ces dames se laissant aisément tenter par de belles pièces florales et ornementales sur une grande partie du dos, des jambes ou des épaules. Les plus audacieuses n'hésitant pas à se lancer dans des projets de "manchettes" (3/4 bras ou bras complet, encré sur toute sa surface) ou de dos intégraux... ». Une tendance confirmée par Kalie, tatoueuse à Clamart : « Elles sont de plus en plus jeunes et demandent des dessins de plus en plus gros. Moi-même je suis tatouée, de partout ! Ils sont harmonieux tout en restant dans l’esprit « underground ». J’aime mêler le côté trash du tatouage à l’élégance ».

Les femmes sont de plus en plus nombreuses à se laisser séduire mais également à manier le dermographe. « Il est un fait que les femmes sont de plus en plus présentes dans le monde professionnel du tatouage. », nous confie Grenouille, secrétaire du SNAT. «  Elles ne font plus exception et sont toujours présentes sur les conventions françaises, certaines d'entre elles font même partie des noms les plus connus parmi les artistes tatoueurs : Léa Nahon, Laura Satana, Florence Amblard, Cindy Chaudesaigues, Corinne Dubosque... ».

Le tatouage, pour faire de son corps ce que l’on veut

Le tatouage, pour faire de son corps ce que l’on veut © Getty Images

« Il n’est plus question de se contenter du corps que l’on a (…). Il faut y ajouter sa propre marque pour en prendre possession », affirme David Le Breton, professeur de sociologie à l’université de Strasbourg. Une marque, une touche personnelle qui trouve toute sa substance dans le tatouage. « La logique du paraître et de l’image ont fait du tatouage un véritable bijou cutané, notamment chez les femmes. Elles veulent esthétiser leur corps et optent majoritairement pour des animaux ou des fleurs, symboles de douceur. Les hommes, quant à eux, plébiscitent toujours les représentations qui évoquent la force», précise-t-il.

Quand certaines teignent leurs cheveux, d’autres font de leur peau une toile vivante. Le tatouage attire le regard sur le corps, le singularise et l’érotise, si bien qu’aujourd’hui, on peut parler d’ « outil de séduction » ; un outil qui obéit bien évidemment aux tendances. « Dans mon salon, les femmes demandent des formes tribales, des animaux ou encore des fleurs, apposés sur le dos en haut ou tout en bas, les poignets, les chevilles, ou le dessus du pied», nous indique Kalie.

Lucie, Sandra et Valentine affirment que leurs tatouages ne leur posent pas de problème. Pourtant, dans leur vie courante, cela semble déjà moins évident.  En général, les parents n’apprécient guère ; ils associent encore le tatouage à son ancienne image, rebelle et décadente. « J’ai bien cru que ma mère allait tomber à la renverse », nous confie Lucie. Quant à Sandra, son père ne l’accepte toujours pas : « Il faut toujours qu’il me fasse une réflexion là-dessus lorsqu’on se voit. La dernière fois c’était « Tu imagines ce que cela donnera lorsque tu seras vieille et toute ridée … ». Je n’ai pas répondu ! ». Au travail, les trois femmes composent. Lors de son entretien d’embauche, Lucie n’a pas dévoilé ses dessins. Sandra, elle, a attendu avant d’exhiber ses tatouages à ses collègues : « J’avais peur qu’ils me collent une étiquette sans même me connaître ». Et Valentine confie que le fait d’être sa propre patronne lui facilite la vie: «Je n’ai de comptes  à rendre qu’à moi-même et cela me va bien !».

Entre l’intime et l’exhibition

Entre l’intime et l’exhibition © Getty Images

Le tatouage fait de la peau un terrain d’expression et de communication. Pour une raison esthétique ou par pure conviction religieuse, philosophique ou autre, nombreuses sont celles qui craquent sur un dessin ou une citation en version originale. Il s’agit souvent d’une forme d’accomplissement personnel, « une manière d'écrire métaphoriquement dans la chair des moments clés de l'existence », nous dit David Le Breton. Qu’il soit sous une forme ostentatoire ou discrète, le tatouage est symbolique dans la mesure où sa signification reste énigmatique aux yeux des autres. « C’est un bout de ton intimité que tu dévoiles à tout le monde sans que personne ne le comprenne vraiment », nous dit Delphine, 24 ans, « comme les tableaux, on ne sait jamais vraiment ce qu'un peintre a ressenti ou a voulu dire au travers de ses peintures. C’est la magie de l’art ! ». Le tatouage qu’elle porte sur la nuque, nous ne saurons ni ce qu’il représente ni sa raison d’être : « C’est trop personnel », insiste-t-elle. Paradoxe de l’intime que l’on affiche pudiquement aux yeux de tous, le tatouage n’en reste pas moins une épreuve car le procédé n’est pas indolore. Que l’on soit particulièrement douillette ou pas du tout, la souffrance est acceptée voire même revendiquée. Elle permet de « sentir » le tatouage s’inscrire dans le corps. « C’est comme une mémoire », précise David Le Breton. Si l’acte relève d’une décision mûrement réfléchie car elle est symbolique, les ratés et les impulsions amèrement regrettées existent. Le tatouage est par définition indélébile. Cependant, les techniques de « détatouage » se sont considérablement améliorées. Aujourd’hui, le laser permet d’effacer un tatouage à près de 95%. Ce n’est pas pour autant que les candidats au tatouage sautent plus facilement le pas. Le procédé, très onéreux (plus cher que de se faire tatouer) est long et également douloureux.

 


 

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28 commentaires

pacey2004 - 19/08/10 10:22
j'en ai un. Il y a pourtant quelques années j'étais totalement contre, peur de regretter. Mais comme c'est le prénom de mes enfants, et l'écriture a été bien réfléchit, je ne pourrais jamais le regretter.
salyana - 19/08/10 13:46
je trouve que les gros sa fait aps beau les tout petit oui mais sa depend lequel sinon moi je n'en ai pas
sequoia - 19/08/10 20:59
Attention quand même à l'endroit du corps choisi: j'ai connu une jeune femme qui s'était fait tatouer je ne sais quoi sur une joue à l'adolescence et qui a passé des années à effacer son tatouage à coup de greffes de peau successives (et douloureuses).
Misterx - 19/08/10 21:06
j'en ai un et je compte bien m'en faire d'autre...malheureusement les zones sont limités à cause du métier que je pratique, et c'est bien dommage
kalie - 20/08/10 01:33
Bonjour ne pas confondre entre un tatouege artistique et de fausse rumeur bidon! genre etoile sur le visage!lol!!! l aine les fesses les chevilles le bas du dos sont les parties ideales du corp pour des tatouages discret!! faut faire le pas! c 'est une drogue saine et tellement sensuelle!!! kiss!
sequoia - 20/08/10 11:05
"Je suis un dur, un vrai, un tatoué", chantait Fernandel. Je crois qu'un homme tatoué a toujours plus ou moins cette aura de "mauvais garçon" séduisant, la revue "Cerveau et psycho" en a d'ailleurs fait un article ce mois-ci ("Les gènes du tatoué"). Le hic est que d'éventuels employeurs ont souvent la même réaction devant des tatouages apparents, soupçonnant même a priori un passage par la case prison... Il est parfois plus prudent de cacher ses avant-bras lors d'un entretien d'embauche ! Pour les femmes, l'engouement pour le tatouage est beaucoup plus récent, du moins en France, et les motivations apparemment plus complexes: affirmer sa personnalité, le droit à disposer de son corps... J'espère que le désir d'être à la mode n'est pas essentiel là dedans, car la mode par définition ça se démode très vite, et qu'on risque alors de se retrouver avec des tatouages surannés, qu'on ne pourra pas changer aussi facilement que sa garde-robe, et qui afficheront votre âge de façon évidente.
sequoia - 21/08/10 13:39
Moi, je suis curieuse de connaître quels motifs vous avez choisis comme tatouages. On peut savoir ?
saad13 - 22/08/10 23:48
Je préfère le tatouage au hénné au moins je peux changer quand ça me chante et je n'en aurait pas hont dans quelques années. on évolue tous, ce qu'on aime aujourd'hui sera différent dans 1 an ou 2 voir plus.
nathalie50 - 23/08/10 07:39
Je préfère le tatouage provisoire comme saad, un motif type polynésien. J'ai renoncé à un vrai tatouage : la peau fragile, et surprise ! en cas de passage à l'I.R.M. ça peut poser problème.
sequoia - 23/08/10 10:41
D'accord avec saad, le tatouage au henné est un bon compromis entre le désir de faire de son corps une oeuvre d'art et la liberté de changer d'avvis. Mais pour certains l'intérêt du tatouage en est peut-être justement l'irréversibilité...
fouz - 31/08/10 07:42
euh un vrai tatouage...à tout jamais...non!!!!pas pour moi en tout cas....juste un petit tatouage que l'on peut enlever quand on en a assez...rien de tel!:)
omaha - 14/09/10 18:55
j'y pensais à une époque, je voulais une fée ou un leprechaun dans le bas du dos mais je n'ai pas osé franchir le pas. Le cout et la peur d'avoir mal m'ont fait reculé. J'avais osé franchir le pas d'un salon !!!
radounette - 30/09/10 00:43
j aime bien les tatouages mais qui s enlève à l eau pas les autre car on pourrait avoir du regret
pussy01360 - 21/10/10 09:42
moi j'ai toujours voulu quelquechose autour de la cheville, un dragon avec la queue qui tourne autour par exemple, mais je n'ai jamais sauté le pas.
country33 - 22/11/10 17:35
C'est beau mais pas en vieillissant .
ally1500 - 26/01/11 01:34
j'aime beaucoup mais il faut que ça reste discret
omaha - 26/01/11 09:01
pour moi un tatouage à l'eau ou au henné n'est pas un vrai tatouage, cela n'a rien à voir
lorenzo070604 - 26/01/11 09:10
moi je n'ai pas de vrai tatouages ni de faux lol !!! un tatouage pour le faire il faut vraiment y avoir bien refléchi car apres c'est a vie !!!
missmolko - 28/04/11 09:11
J'adore les tatouages, j'en ai 3 mais le soucis c'est que quand on commence on en veut toujours plus!!!
Pipinousse - 03/08/11 14:04
Un tatouage c'est pour la vie ,beau ,sympa mais en vieillissant comment sera t il lorsque la peau sera plus aussi tendu mais ride
fidjikelyna - 25/11/11 07:20
Un tatouage bien fait c'est joli, mais je ne trouve pas très beau des tatouage un peu partout
ladymam - 04/12/11 21:08
je trouve qu 'il y a de très beaux tatouages , mais je n 'ai jamais été tenter pour en faire un sur moi !
fleurs06 - 04/12/11 21:11
Et bien, personnellement, les tatouages font très mal, rien qu'a entendre le bruit, alors pas pour moi, je trouve sa plutôt beaux sur les autres, pas pour moi !
sandrine6405 - 27/12/11 19:41
ma voisine a maintenant 3 tatouages, à chacun de ses anniversaires elles demandent de l'argent pour un tatouage ! Personnellement, ça ne me tente pas, j'aurais peur de regretter et puis ça fait mal !
jujuleretour - 04/01/12 00:19
j aime pas les aiguilles ,, et pas trop les tatouages ,,,
franmic64 - 24/01/12 22:38
Une fois que c'est fait pas possible de revenir en arrière, à moins de passer par la chirurgie...pas pour moi!
lili34300 - 19/02/12 13:47
bon il reste les tattoos temporaires.... http://www.tarawa.com/110000-tattoos-temporaires-autocollants,r43/ x0x00x
country33 - Il y a 2 sem
C'est vrai que c'est mieux que de l'avoir tout le temps, j'ai eu une personne très âgée à côté de moi qui en avait un sur le bras , mon dieu que c'est vilain on aurait dit un dessin mal fait au stylo...Merci Lili pour le lien.

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