Absentéisme scolaire : la suspension des allocations familiales est un échec

Par Marie-Laure Makouke
Publié le 22 mai 2012

Absentéisme scolaire : la suspension des allocations familiales est un échec

Absentéisme scolaire : la suspension des allocations familiale est un échec

© Hemera
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Quinze mois après la mise en place du dispositif prévoyant la suspension des allocations familiales en cas d'absentéisme scolaire d'un enfant, une note interne de la Caisse nationale d'allocations familiales met en lumière l'échec de la mesure. Entre janvier 2011 et mars 2012, seules 472 familles auraient perdu une part de leur versement.


Le texte, choc, a été adopté en janvier 2011 par le gouvernement Fillon dans la foulée d’une proposition de loi d’Eric Ciotti. Le principe : suspendre les allocations familiales aux parents dont l’enfant manquerait les cours de façon répétée, afin de l’inciter à reprendre le chemin de l’école. Et pour cause, d’après les chiffres du ministère de l’Education nationale, 300 000 collégiens et lycéens étaient en situation de décrochage et d’échec scolaire en 2007 – 2008.

Ainsi, selon le texte du député UMP des Alpes Maritimes, un élève ayant été absent plus de quatre demi-journées par mois, sans justification, devait recevoir un avertissement. Le directeur de l'établissement en informait alors l'inspecteur d'académie qui rencontrait les parents tout en saisissant le président du Conseil général afin que soit mis en place un contrat de « responsabilité parentale ». Si, au cours du mois suivant, l'absentéisme de l'élève est à nouveau constaté, l'inspecteur d'académie avait alors « l'obligation » de saisir le directeur de la Caisse des allocations familiales pour suspendre le versement des allocations.

Pourtant, quinze mois après l’instauration de la mesure, et d’après un point d’étape confidentiel que s’est procuré Le Parisien, seuls 472 foyers auraient vu « une part du versement de leurs allocations familiales suspendue », entre janvier 2011 et mars 2012. Pour le quotidien, qui met ce chiffre en regard des 300 000 décrocheurs évoqués en janvier 2011, cette note interne de la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf) n’est autre qu’un constat d’échec. Un échec prévisible quand on sait que ce dispositif n’avait jamais réellement convaincu.

Pour preuve, dès 2011, le Conseil d’administration de la Cnaf avait voté « contre », jugeant les sanctions trop inégalitaires, rappelle Le Parisien. « Les couples avec un seul enfant, qui ne perçoivent pas d’allocation familiale, ne sont pas concernés par ce dispositif, de même que les familles nombreuses n’ayant plus que le petit dernier à charge », rappelle ainsi Jean-Louis Deroussen, le président du Conseil d’administration. Quant aux chefs d’établissement, nombreux sont ceux qui estiment que les familles concernées par l’absentéisme de leurs enfants sont souvent dépassées par les événements. Les frapper au porte-monnaie ne reviendrait qu’à les fragiliser davantage.

Aujourd’hui, avec l’arrivée du Parti socialiste au pouvoir, l’avenir de cette mesure est plus qu’incertain. En effet, il y a quinze mois, lors de la promulgation de la loi, il s’était engagé à l’abroger s’il remportait l'élection présidentielle.  

Crédit photo : Hemera

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14 commentaires

ysabella - 22/05/12 11:33
Cette mesure n'a pas fonctionné parce qu'elle était aberrante. Ce n'est pas une solution de sanctionner par l'argent des familles qui sont dépassées et déjà fragilisées. Le problème est tout autre et provient de difficultés diverses (chômage, misère, intégration, enseignement inadapté etc..).
ladymam - 22/05/12 11:42
cette loi n 'a pas fait beaucoup de victimes mais en effet souvent les parents n 'ont plus le contrôle sur leurs ado et en paye les pots cassés
alexandrine - 22/05/12 11:43
Les parents sont souvent dépassés et même forcer son enfant à aller à l'école n'y change rien, il sèche les cours de la même façon, il faudrait trouver un moyen d'aider l'enfant dans ses difficultés scolaires et de comprendre le pourquoi de cet absentéisme.
selenia1682 - 22/05/12 13:42
Cette loi ça fait longtemps qu'elle existe mais il faut aussi dire qu'elle est rarement mise en application et que c'est souvent parce que les parents ne réagisse pas que les alloc eux le font en les supprimant, seul moyen de faire enfin réagir les parents sur l'avenir de leur rejeton. Maintenant si cette loi est mise en avant c'est peux être parce qu'elle a fait ses preuves tout simplment
selenia1682 - 22/05/12 13:47
Franchement je serais même pour une sanction pécuniaire sous forme d'amende pour les parents qui ne s'occupent pas de leur gosse! On peux avoir un enfant à problème et être dépassé, ça je l'accorde totalement (j'ai un hyper actif à la maison je sais ce que c'est et ça n'augure rien de bon à l'adolescence) mais il faut aussi responsabilisé les parents et leur faire comprendre qu'ils ne sont pas seul et que se faire aider , c'est aussi aider leur enfant, il y a énormément de chose que l'on peux essayer tout du moins de mettre en place et les parents qui baisse les bras sans même avoir essayer quoi que ce soit de concret pour leur enfant devrait être pénalisé là où ça fait le plus mal, au porte monnaie !
country33 - 22/05/12 13:57
C'est absolument faux car sur plusieurs cas ou les parents avaient reçus des avertissements car les enfants se déscolarisaient, ceux ci sont repartis dès les "menaces" vers les bancs de l'école.
Laii - 22/05/12 14:27
Certes la sanction est lourde pour des parents qui sont dépassés mais avant de l'être je pense qu'ils ont tout essayés pour se redresser. La question a été étudié, c'est cette "solution" qui en est ressorti et je ne pense pas que se soit à cause d'un seul cas. Sanctionner par l'argent est la seule façon, à mon sens, pour que les gens réagissent et voit comment ça peut être lourd de conséquences (pour eux maintenant comme pour l'enfant plus tard). Après il faut se demander le pourquoi des absences et agir de ce côté là aussi. Parce que c'est facile de retirer de l'argent mais quand on connait les mesures prisent par rapport aux écoles, les économies sont toujours privilégiées par rapport au bonnes conditions de scolarisation et apprentissage.
country33 - 22/05/12 14:34
Tu as les mots justes en disant qu'il faut réflachir devant le pourquoi des absences, mais les enfants qui a l'époque avaient été interviewé sur les absences disaient : nos parents s'en foutent et ne s'occupent pas de nous...Donc le seul moyen c'est de les taper ou ça fait mal.
angelabeille - 22/05/12 17:03
Heureusement que je n'ai pas été signalée.. ma grande a loupé + de 50 demi-journée depuis le debut de l'année.... soit 25 jours ! Souvent malade, je ne vais pas a chaque fois chez le médecin. Elève moyenne, elle se débat comme elle peut avec ses cours, elle n'est pas du tout aider par les professeurs qui lui disent : débrouille toi pour rattraper... lui offre des zeros pour absence... bref pas facile du tout... Si en prime ils me retiraient les allocations... je ne m'en sortirais plus.. Heureusement que ma deuxieme fille n'est presque pas malade !!! Mais c'est vrai que les absences de ma fille nuisent a sa scolarité et pas facile de rattraper avec 40° de fièvre
country33 - 19/06/12 08:05
Mais oui mais la plupart des enfants ce n'est pas des manques pour la même raison que ta fille , c'est absolument dingue mais ils trainent les rues tout simplement et ce n'est pas juste des demi journées de temps en temps.Ce sont des semaine sentières sans aller à l'école.
ladymam - 19/06/12 08:11
il faut pouvoir faire la différence entre manquer l 'école car l 'enfant est malade et ceux comme dit country qui se balade , traine et ne font rien de leur journée.
country33 - 11/07/12 09:09
L'absentéisme dont on parle est plus souvent à l'insu des parents donc les enfants malades ne rentrent pas dans ce cas de figure. Car pour ça les parents font des mots aux écoles, mais là ce sont de sgosses qui s'absentent à l'insu des parents.
omaha - 09/04/13 16:18
les parents sont demissionnaires, savent très bien que leurs enfants ne vont pas à l'ecole mais sont dépassés par les evenements
country33 - 20/08/13 19:37
Puisqu'ils sont dépassés ils n'ont qu'a pas en avoir de plus en plus pour rester à la maison et vivre de s aide s, je viens d'avoir deux cas ils sont comme ça alors il faut arrêter aussi tout ça.

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