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Par   -  Publié le 7 février 2011
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Avoir un enfant : le parcours du combattant…

En France, chaque année, plus de 50 000 couples se lancent dans des démarches de procréation médicale assistée. Ce dont ils ne se doutent pas, c’est que ce chemin pour devenir parents sera souvent long, pénible et semé d’embûches. Terrafemina a rencontré ces femmes prêtes à tous les sacrifices pour donner la vie et vous dévoile la face cachée du bébé éprouvette.

Avoir un enfant, maintenant !

Avoir un enfant, maintenant !

Aurélie a une endométriose, Mathilde une dysovulation et pour Isabelle, c’est du côté de son compagnon que ça coince. Les causes d’infécondité sont diverses, parfois inexpliquées. En cause la maternité tardive notamment : les femmes font des enfants plus tard, attendent d’être bien installées dans leur vie professionnelle et de couple pour fonder une famille. Or il est prouvé qu’avec l’âge, la fécondité diminue. A son maximum chez une femme de 20 ans, elle décroît entre 30 et 35 ans, puis baisse plus sérieusement à partir de 35 ans. De même la contraception a amené une sorte d’illusion de la fécondité. Si l’on peut contrôler sa fécondité, c’est que quelque part on peut programmer la naissance d’un enfant. En réalité notre corps n’obéit pas si facilement à ces planifications. « Les ovaires sont sous la dépendance de notre système nerveux central, c’est lui qui commande les ovulations. Ainsi tous les évènements extérieurs peuvent impacter notre fécondité », souligne le docteur Christine Vadhat, gynécologue et obstétricienne, spécialiste de la question, qui observe d’ailleurs une augmentation de ces troubles de l’ovulation. Preuve que le mental, l’inconscient, jouent un rôle dans le fait de donner la vie.

Une nouvelle qui anéantit

Une nouvelle qui anéantit

« Le premier gynécologue que j’ai rencontré m’a annoncé sans aucun ménagement que j’avais un problème de stérilité et que je devais faire des traitements, c’était très violent », se souvient Audrey. Laura admet, elle, « avoir du faire le deuil d’avoir un enfant naturellement ». Et pour y arriver, elle a dû surmonter une dépression. Malgré les prouesses de la médecine, se dire qu’il est impossible de donner la vie naturellement est évidemment un chamboulement psychologique, qui entraîne de la souffrance et de la culpabilité pour celui à l’origine de l’infécondité du couple : « au début j’espérais même que ce soit mon mari qui ait un problème et pas moi », confie Laura. « On se sent responsable et du coup ça nous met une pression supplémentaire », poursuit Yasmina.

L’assistance médicale à la procréation, la panacée ?

L’assistance médicale à la procréation, la panacée ?

Stimulation ovarienne, insémination, fécondation in vitro, dons d’ovocytes, les traitements marchent et permettent aux couples infertiles ou peu fertiles de concevoir un enfant. Selon les centres de PMA, les taux de réussite des FIV varient de 10 à 30 %, des chiffres bien inférieurs à la moyenne des pays européens. La prise en charge est beaucoup plus rapide qu’auparavant : « avec les femmes qui ont plus de 35 ans, il n’y a pas de temps à perdre, je peux au bout de six mois les orienter vers l’assistance médicale à la procréation », insiste le Dr C. Vahdat. Rapidement, Laura a été orientée vers l’insémination et a pu, à l’aube de ses 30 ans, avoir de beaux jumeaux. Chez Yasmina en revanche, la médecine n’a mis le doigt sur rien, après l’échec de deux réimplantations, le couple a du se résoudre à une autre voie : l’adoption.
« Les couples s’engagent avec une foi absolue dans la réussite de ces méthodes et se retrouvent pris dans des traitements d’une lourdeur extrême, et confrontés à une intrusion dans leur vie sexuelle et dans l’intimité féminine », affirme la psychanalyste Joëlle Desjardins-Simon. Ces protocoles médicaux envahissent leur quotidien, leur travail, leur couple. Laura a néanmoins pu compter sur le soutien de son mari et assure que cette épreuve a renforcé leur couple. Ce n’est pas le cas d’Audrey qui s’est sentie « considérée comme un ventre uniquement ». « Mon mari attendait juste une chose de moi, que je fasse des enfants… on a bien failli de séparer à cette époque. », soupire-t-elle.

La médecine pointée du doigt

La médecine pointée du doigt

Beaucoup de ces femmes dénoncent le comportement des médecins dans les centres de PMA. « On ne nous explique rien, on doit suivre un protocole précis, mécanique et on se sent parfois considérée comme des marchandises », témoigne Isabelle. La jeune femme se souvient de ces consultations avec chaque fois une personne différente, le manque d’écoute, la frustration de se retrouver avec des femmes enceintes dans la salle d’attente ou encore la froideur des infirmières qui vous rétorquent « tant pis, ça marchera la prochaine fois ! ». Joëlle Desjardins-Simon partage cet avis : « les médecins ont une vision très mécanique et cartésienne du processus. Pour eux effectivement, les techniques doivent aboutir ». Pourtant dans un nombre considérable de cas, ces traitements échouent, de même que des résistances apparaissent de façon inexpliquée.

Comment améliorer l’accompagnement psychologique et humain des couples ?

Comment améliorer l’accompagnement psychologique et humain des couples ?

Les relations avec le médecin sont donc fondamentales dans la réussite du traitement. Le Dr C. Vadhat affirme qu’elle ne suit que des patients qui lui font confiance : « je prends énormément de temps pour expliquer les protocoles, d’une manière la plus pédagogique possible. Certes j’entre dans la vie du couple mais j’essaie de leur faire comprendre qu’il faut dissocier le problème de la fécondité, de leur sexualité. » Pour améliorer le rapport avec le médecin, il faut aussi leur montrer « la dimension psychique et inconsciente de la fécondité », ajoute Joëlle Desjardins. La seule présence d’un psychologue dans les consultations de PMA ne suffit pas. La psychanalyste participera prochainement à un atelier qui doit rassembler les médecins de tous les centres PMA de France et notamment le professeur François Olivennes, gynécologue-obstétricien reconnu dans les traitements de l'infertilité. Ce dernier est très soucieux d’humaniser les protocoles de PMA et s’interroge notamment sur le fait qu’un grand nombre de femmes abandonnent les traitements après un 1er échec. La prise en charge des patientes est donc amenée à évoluer. À elles aussi de jouer le jeu.

Joëlle Desjardins-Simon a publié « Les verrous inconscients de la fécondité » chez Albin-Michel.

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15 commentaires

lili36 - 07/02/11 15:59
C'ets vrai que c'est un des nouveaux problèmes courants de notre société . Nous connaissons toutes une femme qui passe par des procédures de PMA. C'ets difficile quand la nature ne répond pas à nos envies mais il faut se réjouir aujourd'hui d'avoir des armes pour contourner les faiblesses de notre corps !
Do_madhyra - 07/02/11 19:06
Le corps médical dans son ensemble à malheureusement une vision mécanique de la médecine. A l'air des ordinateurs c'est d'autant plus flagrant... une question "la date de vos dernières menstruations", trois clics et une feuille qui s'imprime ! Vous voilà votre protocole en main, la tête pleine de question et le coeur lourd ! Mais ce n'est pas une particularité des services de PMA ! La dimension psychique et humaine devrait être prise en compte dans toute maladie. Oui mais pour cela il faut plus de temps, et moins de statistiques....
ally1500 - 08/02/11 07:56
c'est vraiment terrible, on connait tous des personnes a qui ça arrivent, il y en a de plus en plus
country33 - 10/02/11 21:13
C'est un sujet très grave et je plains les personnes qui ne peuvent avoir des enfants c'est beau de donner la vie .
Do_madhyra - 12/02/11 10:36
Pas de "pitié" Country surtout ce n'est pas une tare et on peut toujours "donner" la vie de divers façon. Le poid du regard des autres y est pour beaucoup dans le mal-être des femmes ! Evitons les "la pauvre", "elle ne saura jamais la joie que c'est", etc. C'est sans doute une joie immense que de sentir la vie naître dans son ventre, mais il y en a d'autre, de joie immense, dans la vie ! D'ailleurs aucun homme ne vit ce moment là et personne ne pense à les "plaindre" ;o)
fleurs06 - 12/02/11 17:49
Do madhyra, tu as raison d'un certain cotée, mais je pense que c'est quand même un bonheur de pouvoir donner la vie ...
country33 - 13/02/11 09:52
Non mais c'est là qu'on s'aperçoit que la nature et les choses ne sont pas si bien faites que ça .
dakota76 - 16/05/11 16:10
C'est déjà difficile d'apprendre qu'on ne peut pas avoir d'enfant de façon naturelle mais le plus dure reste avenir avec toutes ses démarches médicales;
amankelyna - 26/08/11 22:49
C'est un sujet tres compliqué en effet, il est tres dur d'apprendre qu'on est infertile, je regarde beaucop les témoignages a ce sujet, et dans mon entourage jai une amie dans ce cas le parcours sera long mais il faut etre la pour les soutenir et les aider dans les moments dificile.
jeant - 18/10/11 15:26
Tout le monde n'a pas forcement de la chance...
country33 - 18/10/11 15:29
C'est une drole d esouffrance pourdes familles qui en arrivent à divorcer.
sandrine6405 - 18/10/11 15:31
malgré tous leurs désirs, certains couples abandonnent leur projet d'avoir un enfant tellement c'est long et épuisant
paulhan2night - 06/11/11 06:42
j'ai une copine qui a galéré 10 ans pour avoir unBB grace à la pma et là un bébé couette est arrivé sans prévenir, des fois la chance finit par sourire à certains
lililacaille - 20/12/11 17:01
bonjour je viens d'apprendre qu'il fallait que j'allie en PMA carj'ai un propleme d'ovulation j'aimerais savoir si certaines sont dans le mm cas et si sa a marcher pour vous et en combien de temps car je vies d'avoir 33 ans et j'ai entendu que plus on avance dans l'age plus c'est dur merci de me repondre cordialement lili
franmic64 - 23/01/12 20:07
Je connais des couples qui souffrent de ce désir d'enfant et leur couple s'en sent fragilisé.

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