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Par   -  Publié le 28 mars 2011
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La France en mal d’adoptions

En France, adopter un enfant est devenu un véritable parcours du combattant. A tel point qu’en 2008, seuls 726 enfants français ont été adoptés contre 1749 en 1985. Une courbe en totale opposition avec celle de l’adoption internationale, en augmentation constante depuis vingt ans. A quoi est dû cet effondrement des adoptions nationales ? Pourquoi cette procédure est-elle si difficile ? Comment remédier à cette situation ? Eléments de réponse…

Les adoptions nationales boudées

Les adoptions nationales boudées

Eminemment délicate, la question de l’adoption est régulièrement au cœur des polémiques. Depuis le début de l’année, le sujet a fait couler des litres d’encre. En cause, un constat : entre 1985 et 2008, les adoptions d’enfants nés en France ont chuté de plus de 50 %, passant de 1749 à 726. Par ailleurs, alors que 250 000 enfants dits « en danger », seraient suivis par la Protection de l’enfance, chaque année, seule une infime partie deviendrait Pupille de l’Etat, c'est-à-dire déclarés officiellement abandonnés par un juge. Ainsi, en 2008, ils sont moins de 132 à avoir été adoptés.
Pourtant, parallèlement à cet effondrement, « l’adoption internationale a quadruplé, passant de 960 en 1980, à 3160 en 2007 », constate l’Académie de Médecine. Et alors que l’on pourrait croire le pays victime d’une pénurie de familles candidates à l’adoption, il n’en est rien. Elles seraient, selon le rapport, entre 20 000 et 30 000 à attendre qu’on leur confie un enfant, et ce, depuis de nombreuses années, le plus souvent.

Une procédure longue et complexe

Une procédure longue et complexe

Pour l’Académie de Médecine, la source du « problème » de l’adoption est une évidence. L’organisme met en cause la longueur et la complexité des procédures d’adoption, dont témoigne la succession de réformes votées en 1996, 1998, 2002, 2005 et 2007. La multiplicité des acteurs en charge de cette question est également dans la ligne de mire. En effet, pas moins de quatre ministères sont impliqués dans les procédures d’adoptions, parmi lesquels, les ministères de la Famille, des Relations sociales, de la Justice et des Finances.
Des caractéristiques qui font de l’adoption en France, un véritable parcours du combattant. D’ailleurs, nombreux sont les parents, adoptants ou non, à être de cet avis. « Les démarches sont extrêmement longues. Il faut vraiment avoir les reins solides et être bien entouré pour tenir », regrette une internaute, tandis qu’une autre avoue avoir baissé les bras au bout de trois ans, avant même d’avoir reçu son agrément. Face à cette situation, estimant que l’adoption « ne doit plus être exceptionnelle », l’Académie de Médecine appelle à simplifier les procédures.

Le lien biologique, un frein à l’adoption ?

Le lien biologique, un frein à l’adoption ?

Ainsi, alors que pour l’heure, le délai de réévaluation du « désintérêt parental », pouvant conduire à la déclaration d’abandon par un juge, est d’un an, l’organisme souhaite le ramener à six mois. « Ce n’est, en moyenne, qu’après cinq ou six ans de suivi que l’enfant en souffrance peut accéder au statut de Pupille de l’Etat », déplore par ailleurs le rapport, jugeant cette procédure interminable.
Enfin, l’Académie pointe du doigt le principe qui consiste à maintenir « le mineur dans son milieu actuel » chaque fois que cela est possible. Dénonçant un « sacro-saint lien biologique », elle estime qu’il serait dans l’intérêt de l’enfant de remplacer au plus vite une famille « insuffisante » par une famille « accueillante, responsable et généreuse ».

Un débat qui divise

Un débat qui divise

Une analyse qui est loin de faire l’unanimité. De nombreux professionnels de la protection de l’enfance fustigent, en effet, ce rapport, dont ils jugent les recommandations dangereuses. Avocat au barreau de Paris, et ancien directeur de la DDASS de Moselle, Pierre Verdier est de ceux-là. « Personne ne défend de « sacro-saint lien biologique ». C’est un argument idéologique inventé par les pro-adoptions, se défend-il. Les défenseurs du droit à la connaissance des origines défendent simplement le droit à l’histoire et à l’identité : un besoin fondamental à tout être humain. »
L’association Le Fil d’Ariane France, qui plaide pour le maintien de liens familiaux, s’inscrit dans cette lignée. Et pour sa présidente-fondatrice, Catherine Gadot, la baisse continuelle des adoptions en France s’explique, avant tout, par la diminution du nombre d’enfants abandonnés. « Grâce à la démocratisation des moyens de contraception, les grossesses accidentelles sont de moins en moins nombreuses. Par ailleurs, les jeunes mamans en difficulté sont prises en charge, ce qui leur permet d’assumer leur rôle de mère. » Un point de vue confirmé par Hélène Marquié, présidente de Cœur Adoption, selon laquelle la baisse du nombre d’accouchements sous X a également une incidence sur le bilan des adoptions nationales. « Il y avait, en 1970, 10 000 accouchements de ce type contre seulement 500 l’année dernière », précise-t-elle.

A l’étranger, des procédures simplifiées ?

A l’étranger, des procédures simplifiées ?

Conséquence, malgré les obstacles supplémentaires liés à la distance et les particularités ethniques, culturelles, religieuses ou juridiques, les adoptions internationales ont le vent en poupe. En 2010, ce sont ainsi plus de 3500 petits étrangers qui été recueillis par des familles françaises. L’ailleurs ferait-il figure d’alternative à l’adoption nationale ? Les procédures y seraient-elles plus simples ?
Plus maintenant, si l’on en croit ce porte-parole du service d’information internationale (SAI). « Les pays émergents sont désormais en mesure de mettre en place des politiques sociales et familiales », expliquait-il en janvier, dans les colonnes du quotidien Le Monde. Les Etats fixant des critères de plus en plus stricts, les adoptions internationales tendent donc à se durcir. En effet, « de plus en plus de pays ratifient la convention de La Haye, explique Hélène Marquié. Or, celle-ci prévoit notamment de privilégier les adoptions nationales. »

Quelles alternatives ?

Quelles alternatives ?

Alors que les acteurs concernés sont encore loin du consensus sur la question de l’adoption, Catherine Enjolet, écrivain et fondatrice de l’association Parrains par mille, propose une alternative à cette procédure. Elle milite ainsi pour la reconnaissance de l’adoption affective qui consiste à créer des liens affectifs mutuels, entre un enfant délaissé et des adultes candidats à l’adoption. « L’adoption affective est plus simple et plus souple que l’adoption classique, notamment parce qu’il ne s’agit pas d’une procédure juridique. Il n’y a donc pas de démarche administrative à suivre, de critères à respecter, etc. », détaille-t-elle. Un concept qui se présente comme une solution à la fuite des cœurs vers l’étranger. « Les recalés de l’affectif à qui l’on explique qu’ils n’ont aucune chance de pouvoir adopter en France et que l’on envoie au bout du monde, peuvent reprendre espoir. Dans leur immeuble, au bout de la rue, un enfant en manque d’affection les attend. »
Mais l’adoption affective s’apparente davantage à du parrainage qu’à une véritable adoption. En effet, il s’agit, pour les adoptants de combler le manque d’affection, entre autres, d’un enfant, sans pour autant l’extraire de son environnement. Aussi pour être un succès, l’adoption affective implique que les familles adoptantes fassent d’abord le deuil de leur désir d’enfant. Or, combien y sont prêtes ?

Photo : Catherine Enjolet

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Voir aussi :  droits    famille    parents    enfants   
Avez-vous déjà pensé à adopter ?
           
 

10 commentaires

country33 - 28/03/11 14:38
Je ne comprends pas qu'avec tous ces orpohelins , on ne puisse pas adopter avec plus de facilités en France
vera56 - 28/03/11 21:18
Non, il n'y a pas "tant" d'enfants pupilles de l etat en France, adoptables , pour differentes raisons les nourrissons nés sous X sont rapidement placés dans des familles en vu d'adoption , famille avec un agrément, et selectionnée par le conseil de famille du département ... (et si vous n'etes pas trop agés ) en moyenne il faut entre 6 et 8 ans d'attente sur les listes départementales pour adopter un pupille nouveau né . Les autres enfants sont " plus agés" "à particularité et / ou tres lourdement handicapés", "en fratrie".. . pour certains placés dans des foyers ou famille d'accueil pour leur sécurité mais sans jugement de déchéance des droits parentaux ( art 350 ) ils ne seront Jamais adoptables , et pour d'autre qui le seraient les différents intervenants ( Dass, tutelle, JAF et J des Enfants) mettent tellement de temps à s'organiser qu'il peut se passer près de 5 ans ou plus .... qui veut / peut adopter un enfant de 8 -10 ans avec un passé +/- chargé ??? Certains enfants ne pourront en raison de leur etat de santé jamais beneficier d'un projet d'adoption pour ma part, nos enfants sont tous les deux originaires d'ukraine adoptés à l'age de 6 ans en 2000 pour le 1e et la 2e avait 5 ans en 2006 - Et meme si mere nature m'avait permis de commencer une grossesse il était prévu avec mon mari, dans notre projet de vie , d'adopter un ou deux enfants .
vera56 - 28/03/11 21:21
suite .... Maintenant, chaque gouvernement essaie de changer les choses en les rendant plus compliquées, plus longues et moins faciles ... contrairement à ce qu'on veut nous faire croire . Il est actuellement très difficile d'adopter à l'étranger (adoption internationale) mais aussi au niveau national ( ce qui parait bien utopique pour beaucoup de postulants ).
country33 - 10/08/11 09:48
Je connaissais un couple ils ont eu trois ans de démarches pour adopter un petit, mais ils voulaient un petit d'orphelinat Français.
country33 - 14/11/11 00:22
Ce sera de plus en plus difficiles malheureusement.
paulhan2night - 19/11/11 01:07
C'est bien dommage que si peu d'enfants puissent être adoptés alors que tant de couples et d'enfants sont en demande
country33 - 22/11/11 08:24
Comme j'ai entendu aux infos, une adoption ne se fait pas comme une chose banale c'est pour la vie. On élève un enfant ojn ne le jette pas comme un kleenex.
angelabeille - 22/11/11 08:29
Je crois que j'ai de la chance, de ne pas chercher a adopter, pour avoir un etre a chérir. C'est vraiment de plus en plus difficile. Bon courage a tous les parents...
franmic64 - 08/02/12 17:28
Il y a tellement d'enfants en attente et de couples en mal d'enfants que je ne comprends pas ce qu'il se passe!
jeanne-flo - 17/03/12 23:00
Oui de quoi décourager les gens , les démarches sont vraiment très contraignantes et les enfants attendent ...

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