Par
Marine Deffrennes
- Publié le 16 mai 2011
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Harcèlement scolaire : petites violences et lourdes conséquences
Harcèlement scolaire : petites violences et lourdes conséquences
Lucas, 9 ans, ne garde pas un très bon souvenir du CP et du CE1. Pacifique et calme de caractère, il devient la cible des caïds de la classe dès les premiers jours de septembre. Alertée par des vols de goûters, le dos courbé et le stress de son fils qui ne veut plus aller en récréation, Laurence se surprend à rôder autour des grilles de l’école, pour comprendre. Elle découvre que son fils se fait régulièrement humilier- en cours de gym, des enfants lui baissent son pantalon, on le fait tomber- jusqu’au jour où il finit aux urgences, le nez en sang et des bleus plein le visage. «J’ai réagi, c’est moi qui ait dû aller parler aux enfants, l’école a sans cesse minimisé et n’a pas voulu punir les élèves ». Résultat : Lucas a changé d’école ; les « plus forts » ont gagné.
Un enfant sur 10 en souffrance
Heureusement, tous les élèves de primaire ne subissent pas la malveillance quotidienne de leurs petits camarades. Plus de 85% seraient même plutôt heureux à l’école. Mais est-ce une raison pour ne pas s’occuper des autres ? Selon un rapport sur le climat à l’école élémentaire, 17% des enfants se disent frappés souvent voire très souvent par d’autres élèves, et au total 11,7% des élèves sont victimes d’un harcèlement qui cumule violences physiques et verbales répétées, dont 5% soumis à un harcèlement sévère*. Des chiffres inquiétants qui mettent en lumière un phénomène plus vieux que « La guerre des boutons ».
Le problème du school bullying,-de l’anglais, to bully, persécuter, intimider, brutaliser- a été identifié dans les années 70 dans les pays scandinaves, puis anglo-saxons ; en témoigne l’engagement de la nouvelle Princesse de Cambridge au sein de l’association beatbullying.org, créée en 1999. Le bullying désigne cette violence de tous les jours, entretenue par l’habitude, et qui se reporte toujours sur les mêmes. En France, le sursaut a été tardif. Selon le Président de l’Observatoire international de la violence à l’école et auteur d’un rapport remis au ministre de l’Education au mois d’avril, Eric Debarbieux, « notre pays a abordé le problème de la violence entre pairs par le seul biais de la délinquance, non par celui de ces microviolences répétées, usantes pour les élèves et les enseignants, et qui peuvent donner lieu à des faits divers dramatiques ». Microviolences difficiles à cerner, et considérées par la plupart des parents et des profs comme « normales » : toute classe se fabrique un bouc-émissaire, et la cruauté des enfants entre eux est bien connue… Et la souffrance des victimes dans tout ça ?
* Enquête de l’Observatoire International de la Violence à l’Ecole pour l’UNICEF France, Mars 2011.
Phobie scolaire et décrochage : la « double peine »
Les langues se sont déliées, lors des assises nationales sur le harcèlement scolaire, organisées en début de mois à Paris. « Depuis que le sujet a été médiatisé, j’ai reçu beaucoup de témoignages de personnes de 35, 50 ans, qui me racontent ce qu’elles ont vécu, leurs tentatives de suicide à l’âge adulte », raconte Eric Debarbieux. Comme si chacun, quelque soit son âge, se souvenait des visages des têtes de turc croisées dans les salles de classe : un étranger, un petit, un roux, un handicapé, ou un pauvre bougre qui a le malheur d’être premier de la classe… Des études nombreuses montrent non seulement l’impact immédiat du harcèlement sur l’élève - altération de la mémoire, de la concentration, des capacités d’abstraction- mais aussi ses conséquences à moyen et long terme, les spécialistes appellent cela la « double peine ». « L’une des pathologies les plus observées, explique le pédopsychiatre Marcel Rufo, est la phobie scolaire, qui mène inéluctablement au décrochage. Dans 35% des cas, la phobie de l’école provient de l’attitude d’un groupe de pairs. » La même peur qui pousse certains à se rendre armés à l’école, pour se défendre, au cas où… L’anxiété et la dépression provoqueraient également des idées suicidaires, « on le voit sur les testaments laissés par les élèves sur Internet, ils disent n’avoir trouvé personne pour leur venir en aide, aucun soutien parmi leurs camarades. Sans amis comment restaurer l’estime de soi ? », s’interroge le Pr. M. Rufo.
Et à l’âge adulte, le taux de suicide resterait plus élevé, chez les enfants harcelés, mais aussi chez leurs agresseurs ; des liens ont par ailleurs été clairement établis entre agressions précoces et délinquance ultérieure. « On peut comparer l’attitude des élèves harceleurs avec celle d’un mari violent, souligne Eric Debarbieux, ils pensent souvent que leur victime mérite d’être punie, ils ne se mettent pas à sa place et manifestent peu d’empathie pour elle.» Une mentalité renforcée par l’effet de groupe, et aujourd’hui l’effet Internet, canal idéal pour faire tomber tous les verrous et bombarder sa victime, masqué derrière une fausse identité.
Sur Facebook, on ne croise pas que ses « amis »
Pas de répit pour les souffre-douleurs. Lorsqu’ils quittent l’école, c’est sur leur portable ou leur ordinateur personnel qu’ils retrouvent les insultes et les menaces de leurs agresseurs. Un groupe formé contre un élève, des MMS envoyés à toute la bande avec une photo trafiquée, un forum où les uns et les autres se déchaînent sous pseudonyme, et personne pour stopper l’engrenage. Catherine Blaya, professeur en sciences de l’éducation à l’Université de Bourgogne, travaille sur le cyberharcèlement depuis plusieurs années, elle remarque que le « nombre d’utilisateurs d’Internet sur les mobiles a été multiplié par 3 en 2010 », et que « chez les jeunes le téléphone est devenu l’outil principal du harcèlement. » L’attaque a lieu en dehors du strict espace scolaire, mais se répercute directement à l’école, et il ne serait plus rare de devoir interrompre des bagarres dans la cour, parce que Martin a insulté Lucien sur son wall hier soir … « Mais bien souvent, l’agresseur a le contrôle absolu parce qu’il reste anonyme, le cyberbullying est en train de prendre le pas sur le harcèlement traditionnel » relève Georges Steffgen, professeur de psychologie spécialiste de la question. Moins conscients du mal qu’ils font, les enfants s’adonnent aussi de plus en plus jeunes aux campagnes de dénigrement sur Facebook : « Normalement l’âge requis est 13 ans pour ouvrir un compte sur Facebook, mais dès 9 ou 10 ans ils veulent y goûter et mentent sur leur âge ; et les parents laissent faire, voire les encouragent », explique Justine Atlan, présidente de l’association e-enfance.
Racisme et homophobie, comme les grands…
Plus inquiétante encore, la pente dangereuse du racisme et de l’homophobie, empruntée par nombre d’écoliers-internautes. Si ce type d’insulte a -heureusement- du mal à passer dans une cour d‘école, sur la Toile, elles pullulent. C’est une des mauvaises surprises des premières enquêtes de victimation, selon Eric Debarbieux : « Je suis sidéré par l’homophobie et le racisme de certains, déclare-t-il. L’enquête que nous menons actuellement dans les collèges – et dont les résultats seront connus à l’automne, ndlr-, révèle à quel point les différences sont stigmatisées. Ce matin encore, une jeune fille m’a envoyé 15 pages d’injures racistes reçues sur son profil Facebook. » Cible de choix aussi, les gays, ou plutôt tout jeune homme à l’allure ou aux manières un peu trop efféminées : peu importe qu’il soit homosexuel ou non, « la question du genre est centrale » , confirme Justine Atlan de l’association e-enfance, « une fille doit être féminine et un garçon viril, il suffit parfois de s’écarter de cette norme pour vivre un cauchemar.»
On comprend mieux que la lutte contre le harcèlement scolaire devienne une priorité en France, comme elle l’est aux Etats-Unis, en Suède ou en Grande-Bretagne. C’est en effet dans la cour de récréation et sur les profils Facebook des gamins de 10 ans, que s’entretiennent les préjugés sexistes, racistes et homophobes, et que devra se jouer le combat contre les discriminations.
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On en entend malheureusement beaucoup parler c'est quelquechose de très perturbant et d'humiliant pour les enfants, j'espère à n'avoir jamais à passer par là.
c'est vraiment un des sujets du moment, on ne parle que de cela, mais les brimades à l'ecole ont toujours existés
malheureusement les enfants ne sont pas tendres entre eux!!! et pour les enfants victimes cette forme de harcèlement peut laisser des traces et les marquer a vie.....
Petite ou grande , les violence sdevienent vraiment trop nombreuses et pendant ce temps des enfants souffrent de ça .
nous sommes dans une triste société, nos enfants en souffrent, on enseigne plus le respect, certes les brimades ont toujours existé mais on voit de plus en plus de suicides d'enfants, à ce niveau-là désolé mais moi je n'appelle plus cela de la brimade !! et contrairement à une idée reçue cela arrive dans tous les milieux, quel que soit l'endroit en France !! nos enfants sont perdus, la société a changé, va trop vite, les mentalités ont changé et pas forcément en mieux, certains diront que je suis réac mais j'en suis fière et je suis nostalgique de cette période où internet n'existait pas (on s'y mis tard), pas de jeux vidéo mais jeux de société en famille, Noël était moins marketing que maintenant, les dessins animés avaient une histoire qui se suivait (et non pas ces âneries d'aujourd'hui où on voit des gugusses aux cheveux verts ou bleus en train de se bagarrer avec des monstres idiots), les familles d'aujourd'hui sont pour beaucoup des reconstitués, pas facile de trouver sa place même si on s'entend avec papa et maman, les enfants étaient possédaient une tendre naïveté, et beaucoup dans mon entourage pense comme moi, les années 70-80-90 reviennent à la mode, hasard ??? Je ne crois pas mais il ne tient qu'à nous de veiller et faire attention...
Le problème, c'est que les enfants ne se rendent pas compte qu'ils sont méchants avec d'autres...
En tous cas, le rôle des parents est primordial...
Quand les parents éduquant sont racistes, homophobes et sectaires comment voudrait on que leurs enfants ne soient pas également de sombres primaires limités ?
j'ai entendu un jour dans un reportage une institutrice dire : avant les parents demandaient à leur enfant : alors ? tu as été sage avec la maîtresse ? Aujourd'hui : Alors ? La maîtresse a été sage avec toi ? C'est révélateur. Quand on sait que des parents viennent engueuler des maitresses qui ont puni leur enfant ! beaucoup de parents sont trop laxistes, un bon équilibre s'impose, une éducation stricte n'est pas non plus épanouissante, le piège étant de céder trop facilement pour avoir la paix, le rôle des parents est essentiel et cela commence par leur apprendre à dire bonjour, merci, svp, à le penser beaucoup le font, à mettre en pratique c'est une autre histoire.
La société c'est nous ! C'est à nous d'éduquer nos enfants, je ne dis pas que c'est facile et c'est même parfois déplaisant ! Nous préférerions un rapport plus "cool" avec nos enfants. Mais c'est eux la société de demain à nous de savoir comment nous la souhaitons ! La loi du plus fort et celle de la meute, doivent-elles prévaloir sur le reste ?!
C'est affolent de voir qu'il se passe des choses comme ça et le pire dans tout ceci on se demande comment lmes parens réagissent.
on a tendance à cibler trop facilement l'enfant, mais j'entend tous les jours des parents parler à leurs enfants d'une manière vulgaire et grossière, comment voulez-vous que l'enfant se tienne correctement, ils sont de la manière qu'on les éduque...
on a tendance à cibler trop facilement l'enfant, mais j'entend tous les jours des parents parler à leurs enfants d'une manière vulgaire et grossière, comment voulez-vous que l'enfant se tienne correctement, ils sont de la manière qu'on les éduque...
L'education des enfants peut être une solution...
le harcèlement scolaire peut être marquant et laisser des traces toute la vie.
j 'ai travailler dans une école et en effet dans la cours on doit bien surveiller il y a toujours des enfants qui se prennent pour des caides et d 'autre en sont victimes ! mais quand on fait appel aux parents des enfants violents , ils disent tous que leurs enfants sont des anges ou parlent de façon vulgaire !
le harcelement a l ecole est une chose terrible ,, et il ne s efface jamais de la memoire ,,,
le manque d education des enfant le manque de respect , le je m enfoutisme des parent , maintenant il faut mieux leur payer des consoles video que de leur apprendre la vie ,, les enfants tout petits sont confrontés a la violences , dans les dessins animés , toute la journeee devant les ecrans de television , les nounous ne s appellent plus nanny ,; mais ds , nitendo , x box , wi , et jene sais combien encore ,,, si les parents prennaient leurs responsabilités ,, le monde educatif , pourrait changer ,, les proffesseur , pourrait retrouver leur role d enseignant , et enlever leur costume de policier ,,
Il y a beaucoup de violence entre les enfants, mais aussi entre professeurs et enfants. Mes filles ne sont pas des enfants difficiles du tout, bien au contraire. Et bien certains professeurs prennent un malin plaisir de les humiliers en classe. Car ils savent qu'elles ne feront rien... résultat : le travail s'en ressent. Il est si facile d'humilier les enfants éduqués et de punir les enfants agités.
Oui c'est vrai ange , tu as ien raison de soulever ce problème inverse, mon fils avec à l'époque ses 1M70 s'est laissé humilié par deux de ses profs car il ne voulait pas "s'intégrer" et un jourje me suis déplacée car je voyais mon fils changer, il était très timide, on a percé l'abcés mais ces profs là sont partis car ils n'avaient pas que lui dans le nez, ils ont été virés.