Par
Candice Satara-Bartko
- Publié le 23 mai 2011
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Témoignages : la transmission de mère en fille
Emmanuelle, 40 ans, maquettiste
« J’ai longtemps eu des rapports compliqués, difficiles avec ma sœur, à cause de nos deux caractères très différents. Ce qui ne nous empêche pas de nous aimer énormément. Du côté de la famille de mon père, il y a eu beaucoup d’histoires d’héritage, de querelles ridicules et évitables, surtout venant de deux sœurs de mon père. Ma mère s’entend très bien avec son propre frère, et ces disputes de famille l’ont toujours désolée.
Elle nous a toujours rappelé à ma sœur et moi, même petites, l’importance de bien s’entendre dans une famille, la nécessité de trouver un terrain d’entente, de ne pas laisser s’envenimer une situation. Elle nous le répétait à chaque petite dispute que nous entamions.
Ces paroles m’ont beaucoup marquée. Même aujourd’hui, lorsque quelque chose m’agace chez elle, ou que je sens que je pourrais vite m’énerver, je me dis que ce n’est pas si grave, je relativise, je prends sur moi. La famille, la fratrie, restent un repère, un réconfort, une base solide qu’il faut préserver. »
Audrey, 32 ans, photographe
« Dès mon plus jeune âge, ma mère m’a répété « travaille ma fille ». Elle-même a eu 4 enfants, elle a très vite arrêté de travailler à la demande de mon père, et je pense qu’elle l’a souvent regretté. Elle m’a toujours expliqué que l’indépendance et la liberté n’avaient pas de prix. Même si c’était une mère au foyer épanouie et dynamique, elle voulait que ses enfants et particulièrement ses filles, ne suivent pas le même chemin. L’avenir professionnel passe selon ma mère par l’excellence des études. Elle m’a donc toujours poussée à être la meilleure. Aujourd’hui, quand je me sens moins motivée dans mon travail ou moins ambitieuse, je repense à ce qu’elle m’a dit et cela me rebooste. Ma fille est encore trop petite. Mais bien sûr que je lui transmettrai ces valeurs. En revanche, je m’adapterai à son caractère. Certains enfants réagissent mal à une trop forte pression… ».
Sofia, 24 ans, ostéopathe
« Je dirais que le meilleur conseil que ma mère m’ait donné c’est « d’être douce avec moi-même » dans le sens de ne pas me faire trop de mal en étant trop exigeante. Elle me le répète depuis que je suis adolescente et j’ai mis un peu de temps à comprendre ce qu’elle voulait dire. Avec le temps, j’y pense souvent et au final ça me permet de prendre du recul dans beaucoup de situations. D’une façon générale j’aime bien avoir l’avis de ma mère (même si je commence à le connaître). D’ailleurs, il y a aussi des sujets pour lesquels j’évite de la consulter car je sais d’avance ce qu’elle va me dire donc je préfère m’abstenir. En général ce sont des sujets où je sais que la différence d’âge et de génération font qu’elle ne peut pas comprendre et donc pas vraiment être de bon conseil. »
Marie, 28 ans, attachée de presse
« Je suis toujours étonnée des petites choses que je fais exactement comme ma mère, involontairement. Je me suis toujours sentie très différente d’elle, avec des goûts et une sensibilité qui n’ont rien à voir. Pourtant je ne peux pas m’empêcher de copier son style vestimentaire, ses manies en cuisine et sa façon de gérer ses amitiés. Quand je prépare un dîner un peu élaboré, je ne fais confiance qu’à ses recettes et ses tuyaux. Malgré moi je reviens toujours sur ces fondamentaux qui se sont imprégnés en moi. Beaucoup de principes d’éducation que j’ai critiqués à l’adolescence et qui me paraissent très justes aujourd’hui et que je reproduirai, c’est certain, avec mes enfants.
Avec les autres, ma mère est très discrète, évite le conflit, arrondit les angles, quitte à faire le dos rond de temps en temps, plus pour avoir la paix que par faiblesse : j’agis aujourd’hui exactement de la même façon.
Elle m’a toujours encouragée à me mettre à la place des autres, à me remettre en question : elle n’a jamais voulu juger mes ami(e)s, quoiqu’ils fassent ou disent, jamais pris parti. Cette façon de voir les choses et de prendre sur soi me suit, et c’est presque un handicap parfois, mais c’est complètement fixé en moi, dans ma morale, je n’arrive pas à agir autrement. »
Dominique, 62 ans, commerçante
« Ma mère disait toujours qu’il ne faut jamais quitter quelqu’un qu’on aime, fâché. Du coup dans notre famille, même si on se dispute beaucoup, on brandit toujours cette phrase sur le pas de la porte et on finit par s’embrasser. Pour son époque, ma mère était très moderne, elle me disait de faire attention aux garçons mais aussi qu’il valait mieux avoir plein d’amoureux plutôt qu’un seul. Néanmoins, elle se confiait peu. Elle m’a transmis le respect des autres. Elle répétait qu’il fallait se comporter de la même manière avec une princesse qu’avec une femme de ménage. Le mauvais conseil serait celui de se méfier et de faire attention : résultat, j’ai toujours été une grande angoissée et je suis passée à côté de choses par peur. J’ai perdu ma mère jeune, à 18 ans, elle n’a pas eu suffisamment de temps pour me parler et je pense que j’ai manqué de certains repères, de sûreté et aussi d’une certaine joie de vivre. A la naissance de mes filles, ma mère m’a terriblement manquée. J’ai réalisé à quel point une mère était importante lorsque je suis devenue grand-mère. »
La transmission en question : 3 questions à Françoise Peille
Françoise Peille est psychologue clinicienne, elle est l'auteure de « Frères et sœurs, chacun cherche sa place », publié chez Hachette pratique. Le site de Françoise Peille.
Terrafemina : On reçoit beaucoup de conseils mais ceux de nos mères revêtent une importance considérable, comment l'expliquer ?
Françoise Peille : Le mot conseil est assez restrictif, je préfère parler de transmission. Qu’est-ce que notre mère nous a apporté ? La transmission est volontaire et inconsciente, positive et négative. Ce que notre mère nous donne dépend de la manière dont elle-même a appréhendé sa vie. Une mère peut transmettre son goût de la vie, son enthousiasme : des valeurs, un état d’esprit que l’on s’approprie. L’inconscient est plus difficile à maîtriser. On peut transmettre des choses très fortes notamment quand il y a des non-dits. Ces secrets s’ils n’ont pas été digérés se révèlent très lourds à porter pour les futures générations.
TF : Quand la transmission mère-fille s’opère-t-elle ?
F.P. : A l’adolescence si les mères gardent des cicatrices de cette période, elles transmettront inconsciemment une part de ces souffrances. Au moment de la maternité, il se passe beaucoup de choses. Quand on enfante, on a notre propre mère à l’intérieur de nous. Il se rejoue à cet instant des choses de la féminité et de la maternité. Ça permet à certaines de guérir, de pardonner. Quand on est de nouveau mère, on comprend, c’est un moment très chargé affectivement. Mais la transmission n’est profitable que si on se permet de la transformer. On ne va pas refaire à l’identique. Les enfants se réapproprient et façonnent à leur manière les conseils de leurs parents.
TF : Les mères d’aujourd’hui transmettent-elles plus facilement ?
F.P. : Les mères d’aujourd’hui parlent beaucoup plus à leurs enfants qu’autrefois, il y a une plus grande proximité. Et certaines ont une plus grande facilité et liberté de parole. Les filles se permettent de dire quand elles ne sont pas d’accord. Les mères donnent des conseils de liberté, d’accession à l’indépendance. Pour autant, ce ne sont pas davantage des mères parfaites. Il faut prendre la mesure des erreurs de ses parents. Comme dit Oscar Wilde : Les enfants commencent par aimer leurs parents ; devenus grands, ils les jugent ; quelquefois, ils leur pardonnent.
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Très bel article, la relation mere fille est très importante. Ma mère était pour moi un modèle et j'espere que je serais une aussi bonne maman qu'elle!!!!
On devrait accorder plus d'importance à sa relation avec sa mère c'est très important pour notre devenir et note épanouissement.
au contraire j'ai tout fait pour ne pas lui ressembler, je déteste ça facon d'etre, et je me suis toutjours dit que je ne voulais pas etre comme elle!
je suis d'accord dakota, seulement pour ça il ne faut pas avoir une mère menteuse comme une arracheuse de dents et encore moins qui trahisse sa fille!!!!
j'ai essayé plein de fois de lui pardonner et de passer outre parce qu'au fond c'est ma mère, mais au final elle me faisait toujours du "mal" donc j'ai arreté de lui faire confiance, et il y a meme quelques mois de ça je lui ai dit! Mais pour elle ce n'est pas vrai, seulement les faits sont là et elle ne peut pas le nier!
même mon père c'est encore pire, il a dit à mon fiancéqu'il ne pouvait pas etre heureux avec moi sa fille!!! Ca se dit ça???!!!! Je ne crois pas non
cela me manque de ne pas avoir de "mère" heureusement qu'avec ma belle mère (qui n'a jamais eu de fille) tout va bien, on se considère comme mère et fille, mais ça ne devrait pas etre comme cela!! D'ailleurs à cause de tout ça, je serais meme amenée à me marier sans ma famille tellement c'est le "bordel!"
mais par rapport à cet article, je le trouve tellement mignon, et un peu idéaliste pour moi
Sans doute, une partie de ce transmission et reception se fait inconsciemment
C'est vrai que si on y regarde bien , inconsciemment on reproduit plus ou moins ce qu'on fait les parents
c est vrai je pense ma mere etait tres proche et tres caline je le suis aussi tres tres tres lol et moi et ma mere de toute facon c est rester tres proche.
J'aurai aimé plus d'attention , mais avant les familles étaient trés nombreuses et quand on était au milieu d'une tribu c'était difficile, les plus petits poussaient derrière
a son grand malheur elle ne m 'a pas transmis sa passion pour faire la cuisine , elle m 'a apris a etre économe et a toujours penser au lendemain !
Ma mere et moi avons traversé pas mal de chose... j'ai toujours pardonné... et elle aussi. On avance, et on s'aime. Ce n'est pas facile, mais je suis contente d'avoir une belle relation avec mes filles... mieux pour le moment qu'avec ma maman. Meme si elle sait toujours faire mal. C'est ma maman, et je passe l'éponge, chose que je ne fais avec personne d'autre. Car je sais, qu'elle sera toujours là pour moi, meme si un jour on se fâche longtemps... et je serais toujours là pour elle...
mes relations avec maman ont été bien meilleurs après mon adolescence et encore plus fortes maintenant que papa n 'est plus la , nous sommes encore plus proche.