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Par   -  Publié le 10 juin 2011
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Redoublement, faut-il sanctionner les établissements ?

A l’approche des conseils de fin d'année, les parents et les derniers rangs de classes tremblent. Tout sauf le redoublement ! Les experts, profs et chefs d’établissements sont presque tous d’accord pour rejeter cette solution, mais la France reste le pays qui fait le plus retaper ses élèves. Faudra-t-il en venir aux sanctions ? Certains ont déjà commencé.

Le redoublement, un mal français ?

Le redoublement, un mal français ?

En 2009, 37% des élèves de 15 ans ont redoublé au moins une fois en France, la moyenne dans l’OCDE est de 13%... Pour Denis Meuret, professeur en sciences de l’éducation spécialiste de la question, le nombre de redoublements en France ne cesse pourtant de diminuer, et des efforts sont faits grâce aux recteurs, chefs d’établissements et professeurs sensibilisés sur la question, « mais du côté de certains parents et enseignants, on observe encore des résistances », explique-t-il, « l’argument principal c’est que l’élève ne pourra pas suivre s’il passe dans la classe supérieure, mais cet argument est faux ».
Les études françaises manquent sur les effets du redoublement, alors que les Etats-Unis ont enclenché une réflexion sur le sujet il y a plusieurs dizaine d’années. « En comparant deux cohortes d’élèves : les uns ayant redoublé leur CP, et les autres, de niveau similaire, mais qu’on a fait passer en CE1 ; il s’est avéré que les non-redoublants en savaient davantage, et qu’ils réussissaient mieux un certain nombre d’épreuves », affirme le Pr Meuret, qui en conclut que les redoublants perdent un an pour rien. Sans nier le fait que ces études ne peuvent constituer une science exacte, étant donné qu’on ne peut pas savoir comment un élève qui a redoublé aurait vécu son année dans la classe supérieure, il est plus convaincu des effets à long-terme pour l’élève : « il est prouvé que ces jeunes ont plus de chances de décrocher et de quitter l’école plus tôt. Le redoublement est un stigmate qui suit l’élève tout au long de sa scolarité, et à niveau égal les redoublants se voient proposer des orientations moins favorables. »

Et dans la tête de l'élève, que se passe-t-il ?

Et dans la tête de l'élève, que se passe-t-il ?

C’est l’argument majeur des antis-redoublement. « Les conséquences du redoublement pour un élève sont faciles à identifier : ce contretemps dans sa scolarité colle à la peau de l’élève, il est en décalage par rapport à sa classe par son année de naissance », explique Caroline Saliou, présidente de l’Apel (l’Association des parents d’élèves de l’enseignement libre), « outre l’humiliation, il y a la perte de ses camarades de classe, et la stigmatisation », ajoute-t-elle. Paradoxalement ce ne serait pas en primaire que les redoublants souffriraient le plus, « le fait d’avoir un an de plus que ses camarades peut même parfois renforcer l’estime de soi à l’école élémentaire », note Denis Meuret. Mais au collège, c’est une autre affaire, et les élèves redoublants se dévalorisent beaucoup plus que les autres.

Faut-il aller jusqu'à interdire le redoublement ?

Faut-il aller jusqu'à interdire le redoublement ?

« Pas question ! », assène Denis Meuret, qui, comme la plupart des acteurs de l’éducation, estime que dans certains cas, le redoublement est inévitable : « lorsqu’un élève n’a pas le niveau mais que ses parents veulent le faire poursuivre en seconde générale, le faire redoubler peut être la bonne solution », concède-t-il. Une maladie qui dure, ou une absence prolongée de l’élève pourrait aussi justifier le redoublement. Pour les autres, ceux qui sont en échec tout au long de l’année, le problème vient du suivi, d’après Caroline Saliou : « Il faut absolument que les problèmes scolaires soient identifiés au plus tôt et que le dialogue s’instaure en cours d’année entre la famille et les enseignants. Dès le mois de février il faut savoir dire que ça ne va pas, et mettre en place un processus d’accompagnement de l’élève. » La plupart des parents pensent alors cours particuliers et stages de soutien pendant les vacances, une échappatoire réservée aux plus aisés, et inutile pour la présidente de l’Apel : « C’est la mission de l’Education nationale de prendre en charge les problèmes scolaires. A ce titre les heures de soutien mises en place en 2008 peuvent combler beaucoup de retards. Ces moments sont très bénéfiques pour les enfants qui se retrouvent seuls avec un autre enseignant. Cela provoque de vrais déblocages. » Convaincue que la France est en train de prendre conscience que le redoublement est tout sauf une solution face à l’échec scolaire, elle avoue qu’il faut compter sur la bonne volonté des chefs d’établissements, et que cela prend du temps. Mais dans le Calvados, un Inspecteur d’Académie a eu l’idée de leur forcer un peu la main…

Un malus pour les établissements adeptes du redoublement

Un malus pour les établissements adeptes du redoublement

Sa décision a provoqué un tollé dans certaines organisations syndicales : l’Inspecteur d’Académie du Calvados, Jean-Charles Huchet, a retiré des moyens, en nombre d’heures attribuées à chaque établissement, à ceux qui avaient une moyenne de redoublement supérieure à 2,5%. Le calcul semble simple et logique : « l’enveloppe de moyens dont je dispose pour les collèges du département doit être répartie en fonction des effectifs : les collèges qui font redoubler gardent un plus grand nombre d’élèves, et mécaniquement ils exigent plus de moyens. L’idée est de leur prélever un petit nombre d’heures, pour les redistribuer aux établissements qui font l’effort d’éviter les redoublements. » Une mesure symbolique et incitative, -173 heures ont été retirées sur les 35000 à distribuer -, mais qui doit déclencher une prise de conscience dans certains collèges qui affichent 10,5% de taux de redoublement en 6e, alors que d’autres sont à zéro pour cent. « Ce sont ces écarts qui me préoccupent plutôt que les moyennes », explique l’Inspecteur, «  mais je suis prêt à aider les collèges qui ont été sanctionnés en leur offrant les moyens de mettre en place des programmes adaptés comme le « Programme personnalisé de réussite éducative », qui prévoit un diagnostic précis des lacunes d’un élève, et des activités adaptées pour rattraper ses retards, en concertation avec l’enseignant et la famille. » Une expérimentation qui pourrait en appeler d’autres, « je pense qu’il faut que les solutions soit envisagées au cas par cas selon les départements », relève l’Inspecteur d’Académie. Ce qui implique, sans doute, de laisser une plus grande liberté aux établissements et académies pour innover.


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13 commentaires

exhine - 10/06/11 11:05
Certains pays ont interdit les redoublements , le résultat est catastrophique à la fin des études . Il a déja légalisé sa consommation de stupéfiant ce monsieur
fleurs06 - 10/06/11 11:17
Je pense que le redoublement est important, et permet aux enfants de se remettre en questions sur leurs connaissances ...
dakota76 - 10/06/11 17:51
Le redoublement est nécessaire aux enfants en difficulté et je pense qu'une année peut lui faire faire vraiment des progrès et que ce n'est pas une année de perdue.
country33 - 10/06/11 18:22
Je pense que parfois c'est nécessaire et plutôt que de continuer à sombrer sans rien comprendre c'est sans doute un bien, j'ai une de mes petites filles qui se décourageait et après son redoublement tout est rentré dans l'ordre.
votreop - 10/06/11 23:49
Je pense que dans certains cas c'est utile; moi, en seconde ça m'a servi mais ça doit rester exceptionnel.
country33 - 10/06/11 23:59
Bien entendu on ne doit pas faire redoubler par simple plaisir ou petit doute , mais par nécessité pour repartir du boen pied.
missmolko - 14/06/11 09:32
Quand c'est nécessaire c'est bien de redoubler ça permet de consolider les bases
amankelyna - 05/09/11 10:32
c est nécessaire quand il le faut sinon c est la catastrophe pour l enfant.
ladymam - 04/12/11 18:47
ayant travailler dans une école primaire , il est dans certain cas fort recommander de faire redoubler certains élèves qui ne peuvent plus suivrent
ladymam - 04/12/11 18:48
ayant travailler dans une école primaire , il est dans certain cas fort recommander de faire redoubler certains élèves qui ne peuvent plus suivrent
country33 - 15/01/12 10:10
Je trouve que ce n'est pas la mort de faire redoubler un enfant, il vaut mieux ça que de le dégouter car il ne va pouvoir suivre et se dégouter de l'école.
linelu7 - 21/02/12 08:52
je ne pense pas que ce soit la solution: je crois vraiment qu'il faut purement et simplement abolir le redoublement . . . . . .
Pipinousse - 22/02/12 08:06
Le fait de redoubler n'est pas une honte et si cela est nécessaire il vaut redoubler une année plutôt que de cumuler du retard en avançant et finir par tout arrêter car on se rend compte que l'on ne suit plus et que l'on a cumule beaucoup de retard

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