La communauté  :  
Accueil > Vie privée > Famille > Sang de cordon, eldorado de la médecine régénérative ?

Par   -  Publié le 23 février 2010
 19      3

Sang de cordon, eldorado de la médecine régénérative ?

A l’heure où le XXIème siècle sacre l’avènement de nouvelles médecines de pointe (régénératives, thérapies cellulaires), le sang de cordon ombilical se révèle un élément clé dans le traitement de certaines maladies lourdes du sang. Accusant un retard conséquent, la France peine à en stocker suffisamment.

Qu’est-ce que le sang de cordon ombilical ?

Qu’est-ce que le sang de cordon ombilical ? © getty images

Le sang de cordon ombilical est prélevé lors d’un accouchement jugé sans risque. Au moment de l’expulsion du bébé est extrait directement dans le placenta, à l’intérieur du ventre de la mère, le sang qui s’écoule de la coupure du cordon ombilical. L’importance de ce sang placentaire (ou sang de cordon) tient dans le fait qu’il contient des cellules souches. Ces mêmes cellules sont dites « non spécialisées » ou « passe-partout » car elles peuvent aussi bien être greffées dans un poumon ou un cœur malades et devenir par la suite des cellules saines propres à chacun de ces organes. La greffe de cellules souches, pratiquée depuis 20 ans, est venue offrir une alternative moins contraignante à la greffe de moelle osseuse, car elle est indolore (pour la maman comme pour le bébé), s’exécute facilement sans opération délicate et l’exigence de compatibilité entre le donneur et le receveur est moindre. De plus, le sang de cordon étant congelé 24 heures après l’accouchement, il est ensuite disponible à tout moment.

L’hexagone en net retard !

 L’hexagone en net retard ! © getty images

Le paradoxe de la France pionnière


C’est en 1988, à l’hôpital St Louis en France, que la première greffe de sang de cordon ombilical intrafamiliale est testée par le Pr Eliane Gluckman. Elle greffe à un enfant atteint d’une grave maladie du sang les cellules issues du sang de cordon de sa petite sœur. Un franc succès qui donnera suite à un développement considérable de la pratique. Avec plus de 130 millions de naissances dans le monde chaque année et plus de 816 000 en France, le cordon ombilical et son sang devraient former dans l’hexagone des stocks notables. Et pourtant…

Deux modèles opposés de stockage dans le monde


Aujourd’hui il existe dans le monde, deux modèles différents pour stocker le sang de cordon ombilical : le public et le privé. En France, seul le public trône. Après l’accouchement, les parents ont la possibilité de faire don anonymement et gratuitement du sang de cordon de leur enfant à quelques maternités rattachées à une des 7 banques publiques françaises de stockage. Contrairement à la plupart des autres pays européens, la France, fébrile, se questionne sur le bien fondé d’un cadre spécifique qui piloterait le développement de biobanques privées. Conséquence : de plus en plus de parents informés choisissent de conserver le sang de cordon ombilical de leur enfant dans une biobanque privée à l’étranger. Et ce pour une utilisation familiale ou autologue (sur soi-même) car telle est la prestation principale proposée par ces organismes. Un système onéreux (2000€ pour un stockage de 20 ans) mais qui séduit cependant davantage qu’un don public. Il existe actuellement 900 000 greffons à usage privé dans le monde, contre 300 000 disponibles dans le cadre public. Loin derrière, la France ne dispose que de 8 200 greffons alors que 50 000 seraient nécessaires. Elle doit par conséquent en importer régulièrement, à des prix très élevés : sur 335 greffes de sang de cordon réalisées en 2007, seules 119 ont pu être faites avec des greffons français. Les 216 restants ont dû être importés au prix unitaire de 18.000 euros. La même année, la France n’en a cédé que 74 à l’étranger.

L’éthique au cœur du débat sur la création de banques privées


Située au seizième rang mondial en termes d'unités de sang stockées par habitant, la France n'a toujours pas doté le sang de cordon d'un statut juridique explicite. Elle se retrouve désormais isolée  face au reste de l’Europe; l’Italie, l’Espagne et la Belgique ayant récemment légiféré pour autoriser la création de banques privées.
En novembre dernier, le député UMP Damien Meslot (territoire de Belfort) remonte au créneau avec une proposition de loi remettant à l’ordre du jour l’implantation de banques privées régies par des normes strictes et solidaires. Un principe auquel s’opposent fermement le Collège National des Obstétriciens et Gynécologues de France et l’agence de Biomédecine dénonçant une vision "utilitariste, utopiste et commerciale". « Les cellules souches sont certes pleines de promesses mais rappelons que jusqu’alors on ne peut pas se soigner d’une maladie avec son propre sang de cordon (autologue), la communauté scientifique est claire là-dessus ! En clair, les parents qui confient le sang de leur enfant à une banque privée font un pari sur l’avenir, sans aucune assurance d’utiliser un jour ce même sang, pendant que certains patients en ont réellement besoin ! Et que dire de l’émergence une nouvelle fois d’une médecine à double vitesse puisque le stockage est payant et donc non accessible à tous ! » déclare le Dr Yvan Steiner de l’Agence de Biomédecine.

Pour l’heure, même si le sujet sur la création de banques privées de stockage alimente régulièrement la polémique, la révision des lois bioéthiques s’en est détournée, axant sa priorité sur les cellules souches embryonnaires. Un oubli qui risque de peser encore plus lourd sur la France et son usage pourtant encourageant de la médecine régénérative.

Don de sang de cordon : mode d’emploi

Don de sang de cordon : mode d’emploi © getty images

Cinq conditions indispensables au don :


- Un entretien est obligatoire avec un médecin spécialiste pendant la grossesse
- L’accouchement doit être effectué dans une des maternités habilitées
- Deux examens cliniques doivent être pratiqués sur le bébé : à la naissance ainsi qu’à son troisième mois
- Deux analyses (gratuites) du sang de la mère afin de dépister toute éventuelle maladie infectieuse : lors de l’accouchement puis à la visite au troisième mois
- Informer le collecteur du don en cas de l’apparition d’une maladie grave

A savoir :


Le sang de cordon ne sera pas recueilli ni employé dans les cas suivants :

- Si durant l’accouchement, l’attention des sages-femmes doit se porter sur des gestes médicaux davantage prioritaires
- S’il apparait un événement interdisant l’utilisation du don
- Si un refus oral est signalé à la sage-femme, même après un consentement écrit
- Si le sang de cordon ne correspond pas aux critères de conformité, il pourra avec accord des parents faire l’objet de recherches en laboratoire

Etablissements agréés pour le don :


Il existe à ce jour 16 maternités spécialisées figurant toutes auprès des 7 banques de stockage de sang de cordon : Paris, Créteil, Besançon, Annemasse, Lyon, Grenoble et Bordeaux. 3 autres sont actuellement en cours d’ouverture à Montpellier, Marseille et Poitiers. Ces établissements sont regroupés au sein du Réseau Français du Sang Placentaire, piloté en partenariat par l’Agence de Biomédecine, l’Etablissement Français du Sang (EFS) et le registre France Greffe de Moelle.  

Emilie Gardes

Voir aussi :  bebe   
 

19 commentaires

lolo13 - 23/02/10 13:44
je suis tout à fait pour!
Nathalie - 24/02/10 11:41
Déjà mère, je me pose la question du pourquoi personne ne m'a parlé de la possibilité de faire un don ? Une autre question me vient à l'esprit : lorque nous avons fait conserver ces cellules souches dans une banque privée, avons-nous plus de chances que ces cellules souches puissent traiter quelqu'un de notre famille ?
isa169 - 24/02/10 21:57
moi aussi je suis pour mais c'est vrai que personne ne m'en a parlé !
jean - 05/03/10 14:56
Sachant que l'on traite 88 pathologies à l'heure actuelle, et que l'on est sur une phase exponentielle au niveau de la recherche, pour quelle raison la collecte publique s'oppose au choix des parents de collecter dans une banque privée allogénique.Pour rappel, il ne s'agit pas que de problemes oncologiques, le spectre d'efficacité est beaucoup plus vaste... On peut se demander pourquoi éxiste t-il un tel dogmatisme du secteur public, alors que le but est d'avoir un maximum de greffons collectés tant par le public que par le privé du moment que le concept soit solidaire. Y a t-il quelque chose à cacher, une incompétence des spécialistes en France, une histoire de gros sous... C'est vrai que 8200 greffons en 15 ans... on peut se poser la question sur l'utilisation des fonds publics...et sur la liberté en France de prévoir pour les générations à venir.
domi60 - 21/03/10 15:03
Oui, une information bien cachée, pourtant tellement utile.Effectivement, quels sont les enjeux: guerre de labos?
joelasaucisse - 21/03/10 16:08
Vraiment très intéressant cet article. C'est une très bonne alternative aux dons du sang qui ne rassemblent malheureusement que peu de personnes.
ysabella - 22/03/10 21:59
Il est urgent d'informer. Personnellement, j'ignorais cela et suis outrée qu'une fois de plus on fasse passer l'argent avant la santé. Je ne comprends pas qu'il y ait 2 modèles de stockage, ce devrait être publique; il y a tant de demandeurs, c'est quand même honteux et égoïste
minimag85 - 13/04/10 14:02
Moi c'est quelque chose que j'aurais aimé faire à la naissance de ma fille mais malheureusement la clinique où j'ai accouché, ne proposait pas de récupérer le cordon. Cela ne se fait que dans certains hopitaux, c'est le gros problème à mon avis, on fait beaucoup de bruit autour de ça, mais on a peu de possibilité de le faire.
Toototez - 01/05/10 12:17
Totalement favorable à ce type de don...
joelasaucisse - 01/05/10 13:27
c'est quelque chose qui pourrait révolutionner la science alors il faut tous pousser dans ce sens.
Alex0110 - 29/05/10 15:39
le problème c'est qu'il n'y a pas beaucoup de femmes qui acceptent
janissou - 02/07/10 13:25
Le problème c'est qu'il y a seulement 20 établissement autorisés à collecter ce sang. La semaine dernière il y avait un article sur ce sujet dans "femme actuelle". 10000 dons sont actuellement stockés alors qu'il en faudrait 30000! L'objectif est d'ateindre une maternité par département. La liste des établissements : www.agence-biomedecine.fr
Misterx - 25/07/10 18:14
je ne connaissais pas du tout! interessant comme solution
pussy01360 - 10/08/10 10:47
Moi je suis à 100% pour, ça ne fait de mal à personne puisque le cordon est jeté à la poubelle après expulsion du placenta et il pourrait servir à soigner de nombreuses personnes. Lors de mes 2 grossesses j'ai demandé à l'hôpital si ils fesaient ça, si ils gardaient les cordons et ils m'ont dit que non, qu'ils n'en avaient pas les moyens techniques. Je trouve ça dommage car moi j'aurais donné mes 2 cordons sans problème.
lorenzo070604 - 12/10/10 08:51
tres interressant !!!
ally1500 - 15/02/11 00:38
je suis tout à fait pour, cela peut permettre de sauver des vies
country33 - 05/09/11 19:53
Pour aider certaines personne sà guérr c'est ce qu'il faut, alors pourquoi hésiter.
ladymam - 23/11/11 16:58
bien sur qu 'il faut s 'en servir si cela peu aider pourquoi hésiter le cordon est jeter de toute façon !!!
franmic64 - 02/01/12 22:24
C'est une bonne alternative et des bébés espoirs sont conçus afin de venir en aide à leurs frères ou soeurs ainés!

PUBLICITE

La communauté
   magicienne4  a joué au quiz « Fan d' "Intouchables" ? Gagnez "Le Second souffle" de Philippe Pozzo di Borgo ! » avec un score de 3 - Il y a 1 h
   vementiel  a joué au quiz « Fan d' "Intouchables" ? Gagnez "Le Second souffle" de Philippe Pozzo di Borgo ! » avec un score de 3 - Il y a 2 h
   Angenie a rejoint la communauté - Il y a 3 h
   - Il y a 3 h

Rejoindre le Groupe

Entreprises partenaires

Fermer  
Envoyer à un ami
Les champs marqués d'un * sont obligatoires
Fermer  

Inscription à l'association

Bonjour,
Merci de répondre au questionnaire d'inscription ci-dessous. Pour votre information, toutes les informations transmises resteront strictement confidentielles et seront utilisées uniquement dans le cadre de l'Association Terrafemina.
 Je souhaite recevoir par email des informations relatives à l'actualité du site Terrafemina.com (newsletter)
Les champs marqués d'un * sont obligatoires
Fermer