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Par   -  Publié le 21 septembre 2011
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Echec scolaire : « Les parents n'ont pas les clés pour aider leurs enfants »

Parents désemparés, enfants en échec : la 4ème journée de refus de l’échec scolaire pointe du doigt la surcharge de devoirs et la pression mise sur les écoliers français. Karine Mazevet, dans un livre adapté et traduit de l’Espagnol, propose de voir l’éducation sous un angle nouveau, en prenant acte des nouveaux modes de fonctionnement des enfants. Entretien.
Echec scolaire : « Les parents n'ont pas les clés pour aider leurs enfants »

 

Terrafemina : A l’occasion de la 4ème journée du refus de l’échec scolaire, une enquête montre que près de 60% des parents d’élèves de milieux populaires se sentent dépassés par les devoirs de leurs enfants. Vous vous êtes intéressée aux difficultés des parents face au système éducatif, avez-vous fait les mêmes constats ?

Karine Mazevet : Oui j’ai constaté qu’ils n’ont pas toujours les connaissances pour aider leurs enfants dans leurs devoirs ou bien ne comprennent pas le jargon de l’école très différent d’il y a 15 ans. Accompagner le travail scolaire demande du temps et de la disponibilité, ce dont beaucoup de parents  manquent aujourd’hui. Autre décalage, ils n’ont pas le mode d’emploi face au fonctionnement de leurs enfants, qui ne sont pas heureux quand il s’agit d’apprendre par cœur. Les enfants d’aujourd’hui ont besoin d’explorer, de jouer et de bouger, or on leur demande de rester assis et d’ingurgiter des connaissances comme il y a 40 ans. Les parents eux-mêmes appliquent ce qu’on leur a appris, ils n’ont pas les clés pour comprendre cette génération née avec la télévision omniprésente et Internet.

TF : Pensez-vous que ce soit une question de milieu ?

K. M. : Pour ce qui est de l’épuisement des parents et de la quantité de devoirs des enfants, tous les milieux sont concernés. Les cadres supérieurs n’ont pas le temps de se consacrer au travail scolaire de leur enfant. Il y a une surcharge des deux côtés, difficile à vivre, et qui peut mener à l’échec scolaire, voire à l’abandon.

TF : L’Afev (l'Association de la fondation étudiante pour la ville), qui est à l’initiative de cette journée, veut sensibiliser contre les effets néfastes de la pression scolaire, et appelle même à la suppression des notes à l’école élémentaire. Selon vous l’exigence, l’autorité et la notation scolaire briment les enfants ?

K. M. : Je veux souligner que cette pression coupe aussi les ailes des enseignants, soumis à des évaluations, des fichiers, des notations de + et de – en permanence. Ils y passent un temps énorme au détriment de leur créativité et d’un vrai travail d’accompagnement de l’élève. J’entends parler beaucoup de professeurs, qui dès la maternelle, doivent remplir des dossiers d’évaluation… Evidemment l’exigence est nécessaire dans la vie pour tenir droit, mais l’exigence bienveillante et non l’autoritarisme et la hiérarchie arbitraire des notes. Communication, respect et émulation sont des mots positifs, ils n’empêchent pas de progresser. La Police et les caméras dans les collèges n’aident pas à travailler sur le respect mutuel. Il faut songer à ce que l’on veut proposer comme vision du monde à nos enfants, l’exemplarité ou la dualité et l’affrontement ?

TF : Vous avez traduit et adapté un ouvrage éducatif latino-américain* qui propose une toute nouvelle approche de l’éducation, et qui implique les parents dans sa démarche. En quoi consiste-t-elle ? Que faudrait-il changer en premier dans nos écoles ?

K. M. : Nous attachons une grande importance à la prise de conscience des adultes sur le fonctionnement des enfants d’aujourd’hui. Eduka 3000, propose des ateliers pour aider à cette nouvelle lecture des enfants. Nous voulons également ouvrir des espaces pour ados et enfants, où ils apprendront à se connaître, à créer et à se concentrer. Car leurs activités ne leur permettent plus de fixer leur attention durablement, il n’y a qu’à l’école qu’on leur demande cela.

L’éducation, une stratégie pour ré-enchanter la vie » (Editions le Souffle d’Or), traduction et adaptation de « Pedagooogia 3000 » de Noémi Paymal.

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10 commentaires

sandrine6405 - 21/09/11 15:51
Il est sur que j'arrive encore à aider mes filles dans leurs devoirs et leçons si elles n'ont pas tout compris mais ça fait plus de 20 que j'ai arrêté l'école et les méthodes d'apprentissage ont changé
country33 - 21/09/11 15:57
Il y a des gens qui ne peuvent pas suivrent les devoirs des enfants et c'est ça qui est dramatique.
ysabella - 21/09/11 17:55
Une refonte totale de l'enseignement est indispensable sous peine de courir à la catastrophe. L'enseignement dispensé ne correspond plus aux enfants d'aujourd'hui. Il faut accepter les évolutions, savoir se remettre en question et s'adapter, sans juger ni penser que "c'était mieux avant".
ysabella - 21/09/11 17:56
J'ajoute qu'il y a urgence avant que les élèves dans leur ensemble ne décrochent complètement. Il s'agit d'une prise de conscience et d'une volonté politique.
jeant - 22/09/11 10:30
C'est déprimant.
paulhan2night - 24/10/11 10:14
les parents d'enfants en échec eux même anciens élèves en échec? c'est un schéma classique qui heureusement n'est pas irrémédiable , heureusement que quelques uns s'en sortent quand même
country33 - 24/10/11 10:21
Heureusement certains s'en sortent dans ces enfants là, mais beaucoup de parents ne peuvent pas suivre.
sandrine6405 - 24/10/11 10:31
Les enfants qui n'ont pas envie de travailler restent très difficiles à interesser meme pour les parents les plus conciliants
franmic64 - 12/01/12 00:31
Ils rebondissent parfois en choisissant une autre voie et reviennent sur le cursus "normal" après un bac pro ou un bts.
omaha - 12/03/12 18:30
je pense que nous sommes assez démunis en tant que parents quand on manque de bases pour aider nos enfants

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