Par
Marie-Laure Makouke
- Publié le 30 septembre 2011
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Suicide des enfants : « On peut les prévenir dès la naissance »
Terrafemina : Les enfants sont souvent qualifiés d’insouciants pourtant, selon l’Inserm, ils sont 37, âgés de 5 à 14 ans, à s’être donné la mort en 2009. Comment expliquez-vous ce phénomène ?
Myriam Szejer : Bien qu’ils soient insouciants, certaines choses touchent profondément les enfants sans que les adultes en aient conscience. D’ailleurs, ils peuvent parfois ressentir une souffrance intérieure sans en connaître la cause profonde.
Ainsi, le suicide d’un jeune peut résulter d’une simple broutille. Une parole malheureuse, d’autant plus si elle est prononcée par une personne proche ou à laquelle il est attaché, peut suffire. Certes, c’est une réaction disproportionnée mais les enfants ne disposent pas des mêmes outils que leurs aînés pour se défendre et se faire entendre. Quant aux adultes, ils ne savent souvent pas appréhender le retentissement d’un événement parfois mineur dans l’esprit d’un adolescent.
TF. : Les enfants suicidaires sont-ils en souffrance au même titre que les adultes ?
M. S. : Pour les actes conscients, le tableau clinique de l’enfant suicidaire est en effet équivalent à celui de l’adulte. Comme ses aînés, l’enfant qui attente à sa vie considère que la mort est la seule issue pour mettre un terme à une situation invivable. Mais un suicide « réussi » peut être consécutif à un premier appel à l’aide qui n’aura pas été entendu. Car si, chez les adultes, une tentative de suicide ouvre immédiatement la porte à une surveillance rapprochée, une prise en charge psychologique, etc., les plus jeunes ne bénéficient pas de la même attention. En effet, la prise en compte de la souffrance de l’enfant n’est pas encore entrée dans les mœurs. On considère que la jeunesse permet, à elle seule, de se rétablir naturellement.
En ce qui concerne les actes manqués évoqués par Boris Cyrulnik (un enfant qui se penche un peu trop par la fenêtre ou qui traverse la rue dangereusement, ndlr.), la prise de risque n’est pas totalement consciente. L’enfant se met en danger sans vouloir forcément et réellement en finir avec la vie. Toutefois, les parents dont l’enfant se renferme soudainement sur lui-même, ne communique plus, ne joue plus ou est victime, du jour au lendemain, d’importants troubles du sommeil, doivent rester très attentifs.
TF. : Les enfants ont-ils conscience du caractère irréversible de la mort ?
M. S. : Jusqu’à 5 ou 6 ans, ils n’en ont pas conscience. D’ailleurs, les jeux vidéo, dans lesquels on peut mourir puis ressusciter dans la minute, entretiennent cette croyance de plus en plus tard. C’est l’une des raisons pour lesquelles, si l’on est amené à assister à un enterrement avec un enfant, il faut lui expliquer que la personne décédée ne reviendra pas. S’il s’agit d’un proche, il est important qu’il comprenne qu’il ne le reverra ni la semaine suivante, ni jamais.
T.F. : Dans son rapport, Boris Cyrulnik parle d’une politique de prévention autour de la naissance. Comment peut-on prévenir ces drames si tôt ?
M. S. : Nous avons expliqué cette idée dans l’ouvrage « Si les bébés pouvaient parler » (Bayard) auquel Boris Cyrulnik a participé. Les travaux réalisés pour les besoins de cet essai ont permis de mettre le doigt sur les enjeux de la périnatalité : chaque événement, majeur ou non, ayant lieu pendant la grossesse a des conséquences et peut entraîner une vulnérabilité dans la vie future de la mère mais aussi de son enfant.
Ainsi, la première étape pour comprendre la souffrance d’un adolescent consiste à rechercher une éventuelle interruption du premier lien maternel, pendant ou après la grossesse. En effet, on observe souvent, chez les enfants adoptés, une souffrance psychologique causée par une carence affective. On peut constater le même trouble chez un enfant vivant avec ses parents biologiques si des complications remettant en cause ses chances de vivre sont apparues pendant la grossesse. Face à ce type d’annonce, il n’est pas rare que les femmes enceintes réalisent un abandon psychique de leur fœtus, persuadées que celui-ci n’est pas viable. Bien sûr, dès le jour de l’accouchement, ces craintes sont oubliées mais elles laissent des cicatrices : un traumatisme prénatal qui s’exprimera tôt ou tard et de façon complètement imprévue.
Crédit photo : Brand X Pictures
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Ca fait peur je ne pensait pas que c'était autant je suis triste de ce chiffre.
A deux ans je voulais repartir de là d'où je venais "c'était plus beau". Les professionnels à qui je le disais ne le croyaient pas... Les adultes ne croient pas les petites filles et les petits garçons, pourtant ce sont elles qui sont le plus près de la naissance donc d'une certaine lucidité.
C'est alarmant tout de même, et ça fait réfléchir sur les rapport que l'on a avec nos enfants.
Je parlerais encore plus avec mes filles, mais cela me fait vraiment peur.
La seule solution pour protéger de la souffrance est l'amour. La relation est essentielle or notre société envahie par la technologie isole de plus en plus les individus. Nous vivons au siècle de la communication et pourtant les relations se tarissent de plus en plus. Je pense que laisser des enfants seuls devant la tv, un écran d'ordinateur ou de console de jeux est dangereux. Ce n'est pas ce qu'ils demandent: combien préfèreraient partager ne serait-ce qu'un petit temps de jeu,une discussion ou une ballade avec leur père ou leur mère? Aux adultes de rétablir la communication et de se libérer de la technologie qui ne devrait servir que professionnellement. Les personnes,et plus encore les très jeunes, souffrant de manque affectif sont en danger; il est urgent de rétablir le dialogue et de combler les carences affectives dévastatrices. Il n'est pas difficile de prendre un peu de temps pour être à l'écoute de son enfant; même si le moment est court, la qualité de la relation, l'amour apporté peuvent sauver...
en accord avec isabella, notre société est devenue égoiste, individualiste malgré des moyens de communication plus évolué et pourtant, il n'y a jamais autant eu de célibataires, de violences, d'insultes entre enfants, de parents laxistes...cette société s'est tellement ouverte à l'extérieur que les gens ne communiquent plus avec ceux qui leur sont le plus proches, regardez les ados sur les écrans qui se désocialise, devenant dépendant de mondes irréels ou ils peuvent aussi s'inventer d'autres personnalités, regardez les sports et remarquez comme les enfants s'envoient des noms d'oiseaux et des parents à côté style "pas grave" !!! tout se perd de plus en plus, et communiquons plus entre nous, adhérons plus aux valeurs simples mais qui se trouvent être les meilleures, ne cherchons plus la performance trop présente dans l'esprit de parents et se transvasant dans ceux de nos petits, jouons plus entre membres de familles et ne laissons plus nos enfants seuls sur ces jeux parfois crétins et surtout pour avoir la paix et qu'ils ne veulent pas reconnaitre, vive les jeux de société, ne cédons plus aux dictats de la mode trop présent dans les cours de récré que certains parents laissent faire, libre à eux d'en porter mais pendant les vacances cela enlèvera un bon nombre de problèmes dû à ces conneries ! il faut se réveiller de cette société qui s'appauvrit au point de vue familial, psychologique et intellectuel !!
Oh dis donc.. c'est vraiment complexe tout cela.. ça fait peur car même si on aime et adore nos enfants, bien on est pas dans leur tête pour tout savoir si ils ne parlent pas toujours...
c 'est alarmant , je ne pesnsais pas qu 'autant d 'enfants si jeunes pouvaient se suicider !
oui c'est vrai, des moins de 12-13 ans.. moi pareil. je ne pensais pas que cela pouvait se produire à ce point.
les enfants ne montrent pas toujours ce qu'ils ressentent et on a du mal à saisir l'ampleur de leur souffrance. ou trop tard . . . .. ... .
ayant des enfants en bas ages c est une chose qui me fait enormement peur