Par
Marine Deffrennes
- Publié le 17 mai 2010
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Vacances : le grand retour de l’hospitalité ?
On a échangé nos maisons
© Hemera
On connaît bien le procédé depuis le film The Holiday (de Nancy Meyers, 2006). C’est sur l’un des sites leaders de cette pratique, HomeForExchange.com, que Cameron Diaz fait la connaissance de Kate Winslet et décide de troquer pour quinze jours sa villa à Los Angeles contre un cottage dans le Surrey...
Une solution anti-crise
Un duo de hollandais, Ans Lammers et Mark Wiersma, est à l’origine du portail créé en 2005 qui rassemble aujourd’hui plus de 13000 membres : « L’échange de maison est né dans les années 50 entre des enseignants britanniques, après cela s’est répandu dans le monde. L’arrivée d’Internet a considérablement boosté le marché », note Ans Lammers. La première année, l’inscription et la création du profil sont offertes, le réseau compte très vite des milliers de membres et l’offre devient payante : 45 dollars pour un an, 68 pour deux, indispensable selon l’administratrice du site : « sinon vous récoltez beaucoup de gens qui ne sont pas vraiment intéressés par l’échange de maisons. Aujourd’hui le réseau continue de s’agrandir, et nous espérons avoir 16000 profils avant la fin 2010.» La crise a accéléré la cadence : « Je pense que nous avons connu une augmentation de 30% de membres. Economiser reste la première raison de pratiquer l’échange de maison. Une famille de quatre personnes peut facilement gagner 1500 euros pour quinze jours de vacances. » Si tous les pays du monde n’adhèrent pas à la belle idée du « Viens chez moi et j’habiterai chez toi », les Français, moins bougres qu’on croit, « ont le virus de l’échange de maison», selon Ans Lammers.
"Paris est la ville la plus demandée"
Le Français Philippe Sabathier confirme, son site Bienvenueàlamaison.com, créé en 2006, compte 6000 membres, dont 50% de Français et 40% d’Américains. En effet les échanges entre Amérique du Nord ou Canada et la France sont majoritaires : « Aujourd’hui si vous habitez Paris, vous pouvez partir n’importe où dans le monde, c’est la destination la plus demandée.» En deuxième place : New York. Dominique et son mari ont tenté l’expérience en 2008. Ils avaient toujours voyagé « comme tout le monde » en réservant à l’hôtel, « un jour mon mari a regardé un site d’échange par curiosité. Nous sommes entrés en contact avec une famille de New York et après quelques échanges de mails et de photos j’ai compris que nous étions sur la même longueur d’onde, se souvient Dominique ».
Parce que l’idée c’est en effet de ne pas prêter un bel appartement parisien à n’importe qui, et de s’assurer qu’on le retrouvera en bon état. Pour Dominique l’expérience a été plus que positive : « j’ai réalisé que les Anglo-Saxons étaient moins frileux que nous avec leurs biens matériels, cela m’a aidé à me détacher. Tout s’est très bien passé et nous avons échangé nos photos de vacances ensuite. » Si l’occasion se représente Dominique et son mari repartiront séjourner chez l’habitant, sans crainte.
Couchsurfing, 1 800 000 canapés à squatter…
© Hemera
Céline, 21 ans, parisienne, a entendu parler du couchsurfing et s’est lancée il y a un an pour partir un mois au Québec. Aujourd’hui, la voilà convertie : « Même si faire du couchsurfing était payant, je payerais pour pouvoir dormir sur le canapé de l’habitant ».
La démarche simplissime consiste à se créer gratuitement un profil sur le site couchsurfing. « Il faut que les profils de l’hôte comme celui du touriste soient complets et informatifs afin de choisir au mieux la personne chez laquelle on souhaite aller, explique Céline ». Voyager entre filles ? Aucun problème pour Céline qui se fie aux notes et commentaires attribués à chaque hôte. Certains membres sont même « certifiés », ce sont ceux qui ont fait un don à l’association couchsurfing.
Un idéal collectif
Association, communauté, réseau, le site couchsurfing.com est aussi une entreprise, créée en 2004 par une troupe de baroudeurs qui continuent de déménager tous les 3 mois engageant les bénévoles les plus assidus, et professant leur idéal aux quatre coins du monde : « En tant que communauté, nous militons pour accomplir notre mission individuelle et collective, pour faire du monde un endroit meilleur, et nous croyons que surfer les canapés est un moyen d’atteindre cet idéal. » (déclaration de principe sur couchsurfing.org)
En effet pour l’hôte comme pour le couchsurfeur, l’avantage n’est pas que matériel : « Avant tout, j’aime aller à la rencontre des gens et découvrir leur manière de vivre, déclare Céline. Le couchsurfing est pour moi le meilleur moyen de découvrir une culture et des modes de vie différents du mien. » Benoît, 30 ans, lui, accueille des couchsurfeurs depuis trois ans chez lui à Montréal, «Dès que je me sens en confiance avec les gens que j’héberge, je n’hésite pas à leur laisser mes clés et jusque là, je n’ai jamais eu de problèmes ». Il n’a pas l’intention de s’arrêter, les demandes progressent sans cesse.
Un réseau en devenir ?
Pour autant, le « surf sur canapé », s’il incarne une forme de tourisme en progression, demeure une niche réservée aux voyageurs autonomes et sans attaches qui ne se soucient pas de leur confort. Bernard Schéou*, maître de conférence à l’Université de Perpignan II s’est intéressé au phénomène : « Par sa taille comme par sa croissance, ce réseau impressionne. Il comprend aujourd’hui plus de 1 800 000 membres dans le monde, environ 15000 nouveaux membres adhèrent chaque semaine. Mais cela représente seulement, pour l’Amérique du Nord par exemple, 0.2% de la population. »
Jean-Yves Hégron**, administrateur de Bewelcome, estime que la pratique a atteint son point culminant : « Les réseaux d’hospitalité seront certainement mis en danger par Facebook, qui développera un jour sa propre application. » Car dans la compétition des réseaux sur Internet, c’est toujours le nombre qui l’emporte…
Loin d’être nés dans les années 2000 - le plus ancien, Servas date de 1949 - les réseaux d’hospitalité se sont donc développés grâce à Internet, et surfent sur la vague d’un tourisme plus ou moins contestataire, dit « équitable », « participatif » ou « éthique ». Pour certains l’industrie du tourisme semble ne plus savoir répondre au désir de partage et de dépaysement. L’idée fédératrice, quels que soient les principes mis en avant, c’est de ne plus dépendre des guides et des tour-opérateurs. Des touristes qui ne veulent plus porter l’étiquette « touriste », quitte à travailler en faisant du Wwoofing.
*Auteur de Du tourisme durable au tourisme équitable, éditions De Boeck, Bruxelles, 2009.
** Co-Auteur de Voyager presque gratuit, éditions Solilang, 2009.
Wwoofing, pour les vrais de vrai
© Hemera
La vague du BIO nous a abreuvé de ces nouvelles offres de vacances saines et pédagogiques. Mais le pionnier, c’est le Wwoofing – Willing Workers on Organic Farms, soit « travailleurs volontaires en fermes biologiques »- né en Angleterre en 1971, et devenu populaire ces cinq dernières années. S’il est impossible de dénombrer le nombre de Wwoofers dans le monde, Katherine Hallewell, en charge du développement de Wwoof.org au Royaume-Uni, fait remarquer que dans certains pays des volontaires sont mis sur liste d’attente.
Nathalie et Nicolas ont tout quitté pour partir un an et demi à la rencontre des fermiers écolos de toute la planète. Contre le gîte et le couvert, ils travaillent quelques semaines dans des exploitations au Canada, au Japon, en Mongolie ou au Danemark. Le couple voulait « apprendre sur le terrain les techniques de l’éco-construction, la mise en œuvre des énergies renouvelables dans l’habitation et la permaculture », pour créer, peut-être, au retour, une entreprise verte… (Le Blog de Nathalie et Nicolas, actuellement en Thaïlande )
Pour devenir Wwoofer, il faut débourser 30 Euros pour souscrire à l’association Wwoof du pays où l’on souhaite voyager. Sur un livret ou sur internet on consulte les adresses et activités des hôtes disponibles : « Il y a des pics saisonniers, par exemple en été. Dans ces cas-là, mieux vaut réserver quelques mois à l’avance. Nous avons organisé notre premier pays (le Canada) au cordeau, chaque Wwoof était planifié 6 mois à l’avance. Finalement, nous avons changé nos plans au cours du voyage, en fonction des envies, des rencontres, du budget, des distances. »
Comme c’est le cas pour la plupart des réseaux d’hospitalité, aucun contrat n’encadre le séjour, l’accord sur le nombre d’heures de travail ou les prestations relève de la parole donnée. Nathalie a connu les surgelés et le camping dans un jardin Canadien tout comme la chambre indépendante avec piscine en Nouvelle -Zélande. « Grâce à notre année de Wwoofing, nous avons mis la main à la pate dans plein de domaines. Nous nous sommes découvert des aptitudes, nous avons de nouvelles idées pour le futur. Le Wwoofing a du bon pour l’hôte et pour le wwoofer, chacun y trouve son compte et après avoir été Wwoofer, nous comptons bien devenir des hôtes en France. » Ouvert il y a trois ans le site français de Wwoofing voit se multiplier les adresses, et connaît un vrai succès auprès des familles. Des citadins qui sautent le pas pour montrer à leurs enfants que les œufs ne poussent pas dans les arbres…
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Un moyen intéressant de découvrir un autre pays et une autre culture à moindre coût. Je serasi tout de même génée de confier ma maison à des inconnus sans les avoir rencontrer au préalable. Il y a toujours une part de risque dans l'aventure et je pense que mes vacances seraient quelque peu ternies si je retrouvais mon domicile en vrac. par contre en ce qui concerne le concept c'est un moyen idéal de lutter contre la crise
Moi je trouve ça génial quand on est jeune et avide d'expériences originales. Mais en famille, c'est plus compliqué. Sur l'échange de maison, un bémol: mon chat pourrait faire une crise cardiaque si il voit arriver des inconnus !
J'y pense de plus en plus. Il faut avoir confiance et être guidé par ceux qui ont déjà pratiqué cette nouvelle forme de tourisme,ceci grâce aux sites. Quelle heureuse idée d'aller à la rencontre de l'autre, de retrouver l'hospitalité...Un retour en force des vraies valeurs?
Déjà fait du couchsurfing aux USA et Canada, ça marche très bien! J'ai notamment pu loger en plein cœur de Manhattan gratuitement pour quelques jours et à Boston chez un couple adorable! De belles rencontres! Le wwofing, ça me dirait bien un de ces jours!
c'est compliqué de laisser sa maison et tous ses objets personnels. on peut tompber sur des gens biens, mais peut-être aussi des personnes pas très soigneuses...
J'ai testé et j'ai adoré l'échange de maisons. Depuis, nous voyageons ainsi en famille dès que nous le pouvons. Nous nous sommes faits de trés bons amis un peu partout. Un conseil : planifiez votre voyage à l'avance pour pouvoir apprendre à bien connaître les gens avec qui vous échangez. Si vous avez de la flexibilité pour la destination et les dates, vous vous trouverez facilement un échange dans des endroits auxquels vous n'auriez pas pensé. Pour ceux qui sont vraiment intéressés, j'ai rédigé un article de conseils pour les personnes qui échangent à cette adresse : http://www.1sthomeexchange.com/fre/holiday-home-exchange-tips.php Cordialement!
Moi j'aurais beaucoup de mal à laisser ma maison à des gens que je ne connaispas et puis elle n'est pas assez bien pour être retenue dans de tels programmes ( de petites chambres, pas de piscine, village pas attractif etc ...).
c'est un concept super interessant même si j'aurais du mal à laisser ma maison à des inconnus. Mais c'est aussi un bon moyen de voyager. Après je pense qu'en passant par un intermediaire c'est rassurant
C'est vraiment une bonne initiative, vraiment très intéressant cette article !
on a pas trop entendu parler de ce concept cet été, est ce que cela serait en baisse ?
je ne pense pas que quelqu'un voudrais venir loger dans mon f4 en plein centre ville , avec beaucoup de bruit , de poussière!! mais l 'idée est bonne !
je ne suis pas sur que a marche vraiment ce retour de l'hospitalité!
sympa tous ces cas de vacances.. le canapé.. heu.. moi je me vois mal louer ou prêter mon canapé pour une nuit... mdr.. surtout sans connaitre, avec tout ce qu'il se passe!
C'est un nouveau concept mais je pense qu'il est réservé à une certaine catégorie car il faut avoir un bien immobilier qui soit en phase!