Par
Marine Deffrennes
- Publié le 15 juin 2010
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L’autorité, une valeur en crise ?
Le coup de gueule des parents
© Creatas
« Les parents n’ont pas démissionné, ils sont plutôt démunis face à des injonctions contradictoires », martèle Béatrice Barraud, présidente de l’Apel, l’Association des parents d’élèves de l’enseignement libre. Pour son congrès annuel réunissant professeurs, psychologues, éducateurs et parents d’élèves, l’Apel a choisi un thème qui s’est imposé de lui-même : « Autorisons l’autorité ». Béatrice Barraud explique : « les préoccupations des familles, leurs difficultés à exercer l’autorité nous ont conduits à organiser tout au long de l’année des soirées de débats entre parents et enseignants et des ateliers philos pour les élèves du primaire à la terminale. » Résultat : un polaroïd juste et nuancé de la perception de l’autorité par les adultes et les jeunes, et quelques préjugés qui volent éclat.
Les 15-18 ans plébiscitent cette valeur
Non, l’autorité n’est pas une valeur en crise. C’est ce que révèle en tout cas le sondage CSA pour l’Apel publié fin mai : 83% des parents d’enfants scolarisés ont une vision positive de l’autorité, et les 15-18 ans sont encore plus nombreux -87%- à la plébisciter. Près de 86% des parents d’élèves estiment même qu’ils exercent suffisamment leur autorité sur leurs propres enfants. Alors pourquoi ce congrès ?
Le problème réside apparemment dans la perception et l’image véhiculée de l’autorité. Selon ce même sondage, ils sont 82% à penser que les parents d’aujourd’hui ne font pas preuve d’assez d’autorité. Pour Béatrice Barraud, cela montre que « les parents sont plus lucides sur les autres que sur leur propre situation », mais témoigne surtout de l’incertitude où ils se trouvent : « les parents sont écartelés et peinent à trouver la bonne attitude éducative ». Tous conscients de la nouvelle donne en matière de vie familiale – divorces, recompositions, et emplois du temps chargés- ils en ont assez des discours alarmistes sur la jeunesse. « On met toujours en exergue les jeunes déviants ou marginaux qui se droguent ou maltraitent leurs professeurs, en incriminant des parents « démissionnaires ». Les parents, eux, ont l’impression de se décarcasser et en ont raz-le-bol d’être culpabilisés, confie Béatrice Barraud »
Le nouveau visage de l’autorité
« Il est évident que l’autorité a changé de visage par rapport à ce que ma génération a connu. Aujourd’hui l’autorité se construit, il n’y a plus de « prêt-à-porter », on fait du sur-mesure pour chaque enfant. Je pense que c’est une évolution positive », nous dit la présidente de l’Apel. L’autoritarisme – le pouvoir de l’adulte sur l’enfant sans dialogue- aurait laissé place à une relation interpersonnelle entre l’adulte et l’enfant, plus affective et plus ancrée dans le respect que la crainte. « Cette autorité bienveillante et ferme nécessite donc un savant dosage qui doit évoluer sans cesse. Tous les parents que nous avons rencontrés avouent réinventer chaque jour leur méthode. »
Le bilan du congrès, c’est l’unanimité sur une définition de l’autorité comme une responsabilité éducative qui considère l’enfant comme une personne, non violente mais plutôt cohérente et bienveillante. « Le bon sens éducatif existe, nous l’avons rencontré chez les parents comme chez les jeunes », raconte Béatrice Barraud, « comme cette petite fille de CE1 qui nous a dit : « Quand on obéit, après on se sent libre. »»
Concernés et premiers réceptacles des difficultés au sein de la famille, psychologues, éducateurs et pédopsychiatres nous livrent leur regard sur l’autorité et la sanction aujourd’hui.
« L’autorité est contestée par les jeunes »
Martine Robustelli-Neu est professeur d’anglais et forme des jeunes enseignants depuis dix ans dans des modules consacrés à l’autorité et à la discipline. Elle a écrit plusieurs ouvrages sur l’éducation et vient de publier Enfant roi, enfant sans loi, aux éditions Respublica.
« Aujourd’hui l’autorité est contestée par la plupart des jeunes. Ce sont des enfants qui n’ont pas pris l’habitude d’obéir à leurs parents, alors pourquoi obéiraient-ils aux professeurs ? Je pense que les parents exercent moins leur autorité qu’avant, ils attendent en se disant que cela s’arrangera avec l’âge, alors que les trois premières années de la vie sont décisives. Je vois peu de parents qui osent assumer le fait de sanctionner, ils n’osent plus dire non et punir. Pourtant, même dans le monde des adultes, lorsqu’on brûle un feu rouge on prend une contravention ; la sanction fait partie de la société.
La punition n’a pas besoin d’être physique. Mais le débat sur la fessée me pose problème car on ne met pas tous la même chose derrière le mot « fessée », soit un geste violent, désuet et peu pratiqué selon moi, soit une petite tape et les gros yeux pour montrer la limite à un petit enfant. Le vrai problème c’est que dans la punition corporelle on répond au caprice de l’enfant par son propre énervement, le mieux serait pour chaque parent de savoir se calmer, et surtout d’accepter d’entendre pleurer son enfant un moment - il n'est pas vraiment malheureux, il n'est pas en danger-, de le laisser seul dans sa chambre jusqu'à ce qu'il se calme. L’enfant sait mettre en scène sa colère pour inquiéter ses parents, il faut avoir le courage de résister. »
« Les enfants ne sont pas de mini-adultes »
Pédopsychiatre et thérapeute de famille, Anna-Catherine Pernot-Masson vient de publier Découvrez le parent qui est en vous, chez Payot.
« Les parents d’aujourd’hui sont confrontés à un réel problème concernant l’exercice de l’autorité. En effet, un des éléments théoriques fondamentaux de l’idéologie moderne qui nous imprègne est le RESPECT de l’individualité de chacun. Les parents veulent bien sûr le mieux pour leur enfant. Donc nous désirons respecter leur épanouissement.
Malheureusement, notre société arrive au problème inverse, et voit maintenant les enfants ne plus respecter leurs parents ni les règles sociales! En effet, les adultes veulent appliquer aux enfants ce qu’ils désiraient dans leur enfance et désirent aujourd’hui pour eux-mêmes : notre société, en réalité, broie les individus de manière au moins aussi redoutable que la société patriarcale d’autrefois. Or les enfants ne sont pas de mini-adultes, mais des individus immatures, qu’il faut éduquer, c'est-à-dire sortir de leur état « sauvage » pour les amener à un état « civilisé », que je résumerais par : se respecter soi-même, se faire respecter, et respecter les autres. Nous, parents, avons eu trop tendance à oublier le deuxième terme, qui est pourtant indispensable à l’éducation d’un enfant, à la fois pour sa construction psychique et pour son intégration sociale.
Pour que l’autorité ne se transforme pas en une lutte symétrique entre deux individus, il faut que celui qui l’exerce soit convaincu qu’il ne fait que transmettre des règles qui le dépassent ! »
« Les punitions corporelles sont d’un autre âge »
Maryse Vaillant est psychologue clinicienne, spécialiste de l’enfance, son livre co-écrit avec Judith Leroy, Ma famille, mes copains, mon école et moi, vient de paraître chez Pocket Jeunesse.
« L'autorité parentale n'est pas le pouvoir des parents mais leur responsabilité. C'est un devoir de protection, de sécurité, de santé et d'éducation. La punition devrait être exceptionnelle et la sanction courante.
La sanction marque les conséquences d'un acte (privation ou félicitation, récompense, offre de réparation), alors que la punition vise à faire souffrir le fautif. Or, l'enfant est dans l'erreur bien plus que dans la faute. Il lui faut un cadre éducatif ferme et affectueux, ni sévère ni coercitif. Interdire, répéter l'interdiction, est plus efficace que menacer et sévir.
Les punitions corporelles sont d'un autre âge, y avoir recours aujourd'hui serait inquiétant. Or, la tape sur les fesses n'est souvent qu'un geste d'agacement. Sauf dans l'esprit de celui qui veut imposer sa force ou qui n'a pas d'autre argument. N'oublions pas qu'on peut parler aux enfants de tous âges. Reste que nul n'est un monstre parce qu'il punit ou ne punit pas. Le métier de parents s'apprend tous les jours. »
ALLER PLUS LOIN :
L'autorité parentale conjointe

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l'autorité sujet récurant;il ne faut pas culpabiliser quand on puni son enfant;je ne comprend pas pourquoi les enfants ne craignent plus leurs parents,on instaure du dialogue chose qui n'existait pas quand nous étions enfants et on ne répondait pas ou peu;maintenant ils n'ont plus peur de répondre voir de rendre les coups
les enfants ont besoin delimites dès les 1ères années. Les parents n'ont pas à culpabiliser,cela fait partie de l'éducation. Il est certain que l'adaptation est nécessaire à la personnalité de chaque enfant,ce n'est pas toujours facile mais on ne peut pas exercer son autorité uniformément. La 2ème page sur le respect est vraiment intéressant et capital : je trouve qu'il y a moins de respect, la perte de cette valeur est visible chez les adultes; comment peuvent-ils donc la transmettre aux enfants? La différence entre punition et sanction est juste, je vais plutôt utiliser le terme de sanction dorénavant.
je ne culpabilise pas quand je punie mes enfants. il y a une raison et ils le savent bien ! après on discute de ce qu'il s'est passé ! mais ca arrive rarement chez nous, mon fils est calme et obeissant donc peu de punition !
la vie des parents d'aujourd'hui est surement plus difficile. En rentrant le soir nous n'avons pas spécialement envie de gérer des conflts entre les enfants (j'en ai trois je sais de quoi je parle et les conflits reviennent vite). J'évite, si je le peux de prendre position. Après, une fessée ou une réprimande ce n'est pas non plus un drame, à nous de trouver le juste milieu
moi mes enfants ne m'ecoutent pas c'est pas facile !!!
C'est tout de même un sacré problème , car les enfants suivant le caractère sont de moins en moins "maléable"
ma fille ne nous écoute pas et dur dur de la faire obéir, pourtant on la prive de choses qu'elle aime, comme sa console de jeux, la télé etc. Mais rien n'y fait
C'est difficile de se faire écouter, je n'ai peut être pas trouvé la bonne approche.
Les parents doivent être plus sévères, il faut se monter dur dans certaines situations avec les enfants, mais si l'on a pas envie.
Oh que oui l’autorité est une valeiur qui se perd et c’est bien dommage… quand je vois des gamins qui se roulent par terre parce que le s parents ne cedent pas à leur caprice, cela me met hors de moi
le redoublement a largement montré son inefficacité, pour autant, le système d'éducation français persiste dans l'erreur...
Je trouve que maintenant on a intérêt à bien éduquer les enfants car déjà qu'une fois dehors avec leurs copains ils suivent plus ou moins les autres alors personne n'est à l'abri de voir ses gosses dans de sales histoires.
les enfants ont besoins de repères, d'être encadrés par des adultes. ce n'est pas à eux de décider mais à nous . . . . . ..